Jacques Perry
Jacques Perry
Quel est le premier souvenir de votre vie et de quand date-t-il ? Vous aviez deux ans ? Trois ans ? Pour moi, je crois bien que je n'ai aucun souvenir avant quatre ans et demi ou cinq ans. Le personnage principal de ce roman se souvient parfaitement des premiers mois de sa vie, à partir de l'instant où il a ouvert les yeux, à huit jours. Fiction ou découverte ? La Fiction ne dure qu'un moment, juste le temps d'accepter cette hypothèse de l'enfant-prodige qui a le don absolu de mémoire. Aussitôt après, c'est vous aussi bien que moi, c'est la première année de notre vie et notre premier grand amour. J'ai tenté d'imaginer l'émerveillement des premières visions, assombri quelquefois par l'angoisse d'être au monde et de plus en plus détaché d'une mère paradis. Je n'ai jamais été aussi heureux qu'en écrivant ce roman. J'espère que vous partagerez ce bonheur et que jamais plus vous ne pourrez voir un petit enfant comme un simple faiseur de bulles. J.P.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
À deux heures de Marrakech, le port d'Essaouira est entouré d'une campagne secrète, dunes de sable rose plantées de genêts blancs, de mimosas et de ces étranges arganiers sur lesquels grimpent les chèvres gourmandes. Derrière cette côte, boudée par les touristes qui craignent les vents alizés, vit un peuple archaïque et nonchalant, les berbères du pays Haha. Fatigué de son existence parisienne, déçu par son mariage chancelant, David vient pour des vacances d'un mois prendre possession d'une maison qu'il a louée dans la région, l'ancien palais d'un caïd. Il rencontre une jeune berbère, Aïssa, la seule jeune fille libre et sans moeurs, de ce pays de religion rigoureuse. Séduit et troublé par cet amour sans paroles, David sentira en lui le besoin de se débarrasser peu à peu de son passé, pour retrouver ce climat d'innocence et de sensualité, qui ressemble à celui d'un monde oublié. Les sables roses d'Essaouira marque le retour de Jacques Perry à son inspiration païenne, à son rêve d'une vie naturelle, où la joie des corps s'accorde à celle du coeur.
Un veuf reste seul avec son fils, Claude, un enfant inquiétant d'amoralité. Il essaie d'élever, à la campagne, ce monstre, pour le réformer. Mais que pourront six années de lutte, contre un tel caractère ?
Un jour, un paquet de lettres tombe entre les mains de l'écrivain Jean Pontrieux. Datées de 1850, elles ont été écrites par un de ses lointains parents, Damien Dussart, gynécologue célèbre et passionné, qui mourra victime de la jalousie implacable de sa femme. À leur lecture, Pontrieux s'aperçoit, avec étonnement, que l'accoucheur hante certains de ses gestes et qu'en plusieurs circonstances il a agi exactement comme lui. Ne serait-il alors que le simple décalque de cet ancêtre ? Et d'autres, dont il ignore encore l'existence ? Pour explorer les mystères de son arbre généalogique, il mène une enquête auprès des membres de sa famille, et découvre qu'il descend d'une Anglaise, et d'un esclave noir de la Jamaïque, d'un philosophe lié à Sade, d'anarchistes et de suffragettes, de riches banquiers juifs, et d'un minable don Juan de quartier, si actif, hélas, que celui-ci se révèle être, par trois fois, son trisaïeul. Mais seul Damien Dussart constitue bien la figure dominante de cette galerie de portraits, le léopard qui lui a légué toutes ses taches.
1632. Milan. Des lansquenets portent dans son palais le cadavre du général de Watteville, grand seigneur franc-comtois au service de l'Espagne. Poignardé dans le dos. Son fils Juan, quatorze ans, jure de faire couler "la fontaine de sang". A dix-huit ans, Juan est nommé mestre de camp et commence sa vie de séducteur et d'aventurier. Il tue un homme en duel, s'enfuit à Paris, se fait moine, s'échappe de deux couvents, reprend du service à Milan, aime une femme soldat, tue encore, se fait prêtre, gagne l'Espagne. Après un nouveau duel, il se réfugie dans un couvent de femmes, enlève une nonne, s'embarque pour la Turquie, y devient pacha, trahit les Turcs, s'établit en Franche-Comté pour une nouvelle vie d'intrigues. Quatre-vingt-quatre ans d'une existence insolente et passionnée. Histoire ? Légende ? Peut importe. Seul, compte le plaisir de redécouvrir un personnage extravagant, oublié depuis Saint-Simon.
Beaucoup d'hommes ont envie d'échapper à leur travail, quelques-uns à leur famille. Le héros de Folie suisse prend deux ans de vacances et en accorde autant à sa femme, à son fils et à sa fille. Le jour fixé pour les retrouvailles, il n'est pas au rendez-vous. La recherche commence. Le titre donne le ton de ce roman divertissant et profond. Folie suisse traite légèrement de problèmes graves : amour et solitude, vérité et mensonge, raison et folie. Beaucoup s'y reconnaîtront.
" Elle sortirait du bois simplement, habillée d'une veste qui ne cacherait que ses épaules et ses bras au bout desquels pendraient deux paniers. Anna cheveux carotte hirsutes, large front, longues oreilles, yeux verts, corps si incarné, si évident dans son épaisseur sculpturale ; et en même temps si enfantine, comme la jeune princesse d'un conte de fée à la fois charnel et mythique. "