Jean-François Chemain
Jean-François Chemain
La vieille Europe, la chrétienté, est-elle en train de mourir après avoir rempli sa mission d'ensemencer le monde du christianisme ? On peut s'interroger sur la nécessité d'un tel pessimisme.Dans un espace géographique occidental limité, le catholicisme «romain » a su participer au développement d'une civilisation originale : unité de l'Europe, primauté de la paix et limitation de la guerre, laïcité, droits de l'Homme, égalité femmes-hommes, condamnation de l'esclavage, souci de l'enseignement, possibilité de la science, notamment, en sont les fruits.Par l'action conjointe et souvent conflictuelle de deux acteurs - l'Église et l'État -, les énergies ainsi libérées ont permis à l'Europe chrétienne d'acquérir, à l'époque moderne, une supériorité technique qui l'a conduite à dominer le monde et à prétendre y imposer sa civilisation.Mais l'Occident se trouve désormais au banc des accusés. À l'extérieur, on conteste son hégémonie, invoquant des griefs présents et passés. À l'intérieur, les uns, surenchérissant sur le monde, exigent qu'il fasse repentance de ce qu'il a été - conquérant, dominateur, homogénéisateur... tandis que d'autres, nostalgiques de la «chrétienté», lui font grief de ce qu'il ne serait plus assez « chrétien ».À l'heure du doute, Jean-François Chemain livre ici une réflexion puissante et originale sur les apports civilisationnels du christianisme et la légitimité de leur devenir. Diplômé de l'IEP de Paris, agrégé et docteur en histoire, docteur en histoire du droit, Jean-François Chemain enseigne dans plusieurs établissements supérieurs catholiques. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages.
L'évangélisation des musulmans, est-ce du prosélytisme, un tabou ou un commandement évangélique ? Les témoignages réunis dans ce livre ouvrent les yeux.Un livre-choc, fondé sur des témoignages de première main, sur l'expérience à la fois exaltante et douloureuse des convertis de l'islam à la foi catholique. Exaltante car chacun a suivi un chemin ponctué de rencontres improbables et de signes merveilleux. Douloureuse car ils sont rejetés, parfois jusqu'à en mourir, par leur communauté d'origine, leur famille même, et hélas souvent mal accueillis par l'Église.Ce livre surprend également en montrant qu'in fine ces convertis à la foi catholique se convertissent toujours du même mouvement à la France, s'assimilant à une culture et une terre. Jean-François Chemain, docteur en histoire, enseignant en ZEP durant dix ans, oeuvre au sein d'une association de soutien des convertis persécutés pour leur foi.
L'abominable assassinat de Samuel Paty pose, une fois encore, de manière particulièrement douloureuse, la question de « l'intégration » des populations d'origine étrangère, quand bien même sont-elles de nationalité française.Pour l'auteur de ce livre, la réponse républicaine n'est pas suffisante. La France ne se résume pas seulement à la seule République, « ses valeurs » et les illusions perdues de son contrat social. Il faut donner à aimer aux enfants de France, la richesse et la précision de sa langue, la profondeur de son histoire, la beauté patinée par les siècles de son patrimoine, seules à même d'ouvrir les intelligences mais aussi, et avant tout, les coeurs.C'est la seule voie possible et responsable pour casser l'engrenage de la violence répondant aux facilités des discours sur les valeurs républicaines, nous précise avec conviction et une remarquable clarté historique l'enseignant, qui a longtemps exercé en Zone d'éducation prioritaire.Il en appelle ainsi à une République plus soucieuse de trois exigences fondamentales : une démocratie à l'écoute du peuple, une véritable laïcité plus respectueuse des religions, et notamment de l'Église catholique et de la France, enfin, que la République doit faire aimer, plutôt que d'en susciter la détestation.Jean-François Chemain a fait définitivement siens ces propos de Simone Weil peu de temps avant sa mort, en 1943, en pleine occupation : « Il faut donner aux jeunes quelque chose à aimer, et ce quelque chose c'est la France. » Jean-François Chemain est diplômé de l'IEP Paris, docteur en histoire du droit, agrégé et docteur en histoire. Après une carrière de consultant et de cadre d'entreprise, il a exercé une dizaine d'années dans le secondaire. Il enseigne aujourd'hui dans plusieurs grandes écoles. Son premier ouvrage, Kiffe la France, vendu à plus de 10 000 exemplaires, était le témoignage de sa vie de professeur en ZEP auprès de jeunes issus de l'immigration.