Jean Boissieu
Jean Boissieu
Sous les remparts de Clermont Ferrand, un fabuleux cortège de chevaliers, de clercs, de cardinaux s'avance dans la boue de novembre, et précède, vêtu de blanc sur son cheval blanc, le Pape Urbain II. Celui-ci distingue dans la foule un jeune enfant, le prend dans ses bras, et le bénit. Ainsi débute la première croisade, en même temps que l'aventure de Raimond, Seigneur des Baux en Provence, l'un des hommes les plus puissants et les plus riches de son temps. Libre parmi les grands féodaux, il se taille pour l'amour de deux femmes un véritable royaume entre Rhône et Alpes, guerroyant tour à tour contre le Comte de Catalogne et contre le Duc d'Aquitaine, avant de disparaître mystérieusement... En cette fin du XIe siècle, de Jérusalem à Barcelone, en passant par Arles et le Gévaudan, à l'époque où chantent les premiers troubadours, c'est une histoire de sang et de soleil, au pied de la blanche roche des Baux.
Au XIIᵉ siècle, Benedetto Antelami, jeune tailleur de pierres insolent et talentueux, traverse l’Europe en pleine effervescence.
Raimond, seigneur des Baux, a disparu. Toute sa vie, il a lutté pour arracher la Provence à l'empire des comtes de Catalogne. Sa femme et ses fils continuent le combat. Cette guerre sans merci va changer le cours de l'Histoire pour l'empereur Frédéric Barberousse, les rois d'Aragon, Louis VII, Henri II Plantagenêt, Aliénor et le comte de Toulouse. La fin du XIIe siècle est un temps de changements profonds. Aussi brutaux et paillards que leurs devanciers, les hommes s'émeuvent pourtant, au chant d'un oiseau, les femmes se troublent aux refrains des troubadours. C'est la naissance de l'amour courtois... Et cependant la guerre continue.
Deux enfants : Marceau, fils de l'instituteur et Donatien, orphelin adopté par Maître Camus et dont la mère était une gitane... Donatien connaît les secrets des bergers, les mystères du monde sauvage. En grandissant, il se révélera un admirable cavalier et un séducteur sans trop de scrupules. Dans le cadre de la vaste propriété "l'Echiquier" - entre le Vaccarès et les Salin -, là où s'étendent pâturages, vignobles, étangs, il y a le mas de Maître Camus. Donatien et Marceau vont y mener leur vie d'enfants et d'adolescents, l'un tout entier voué à une obsession de propriétaire, l'autre, qui aime la Camargue en poète et en savant et ne révélera la grande passion qui l'habite que sur son lit de mort. Dans ce petit triangle de sable et d'eau, Jean Boissieu a imaginé une histoire qui situe la Camargue dans son éternité et dans sa modernité. Il a habité au milieu des marais, dans une cabane de roseaux, et il a conduit chevaux et taureaux, suivi braconniers et pêcheurs, acteur et témoin des travaux et des fêtes de ce pays unique... Des gitans, il a partagé les festins et les danses.
Delphine Bosquet est née en 1762 de père inconnu et d'une mère péripatéticienne. Elevée à l'hospice de la Charité, un refuge marseillais, elle est adoptée par les Coste, une famille de négociants aisés dont la fille vient de mourir : dès ce moment, Delphine va connaître une extraordinaire et tumultueuse ascension sociale, et croiser, dans une Europe à travers laquelle la conduit une brillante carrière de cantatrice, Beaumarchais, le cardinal de Bernis, le prince de Ligne, Casanova, Mozart, Rivarol, et tant d'autres. Mais après avoir séduit, Delphine, témoin des derniers jours "du plaisir de vivre", rédige ses mémoires jusqu'aux jours les plus sombres de la Terreur... Admirablement documenté, ce beau roman d'éducation est irradié d'une grande ferveur : celle de l'auteur pour l'Opéra.