Jean Bertolino
Jean Bertolino
C'est en dévalant mon faubourg sur un chariot à roulettes dans les années 1940 que j'ai éprouvé mes premières griseries. En roue libre ! À vélo,en auto-stop ou au volant d'une increvable 2 CV,rien d'étonnant à ce que les roues, toujours elles, m'aient ensuite porté si loin. À vingt-et-un ans, avec une amie qui deviendra plus tard la mère de mes enfants, j'ai parcouru des milliers de kilomètres en Extrême et au Moyen-Orient, découvert des pays à l'époque méconnus et rencontré d'inoubliables personnages. Devenu reporter indépendant pour la presse écrite puis pour la télévision, j'ai ensuite couvert les grands conflits nés de la rivalité Est-Ouest. Pourtant, bien plus que des souvenirs de journaliste, ce livre ressuscite un monde figé en deux blocs que les envies de liberté et de richesse, les frénésies de consommation, le tourisme de masse et les fanatismes religieux ont anéanti. Comme une fusée remontant le temps, Roues libres nous projette dans ce « monde d'avant », encore proche mais si différent de celui qu'on connaît aujourd'hui. Dans ces contrées alors peu développées qu'on appelait le tiers-monde, le voyageur désargenté qui venait d'Occident était accueilli avec curiosité et bienveillance...
À la fois cri d'amour et cri de haine, c'est toute la tragédie palestinienne que cette fresque puissante exprime, à travers l'histoire d'un commando de Fedayins, le commando de Jaffa, dans les années soixante-dix. Amour d'un peuple déraciné pour sa patrie perdue, cette Terre promise qu'il réinvente en rêve ; haine dans ses rapports avec le monde hostile qui l'entoure. Porteurs de grandes espérances, écorchés vifs, tendres et passionnés, mais aussi irascibles parce que frustrés du plus élémentaire des droits, ces combattants croyaient alors plus à la justice des hommes qu'à celle de Dieu. Jean Bertolino retrace leurs luttes, leurs vicissitudes, leurs idéaux, leurs chimères. Il montre comment, malgré eux, ils sont pris dans un tourbillon qu'ils ne peuvent contrôler, et avancent inexorablement vers l'absurde et le chaos. Un récit percutant, au souffle épique, qui permet de mieux comprendre le conflit le plus préoccupant du monde.
Les Trublions a été écrit au plus fort des émeutes de Mai 1968. Jean Bertolino aurait pu faire un reportage à chaud. Il a préféré le recul de l'enquête. Aujourd'hui, quarante ans plus tard, il n'a pas été nécessaire de changer un seul mot à cet ouvrage pour le republier. Hier, c'était un récit d'actualité. C'est devenu un récit historique. À ceux qui ont vécu Mai 68, comme à ceux qui n'étaient pas nés à l'époque, il révélera l'alchimie explosive des campus, les idées qui germaient dans les têtes, la personnalité de ceux qui les inspiraient, et la floraison de groupuscules agités par des querelles idéologiques, dans un monde conflictuel qui alimentait les révoltes. Il y avait les B52 au Viêt Nam, les gardes rouges à Pékin qui persécutaient l'élite intellectuelle et, dans toutes les mémoires, le souvenir du Che, assassiné en octobre 1967 par l'armée bolivienne. Ses grands yeux aux sourcils épais, son béret noir paré de l'étoile et sa chevelure en bataille étaient peints au pochoir sur les murs des universités. La révolution mondiale avait désormais un martyr, et il était beau. « Une seule solution : la révolution ! » Malgré les quarante années qui se sont écoulées, on croit encore les entendre. Jamais depuis la Commune, les cerises de mai n'avaient été aussi belles. C'est cette inoubliable épopée qui revit dans ce livre.
Le 24 novembre 1248 a lieu la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire des Alpes : le mont Granier, en Savoie, s'effondre d'un coup, engloutissant cinq villages et faisant des milliers de victimes. Parmi elles, le prêtre Jacques-Guillaume Bonivard auquel le pape Innocent IV, sur la route de son exil à Lyon, avait confié la garde d'une malle renfermant toutes ses richesses. Huit siècles plus tard, quatre jeunes passionnés de spéléologie n'ont qu'une idée en tête : retrouver ce trésor ! Alléché par leur projet, le directeur d'une société de prospection décide de les financer. Cheminant par un réseau de galeries vers le coeur du Granier, ils vont être confrontés à des phénomènes incompréhensibles et connaître des terreurs inouïes. Aucun ne se doute qu'une confrérie secrète les observe. Veillant depuis des siècles sur la malle du pape et sur la plus sacrée des reliques, ses membres sont prêts à tout pour dissuader les profanateurs qui approchent chaque jour un peu plus de leur « Sainte Cave ». C'est pourtant au sein même de l'équipe que couve le pire des dangers... Jean Bertolino renoue avec ses racines savoyardes pour nous entraîner dans une quête haletante où s'affrontent les traditions ésotériques, les puissances de l'argent, et des compagnons d'aventure épris d'idéal.