Jean Jaurès
Jean Jaurès
Transformer le « zinc » en or ? Les Aveyronnais de Paris ont découvert ce secret en investissant bars et brasseries dans les années trente, souvent au prix de luttes féroces entre clans. À travers l'histoire des Astruc, ce roman nous raconte leur saga. Surnommés « les milliardaires » au pays, les Astruc comptent parmi ces princes de la « bistrocratie » régnant en maîtres sur leur empire : dans le Rouergue, ils régentent leurs châteaux, leurs fermes, leurs somptueuses résidences secondaires ; à Paris, aucune belle affaire ne se monte sans leur appui. Par son mariage avec une héritière, Antoine Pereira appartient à cette famille dont il supporte de plus en plus mal l'âpreté et l'arrogance. Son aventure avec Laurence de Marnhac va renforcer son désir de couper les ponts. Mais c'est durant l'été, rythmé par les repas dominicaux, les fêtes paroissiales et les manifestations mondaines, qu'une affaire dans laquelle il est impliqué risque de faire éclater la famille et le scandale, de ruiner des années de dur travail... Pierre Christin, Aveyronnais de coeur, scénariste et auteur des plus grands succès de bande dessinée de ces dernières années, nous donne ici son troisième roman. Un roman de moeurs aux résonances balzaciennes, où amour, ambition et pouvoir, rivalisent. Une chronique de ces familles provinciales dont l'opiniâtreté au gain n'a d'égal qu'un sens inné des affaires.
1789-1791 : revivez les débats enflammés, les espoirs et les contradictions de la Constituante à travers le regard unique de Jean Jaurès.
Jaurès exigea l'impossible et il pensa et étudia tout pour y parvenir : partisan du fait historique en politique, le député du Tarn n'eut de cesse de travailler l'histoire de France pour mieux comprendre son temps et ainsi en corriger les injustices, par l'engagement politique. C'est à cette aune qu'il faut comprendre la gigantesque entreprise intellectuelle que constitua son Histoire socialiste de la France contemporaine. OEuvre collective de près de quinze-mille pages, il était évident que c'est à Jaurès lui-même qu'irait échoir la période de la Révolution française. Homme du XIXème siècle finissant, Jaurès garde chevillé au corps une conviction indépassable : en France tout s'envisage à la lumière du grand chamboulement politique de la fin du siècle précédent. Tenter une histoire socialiste de la Révolution française, c'est ainsi dresser un état des lieux de son idéal philosophique et c'est, à l'évidence, avancer un peu plus l'esquisse du grand projet politique qui est le sien. Ouvrage majuscule, à la confluence des disciplines, entre histoires positiviste ou singulières, philosophie, littérature ou politique ; il n'est rien que Jaurès n'ignore. Histoire des femmes, histoire coloniale, histoire des masses révolutionnaires, histoire de l'esclavage et de ses abolitions, tout y passe, littéralement, et c'est à une synthèse lumineuse d'érudition qu'il s'attèle. Son Histoire socialiste de la Révolution française est du nombre des livres précurseurs dont il convient de prendre la mesure. Publié pour la première fois dans son intégralité en format numérique, Histoire socialiste de la Révolution française est en tout point un ouvrage indispensable à la compréhension d'un pan essentiel de l'histoire mondiale.
1898, l'affaire Dreyfus divise la France. Dans Les Preuves, Jean Jaurès démonte pièce par pièce l'accusation contre le capitaine, révélant les mensonges d'État et les manipulations judiciaires.
1892, l'Europe en ébullition : Jules Huret part à la rencontre des grands acteurs politiques et sociaux du continent.
« Sadko, le cavalier du Baïkal qui galope sur son tarpan des steppes, est né d'un tourbillon de lumière et de vent. Je ne sais plus s'il se fondait aux brumes montant des eaux ou si c'étaient les sabots de son cheval qui soulevaient les nuées dont monture et cavalier s'enveloppaient, mais son image ne cessait de surgir des brouillards de mon rêve. S'il s'est laissé entraîner jusqu'aux abords impétueux du Rhône, c'est qu'il fallait que ce Barbare découvre un monde où la barbarie prend des dimensions qu'aucun homme de sa race n'aurait su imaginer. Durant des lunes et des lunes, nous avons chevauché ensemble pour atteindre les Gaules où Jules César menait sa guerre. En lançant Sadko dans la mêlée, j'ai cru en finir avec lui. Mais on ne distance pas un cavalier de sa trempe. À présent, c'est lui qui m'entraîne. Pareil à un fétu de paille, je flotte dans son sillage où dansent les étoiles. »B. C.
C'est à des plaisirs cruels qu'Isabelle nous convie. Isabelle a treize ans. Elle est laide mais ne le sent pas. Une phrase surprise dans la bouche de sa mère déchire le voile. Et comme sous le coup d'une malédiction, la petite fille heureuse, innocente et timide dans la grande maison familiale, se métamorphose alors en une adulte despotique, implacable et terrifiante qui réussit à éliminer tous ses proches. Nicole Avril nous fait vivre l'inexorable progression de ce drame avec l'art consommé d'une très grande romancière. Nous sommes pris peu à peu dans cet univers bien vite irrespirable où la tendresse tourne à la violence tandis que l'océan tout proche rythme les obsessions de chacun. C'est à travers le regard d'Isabelle que nous voyons tout. C'est par elle que nous souffrons ou que nous nous vengeons dans ce monde des apparences où la beauté serait une grâce divine et la laideur une vraie « disgrâce ». Après l'immense succès de Monsieur de Lyon, Nicole Avril franchit avec ce livre profond et poignant une étape fondamentale dans son oeuvre magistralement entamée avec Les Gens de Misar.
Jean Jaurès revisite avec profondeur la pensée de Rousseau, révélant comment ses idées politiques et sociales, souvent mal comprises, ont façonné la démocratie moderne.
« Hommes humains de tous les pays, voilà l'oeuvre de paix et de justice que nous devons accomplir ! » Jean Jaurès s'est imposé dans les mémoires comme « l'apôtre de la paix ». Il admet la possibilité de combattre pour défendre son pays ou éviter des « guerres d'extermination », mais la paix constitue pour lui un choix de civilisation. Ses paroles nous aident toujours à nous déterminer aujourd'hui. Édition établie par Gilles Candar
La paix, notion centrale du christianisme, est paradoxalement bien souvent oubliée ou minorée. Mis à mal tout au long de l'histoire jusqu'aux conflits actuels qui brisent, détruisent, instillent la haine et la vengeance, ce don du Ressuscité (« La paix soit avec vous ») doit être courageusement approfondi, comme nous y a invités le pape Léon XIV lors de son discours inaugurant son pontificat.Afin de mieux cerner la pensée chrétienne de la non-violence et du pacifisme, les auteurs de ce livre ont choisi de passer par l'expérience plutôt que par la seule théorie. L'expérience d'hommes et de femmes du xxe siècle - siècle marqué, s'il en est, par de terribles conflits - qui ont su réveiller les consciences et prendre les moyens pour tenter d'éviter la guerre et la violence, au risque parfois d'être menacés de mort ou d'y laisser leur vie.Chrétiens ou proches du christianisme sans avoir officiellement embrassé la foi - de Tolstoï à Martin Luther King, de Simone Weil à Lanza del Vasto, en passant par Dorothy Day ou Hans et Sophie Scholl -, ces témoins sont d'authentiques prophètes, c'est-à-dire des hommes et des femmes qui ont osé une parole courageuse au nom d'une vérité qui les dépassait. Des figures qui nous disent que la violence n'est pas le seul langage possible. Baudouin et Jacques de Guillebon sont frères. Le premier est doctorant en philosophie, coauteur d'une biographie de Dorothy Day (Dorothy Day, la révolution du coeur, Tallandier, 2018) et traducteur de textes choisis de l'activiste américaine : Ils ont besoin d'être dérangés (Artège, 2023). Le second est journaliste, essayiste et éditeur. Il est notamment l'auteur de Anarchrist. Une histoire de l'anarchisme chrétien (Desclée de Brouwer, 2015).
« Citoyens !... » L'orateur Jaurès, debout face à l'assistance, marque une courte pause puis s'élance. Sa voix, capable d'emplir les plus vastes édifices, épouse chaque nuance de sa pensée. L'effet d'entraînement sur l'auditoire est immédiat : les témoignages abondent, qui décrivent son incomparable éloquence. Mais s'il fut un maître reconnu de la parole, l'élu de Carmaux, fondateur de la SFIO, demeure aussi et surtout, Léon Blum l'a souligné, l'« un des plus hauts penseurs et un des plus grands écrivains dont la France ait pu s'honorer ». Qu'il s'agisse de l'homme politique, farouche défenseur de la République et socialiste convaincu, du militant pacifiste, du philosophe ou du poète, ce recueil de discours et de conférences constitue la meilleure approche du « tribun extraordinaire ».
Plongez dans l'éloquence intemporelle de Jean Jaurès à travers ses discours les plus marquants. Ce recueil révèle la pensée d'un tribun d'exception, défenseur acharné de la République, du socialisme et de la paix.
Qu'est-ce que le socialisme ? Une politique, mais fondée sur une philosophie, et sur le coeur de la vie humaine. C'est ce que Jaurès, homme politique, mais aussi philosophe, démontre dans ces deux inédits essentiels. Le socialisme consiste à justifier l'intervention de la société dans la vie humaine, les « relations de travail ». Mais il le fait pour réaliser la liberté individuelle et les principes universels, dans le monde concret et vivant. Revenir à l'origine du socialisme pour résister à la « fin de l'histoire », tel est le programme de ce livre. Ce n'est pas un hasard si ces deux textes précèdent le retour de Jaurès en politique en tant que député de Carmaux. Jaurès se confronte au réel, à la fois en philosophe et en citoyen. Pour lui, la liberté et la justice sont indispensables pour sauver la politique et l'humanité. Quoi de plus actuel ? Ces textes, qui forment une véritable leçon de philosophie, aident à penser le socialisme et notre temps. Frédéric Worms, professeur de philosophie à l'ENS, travaille sur le vivant et la politique de Jaurès et Bergson à aujourd'hui. Gilles Candar, président de la Société d'études jaurésiennes, est responsable de l'édition des OEuvres de Jean Jaurès aux éditions Fayard.
"Vous tenez en vos mains l'intelligence et l'âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n'auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d'une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu'est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu'ils aient une idée de l'homme, il faut qu'ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l'égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse."
Choix des textes et présentation par Jean-Numa Ducange.Étudié à l'université, considéré comme une référence par la classe politique dans son ensemble, Jean Jaurès demeure, un siècle après sa mort, encore très présent. Mais qui l'a véritablement lu, hors des historiens et des militants ? Tout au long de sa vie, Jaurès ne cessa d'écrire. Après sa thèse de philosophie, il se consacra notamment à l'écriture d'une grande histoire de la Révolution française, tout en conservant un engagement politique actif, dont témoignent ses centaines d'articles publiés dans les grands journaux de son temps. Ces écrits dessinent le portrait d'un homme aux multiples visages : grand penseur, homme politique, citoyen engagé et défenseur de la paix. À travers un choix de textes emblématiques remis dans leur contexte, cette anthologie permet de découvrir Jean Jaurès et son oeuvre.LA LETTRE ET LA PLUME, une collection qui marie littérature et histoire au travers d'écrits intimes (mémoires, correspondances, journaux, chroniques...) d'une grande qualité littéraire.
Edition enrichie (Présentation, notes, repères chronologiques, dossier, bibliographie) Lorsque Jean Jaurès prend place à la tribune de la Chambre des députés, au cours de la « discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1910. Instruction publique », le débat a débuté déjà depuis plusieurs jours. Les échanges sont vifs. La représentation nationale, le monde politique, les correspondants de presse ont compris qu'une bataille est en train d'être livrée entre des ténors de la droite catholique et des figures de la démocratie républicaine. Le retentissement de sa parole est immédiat. Pour la laïque est sans conteste le testament de Jaurès sur l'école publique, la morale laïque et la pensée des religions.V. D.Cette édition, établie par Vincent Duclert, historien et spécialiste de Jaurès, permet d'éclairer un discours capital, toujours actuel. Elle propose également un dossier sur la laïcité en France, du vote de la loi de 1905 à nos jours.
Edition établie par Vincent Duclert Recueil Le 3 décembre 1896, un jeune député du Tarn sadresse aux représentants de la nation française. On massacre des Arméniens dans lest anatolien. Certains voudraient passer sous silence ces massacres. À la tribune, Jean Jaurès dénonce la lâcheté intéressée de la politique du ministre des Affaires étrangères depuis plus de deux ans à légard du « sultan rouge ». Si la France restait sans voix, paralysée pour des raisons économiques, elle encouragerait lEmpire ottoman à maltraiter ses minorités. Au nom de la paix, de la justice et du droit, il rappelle que la morale démocratique impose le combat de la tyrannie où quelle soit. Jaurès avait bien vu que des processus dextermination se dessinaient déjà, à la fin du XIXe siècle, et que les puissances et les opinions publiques devaient exercer toute leur influence pour les enrayer. Son discours restera lun des plus marquants de la Troisième République.
Guerre à la guerre ! est le dernier tome à paraître des OEuvres de Jean Jaurès. Il concerne une période particulièrement dramatique qui s'étend du 1er octobre 1912 jusqu'au 31 juillet 1914, date de l'assassinat de Jaurès et veille du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il reprend le titre choisi par l'Internationale à l'issue de son congrès de Bâle pour son appel à la mobilisation contre le danger de guerre. Est-il possible de circonscrire les conflits qui ravagent les Balkans et de trouver des solutions pacifiques aux fortes tensions qui opposent entre elles les puissances européennes ? De grands rassemblements, à Paris et dans les autres capitales européennes, des rencontres parlementaires à Bâle comme à Berne, des tentatives de coordination au sein de l'Internationale s'efforcent d'organiser la lutte contre un embrasement guerrier généralisé. En France, le combat se polarise sur la loi portant à trois ans la durée du service militaire et qui est adoptée par le Parlement, malgré une intense campagne menée au cours du printemps et de l'été 1913 par Jaurès et les socialistes. En France, le débat sur la Représentation proportionnelle, toujours présent, est bousculé par de nouveaux thèmes d'affrontements : la réforme fiscale avec le projet d'impôt sur le revenu, les revendications féminines, la question de l'immigration, qui s'ajoutent à des thèmes plus traditionnels, avec un syndicalisme qui lui aussi évolue, changement que Jaurès cherche à penser dans le sens de l'émancipation. Une recomposition politique, assez confuse, met aux prises radicaux, modérés et nationalistes. Le parti socialiste SFIO obtient « cent élus » aux législatives d'avril-mai 1914 sans pouvoir néanmoins devenir maître du jeu politique. Jaurès s'efforce d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour affirmer le socialisme et sauver la paix, jusqu'à l'issue tragique. Cette édition est préparée par Marion Fontaine, professeure des universités à Sciences Po, vice-présidente de la Société des études jaurésiennes, et Christophe Prochasson, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, directeur de Mil Neuf Cent, revue d'histoire intellectuelle.
Le militant ouvrier est le premier des deux volumes qui couvrent la période de janvier 1893 à octobre 1897. Élu et réélu député socialiste de Carmaux, Jaurès doit affronter un très dur conflit social avec le lock-out des verriers de Carmaux. Le pouvoir politique et le patronat se coalisent pour abattre aussi bien la position politique de Jaurès que toute implantation syndicale et socialiste dans sa région : années d'intenses luttes menées à Carmaux et à Toulouse comme à Paris, dans la presse, en réunion publique ou à la Chambre des députés. L'aventure épique de la Verrerie Ouvrière d'Albi se construit, non sans crises. Jaurès combat la dérive répressive et conservatrice du gouvernement républicain (les « lois scélérates ») et cherche à définir une politique socialiste distincte du radicalisme comme de l'anarchie.
Jaurès pacifiste, dreyfusard, père du socialisme réconcilié avec la République. Toutes ces images bien sûr recouvrent une certaine réalité, mais elles n'épuisent pas les questions entourant le personnage. Comment, en particulier, Jaurès a-t-il perçu le monde nouveau qui s'annonce durant ces années où le xixe siècle bascule vers le xxe ? L'oeuvre de Jaurès ne porte pas seulement la marque d'un siècle qui s'attarde. À l'inverse de préjugés largement répandus, plus Jaurès vieillit, plus il se montre ouvert à la compréhension d'un monde internationalisé et pluriel, qu'il observe avec un enthousiasme interrogateur. Cette quête jaurésienne du pluralisme culturel se lit aussi bien dans sa critique de l'ordre colonial que dans sa découverte de l'Amérique, autant dans son interrogation sur les formes de la culture scolaire, dans sa lutte contre la peine de mort que dans sa définition du socialisme comme culture. Il se penche de la même manière sur les premiers mouvements qui s'érigent contre l'omnipotence européenne, en Asie ou encore au Maghreb. Lui qui avait été un temps un soutien déterminé de la colonisation, le voici qui s'ouvre, notamment à propos du Maroc, à sa critique progressive, voire à une hostilité manifeste. Il cherche en général à comprendre avec une force renouvelée la rencontre des cultures locales, nationales ou internationales, avec la volonté qu'elle soit le signe, non de la fermeture et de la barbarie, mais de la construction d'une nouvelle humanité. C'est ce Jaurès original et attentif aux questions du nouveau siècle que ce volume invite à découvrir. L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l'université de Rouen, spécialiste des gauches en France et en Allemagne, et à Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon, spécialiste des mondes ouvriers. Tous deux sont membres de la Société d'études jaurésiennes.
Le 31 juillet 1914, l'assassinat de Jaurès laissait le champ libre au déclenchement de la guerre. Cent ans plus tard, la mémoire du pacifiste, du républicain, du tribun socialiste est toujours présente et revendiquée. Mais souvent cette référence à Jaurès demeure vague ou ne s'appuie que sur quelques citations. Ce recueil a pour vocation de replonger le lecteur au coeur de la pensée jaurésienne. Il pourra retrouver des discours qui sont devenus des classiques (« République et socialisme », « Pour la laïque », « Discours à la jeunesse »). Il aura aussi l'occasion de découvrir ou de redécouvrir des aspects moins connus : Jaurès face à la violence d'État ou à l'immigration, Jaurès cherchant les voies d'un dialogue avec les civilisations non-occidentales, ou Jaurès observateur de la première mondialisation. Loin d'être un hommage au passé, ce livre entend montrer que la réflexion jaurésienne est, plus que jamais, d'une brûlante actualité !Textes présentés par Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon, chercheuse au centre Norbert Elias. Secrétaire de la Société d'études jaurésiennes, elle participe à l'édition des OEuvres de Jaurès aux éditions Fayard. Elle a récemment codirigé Une contre-histoire de la IIIe République (La Découverte, 2013).
La période du 1er juin 1910 au 30 septembre 1912 met le Jaurès de la maturité aux prises avec son siècle. Sur le plan international, le danger de la guerre se précise avec l'ouverture de conflits dans les Balkans. Les possibilités d'affrontements sanglants entre nationalités prennent corps, ainsi que les rivalités et les ambitions des grandes puissances. La recherche de solutions alternatives pour la paix laisse simultanément entrevoir une voie vers la coopération européenne. Autant d'éléments qui nourrissent les discours et écrits de Jean Jaurès dont la stratégie internationale dépasse le cadre européen : nationalisme hindou et propositions américaines d'arbitrage, par exemple. En politique intérieure, Jaurès s'attelle à la grande bataille pour la Représentation proportionnelle (RP) qui soulève la question des alliances et, en filigrane, de la conception de la République et de la démocratie. Un combat de plus, en ces années de luttes, marquées par la grève des cheminots ou la poursuite des débats sur les retraites, qui mettent en jeu droits des travailleurs et prémices de l'État social. Dans les congrès nationaux et internationaux se forgent également les contours de l'identité socialiste au gré des controverses, sur le rapport à entretenir avec la franc-maçonnerie, le syndicalisme, ou sur la position de L'Humanité, journal du parti ou journal socialiste. À l'heure où les menaces s'accumulent, où se pose la question des chemins à suivre pour le mouvement ouvrier, Jaurès incarne plus que jamais la voix du socialisme. Édition préparée sous la direction de Marion Fontaine, professeure des universités à Sciences Po, en collaboration avec Alain Chatriot, professeur des universités à Sciences Po, Fabien Conord, professeur des universités à Clermont-Ferrand, et Emmanuel Jousse, maître de conférences à Sciences Po Lyon.
Jaurès est certainement l'un des plus grand orateurs du 20ème siècle. Homme politique, fervent défenseur de la République, socialiste convaincu, pacifiste actif, historien, philosophe et poète, Jean Jaurès est également, comme le soulignait à juste titre Léon Blum " un des plus hauts penseurs et un des plus grands écrivains dont la France ait pu s'honorer. ". Retrouvez ici trois textes fondamentaux qui ont ponctué la vie politique de ce " tribun extraordinaire " : Idéalisme et matérialisme dans la conception de l'Histoire ; Discours de la jeunesse ; Discours de Vaise.
Au regard des âpres combats de Jaurès, il devrait exister une distance infinie entre lui, chantre des réalités concrètes et du matérialisme, et Luther, homme de spiritualité. Mais ce serait mal connaître la profonde modernité du docteur de la foi protestante ainsi que l'exceptionnelle ouverture d'esprit de Jaurès que de penser comme ça. Ce serait, tout autant, oublier l'incessant va-et-vient entre politique et philosophie dans le Jaurésisme, là où le Luthérianisme fut souvent une conciliation espérée entre impératif de révolte et aspirations métaphysiques. La révolte et l'insatisfaction face à l'ordre du monde, voilà bien les deux traits de caractère partagés entre nos deux hommes autorisant, par-delà les siècles, leur rencontre et leur dialogue. Et Jaurès d'encore un peu confirmer le mimétisme de leur tempérament par une savante énumération de leurs points de convergence. Pour cela, le théoricien socialiste se livre à une lecture érudite de l'oeuvre du théologien allemand. Refus de l'exploitation de nos misères, souci d'égalité, primat de la justice, exigence de culture, y compris et surtout pour les plus faibles, révolte contre les puissants, universalisme de la rédemption et des vocations : il y a tout ça dans le Luthérianisme qui le rapproche du Socialisme. Le verdict tombe, dès lors ! Toutes ces passerelles, posées par-delà les siècles, enjambant l'Histoire et les incompréhensions, sont autant d'arguments donnant crédit au Socialisme. Car, nul doute que l'intention cachée de Jaurès est essentiellement là. Si Luther fut cet annonciateur du Socialisme, ou le Socialisme cette grande idée reprenant les aspirations les plus humaines de la religion (la réciprocité étant évidente), c'est bien la preuve que le Socialisme est un humanisme ; c'est la forme moderne des combats de toujours.
Jean Jaurès, Penser dans la mêlée, 1907-1910, édition établie par Jean-François Chanet et Emmanuel Jousse La période de 1907 à 1910 est apparemment confuse. Le gouvernement Clemenceau ne réalise guère ses promesses de réforme, qu'elles soient sociales ou démocratiques. Les tensions sont exacerbées par la répression des grèves et des manifestations. Période de mêlée, de lutte sociale intense, qui force Jaurès à mieux définir la méthode du socialisme et la place de l'action ouvrière. Le contexte politique, dominé par les divisions et la dilution autant du parti radical que du camp modéré, ne favorise aucune clarification. La représentation proportionnelle aux élections serait-elle une solution ? Bien qu'unis depuis 1905, les socialistes peinent à trouver le ton juste. Faut-il se défier davantage de l'opportunisme des indépendants, comme Aristide Briand ou René Viviani, désormais ministres ? Ou des débordements du syndicalisme révolutionnaire prôné par la majorité de la CGT, susceptibles de conduire à la violence et à l'isolement ? Comment faire avancer de grandes réformes sociales, comme l'institution d'un système de retraites ouvrières et paysannes ? Cette période de mêlée force Jaurès à penser en même temps qu'il avance. C'est l'époque de son fameux discours au congrès de Toulouse en 1908, où il expose « l'évolution révolutionnaire » dont se revendiqueront nombre de ses héritiers au xxe siècle et après. C'est l'époque de ses grandes joutes contre Clemenceau et Briand, occasions de clarifier les principes républicains sur lesquels il édifie son socialisme. Le regard toujours porté sur l'Internationale, autant que sur son Midi occitan, Jaurès cherche tout autant à armer le mouvement ouvrier dans sa lutte contre le danger de guerre qu'à penser la diplomatie et l'armée d'une république vraiment démocratique. Jean-François Chanet est professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris et vice-président de la Société d'études jaurésiennes. Emmanuel Jousse est professeur agrégé et docteur en histoire, secrétaire général de la Société d'études jaurésiennes.
Voici le XXe siècle !Le socialisme, la République et la guerre.Ce volume couvre deux années décisives, de la fin 1905 à l'automne 1907. Tout se transforme en France et dans le monde. Face au gouvernement Clemenceau qui s'arc-boute sur la défense de l'ordre et fait un usage disproportionné de la force, Jaurès fait entendre les revendications de justice des mineurs après la catastrophe de Courrières, des électriciens de Paris ou des vignerons du Midi, et même, fugitivement, des « suffragettes ». Il soutient les demandes de syndicalisation des fonctionnaires, instituteurs et postiers. Ces mouvements sociaux l'amènent à réfléchir sur le rôle de l'État, les moyens de la démocratie et les obligations de la République, alors que s'achève son long combat pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus et que se met en place le nouveau régime de la Séparation des Églises et de l'État. Contre les dangers de guerre, il s'emploie à créer les conditions d'une politique d'action socialiste internationale tout en récusant l'antipatriotisme. Il combat le colonialisme et se dresse contre les expéditions au Maroc. Réflexions et actions nouvelles, qui l'amènent à débattre et parfois à se heurter avec ses anciens alliés républicains et radicaux, y compris ses anciens camarades Briand et Viviani, voire avec son affectueuse amie, la marquise Arconati-Visconti.L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Vincent Duclert, chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron de l'EHESS, dont il est l'ancien directeur, et vice-président de la Société d'études jaurésiennes.
Jaurès est né en 59, 11 ans avant le conflit en 1870, ses parents étaient pauvres et ils vivaient dans le Tarne. Il avait fait ses petites études à Castres. C'était un garçon gentil, intelligent et quand on lui demandait vers 10 11 ans ce qu'il voulait faire, il disait qu'il voulait être receveur des postes. Nous étions encore très loin du Jaurès que nous connaissons par les faits de l'histoire comme par ses oeuvres écrites, du génial homme d'idées et d'actions qu'il fut, si loin encore de de celui qui allait participer activement à la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905 et qui la même année, participera à la création de la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO). L'intégrale des discours et articles de Jean Jaurès, [Nouv. éd. revue et mise à jour] Format professionnel électronique © Ink Book édition. Contenant : - 1891 - De la réalité du monde sensible - 1892 - Discours à la jeunesse - 1892 - Pour la laïque - 1895 - Patriotisme et internationalisme - 1900 - Les Deux Méthodes - 1902 - Etudes socialistes (recueil d'articles) - 1903 - Discours à la jeunesse - 1908 - Le Bilan social du XIXe Siècle - 1912 - Les Idées politiques et sociales de Jean-Jacques Rousseau - 1913 - Le Parti socialiste et la politique générale - 1921 - Poèmes
On ne présente plus guère l'oeuvre politique et militante de Jean Jaurès. Mais, concernant son oeuvre intellectuelle, force est de constater que sa profusion la rend complexe à connaître dans son ensemble. Et pourtant, quelques grands textes de l'ancien député du Tarn contiennent à eux seuls l'essentiel de sa pensée. Questions de méthode est au rang de ces textes qui en une demi-centaine de pages exposent les conclusions de toute une oeuvre. Questions de méthode pose les principes du combat jauressien pour l'instauration d'une République socialiste. Pour cela, Jaurès y convoque ses grands ainés. Il y ferraille avec les présocialistes, les républicains du premier XIXe siècle et bien sûr avec les révolutionnaires de 1789. Il entend s'avouer leur héritier. Pour son grand projet socialiste, Jaurès démontre qu'il est indispensable d'interroger la pertinence de ce qu'ils nous ont laissé. Car nombre de leurs espérances n'ont pas encore trouvé à se réaliser. Le Socialisme, lui, s'y emploiera. Si deux méthodes s'affrontent dans le corps de son argumentaire, c'est évidemment que toutes ces affirmations viennent à l'encontre de l'héritage marxiste. Car pour Jaurès, le diagnostic est posé. Il est tranchant et sans appel. Marx et Engels, et par ricochet ceux s'en réclamant, ont tort pour tout ce qui touche à la question de l'héritage révolutionnaire. Si l'avenir du Socialisme est une question de méthode pour lui, c'est parce qu'il faut refuser Marx sur cette question. Questions de méthode, c'est un peu l'anti Manifeste du Parti communiste. C'est un texte de combat et un appel. Par et pour lui, Jaurès vise un Socialisme soucieux de démocratie. Il pense que le progrès social peut passer par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Avec ce texte, Jean Jaurès fonde la Social-démocratie. Il pense par avance le Socialisme des siècles d'après. Question de méthode frappe l'âme. C'est un texte exceptionnel de modernité et de prévenance.
Le socialisme en débat couvre la période allant de février 1893 à octobre 1897. Après Le militant ouvrier, ce tome s'attache au théoricien socialiste, qui fait un choix de doctrine, le revendique, l'explicite et l'approfondit. Ce volume reprend des textes fondateurs : la controverse sur la propriété avec Bernard Lavergne dans La Dépêche de Toulouse et la série sur L'organisation socialiste de l'avenir : cinq articles parus dans la Revue socialiste en 1895-1896 auxquels s'ajoute l'ébauche du sixième, un inédit retrouvé dans les archives Renaudel. Jaurès adhère au socialisme sans se rallier à une interprétation particulière, lui apportant la marque de sa personnalité. Celle-ci s'affirme dans la conférence connue sous le nom d'Idéalisme et matérialisme dans la conception de l'histoire, mais également dans de grands discours et articles sur les liens entre théorie et pratique pour le socialisme, aussi bien concernant le monde paysan que la vie intellectuelle et universitaire ou les grandes questions internationales : alliance franco-russe, massacres d'Arménie et guerre gréco-turque, mise en place de l'empire colonial. Alain Boscus est maître de conférences en histoire à l'université de Toulouse-Jean Jaurès. Ancien directeur du Centre national et musée Jean- Jaurès de Castres (1987-2003), il est membre de l'Association Jaurès Espace Tarn et du conseil d'administration de la Société d'études jaurésiennes.
Acteur du Bloc des gauches, majoritaire à la Chambre des députés, et auquel appartient son parti socialiste français, Jaurès est confronté de près à l'exercice du pouvoir. Vice-président de la Chambre en 1903, il anime la délégation des gauches et fait figure de grand orateur parlementaire de la majorité qui soutient la politique laïque, anticléricale et réformatrice du gouvernement Combes (1902-1905). Mais Jaurès ne se laisse pas enfermer dans la seule pratique politique, intérieure et internationale. Il relance l'affaire Dreyfus dans un grand discours à la Chambre en avril 1903 et publie quelques-uns de ses plus importants textes de réflexion historique et politique : le Discours à la jeunesse au lycée d'Albi en juillet 1903 et l'étude intitulée Le socialisme et le radicalisme en 1885, vaste enquête sur ses débuts en politique en préface à l'édition de ses Discours parlementaires en janvier 1904. Il participe ainsi pleinement aux grandes controverses du début du siècle sur la nature du socialisme français et international, notamment lors du congrès d'Amsterdam (août 1904). Gilles Candar est professeur d'histoire en classes préparatoires au lycée Montesquieu (Le Mans). Vincent Duclert est chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (École des Hautes Études en Sciences Sociales) et professeur associé à Sciences Po. Rémi Fabre est professeur émérite à l'université Paris-Est Créteil.
Dès les débuts du mouvement ouvrier socialiste, le prolétariat s'est efforcé d'exercer une pression sur les Parlements, d'acquérir de l'influence dans leur sein et de parvenir ainsi à la puissance politique ; et dès les débuts du mouvement, dans les rangs mêmes des socialistes, on s'est opposé à cet effort. Le mouvement chartiste anglais d'il y a un demi-siècle, nous présente déjà cette opposition : les Chartistes, eux, emploient toutes leurs forces à lutter pour le suffrage universel et la journée de 10 heures ; les partisans du socialisme philanthropique, des utopistes, au contraire s'opposent de la manière la plus décidée à toute tendance entraînant le prolétariat et les socialistes dans les luttes parlementaires ; Le prolétariat militant socialiste a fait depuis, en théorie comme en pratique, des progrès considérables ; il a gagné en profondeur de vue et en expérience, et cependant la vieille querelle revient toujours sur l'eau : la participation aux luttes parlementaires, - conquêtes des sièges et batailles parlementaires, - est-elle nécessaire, est-elle même avantageuse pour le prolétariat, ou bien n'est-elle pas plutôt propre à le corrompre et à lui nuire ? Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Les années 1904-1905 représentent un tournant dans la pensée et l'action de Jean Jaurès. Cet ensemble de textes - encore célèbres ou tombés dans l'oubli - permet d'en éclairer et d'en restituer les enjeux, autour de trois thématiques principales : la laïcité, l'unité socialiste, la politique internationale. La première se rapporte aux questions de laïcité, à la loi de séparation des Églises et de l'État, de mars 1904 à décembre 1905. La deuxième, l'unité socialiste, porte sur la formation du parti socialiste, unifié après le congrès des 23-25 avril 1905, et ses relations avec les autres forces politiques. Enfin, la guerre russojaponaise, la révolution russe de 1905 et la première crise marocaine, mettent en évidence l'articulation entre internationalisme et patriotisme chez Jaurès. Plus que les autres tomes, celui-ci incite à s'interroger sur l'oeuvre politique de Jaurès, ses priorités et ses évolutions. L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Jacqueline Lalouette, professeure émérite des universités à Lille-III, membre du comité d'honneur de la Société d'études jaurésiennes et membre de l'Institut Universitaire de France, et à Gilles Candar, professeur d'histoire en classes préparatoires au lycée Montesquieu (Le Mans), président de la Société d'études jaurésiennes.