Isabelle Paresys
Isabelle Paresys
Le souci du paraître et des apparences imprègne nos sociétés occidentales. L'espace européen fut, dès le Moyen Âge, très actif dans l'élaboration de modes de paraître et d'apparences qui ont su s'étendre à d'autres espaces géographiques et culturels. L'apport croisé de différentes disciplines (histoire, histoire de l'art, sociologie, littérature, cultural et fashion studies) enrichit la réflexion sur la sémiologie du paraître et sur ses espaces d'expression du Moyen Âge à nos jours. Les contributions analysent différentes manifestations matérielles du paraître, allant des vêtements et parfums aux décors de table et d'intérieurs, en passant par les objets chinés, les collections d'art et les accessoires high-tech de communication. Elles questionnent différents signes et codes du paraître en relation avec l'âge, le sexe et la profession de leurs promoteurs, et en fonction du moment de la semaine et de l'espace dans lequel ils se manifestent. Elles abordent les échanges de modes de paraître entre différents espaces européens et intercontinentaux, la représentation des apparences des peuples d'espaces géographiques donnés, la question du paraître dans les intérieurs privés ainsi que la fonction emblématique de Paris comme espace de la Mode.
Comment la justice fonctionne-t-elle aux marges frontalières d'un royaume, et plus largement comment s'y construit l'obéissance au souverain ? En ces territoires, le lien avec le souverain n'est peut-être pas le même qu'ailleurs. Voici une piste de recherche que se propose de suivre cet ouvrage en prenant pour terrain d'étude la Picardie, marge septentrionale du royaume de France sous François Ier , particulièrement menacée par le conflit franco-anglo-impérial en cette première partie du xvie siècle. On conserve pour cette zone frontalière des archives du pardon royal aux criminels et, dans le domaine de la répression, celles d'Amiens, ville où l'échevinage exerce alors la justice. Il apparaît en ces temps troublés que la violence des Picards est tolérée par le souverain qui pardonne de très nombreux homicides en octroyant des lettres de rémission. De leur côté, les autorités amiénoises essaient de contrôler, par l'exercice d'une justice active, un ordre urbain de plus en plus ébranlé dans une conjoncture qui se dégrade. Mais par-delà le rapport entre la justice et le territoire, l'ouvrage aborde des thèmes que les sources judiciaires mettent particulièrement en valeur et qui permettent de reconstituer les comportements des hommes de la Renaissance au quotidien. Il s'agit par exemple du rapport à l'espace : aires de déplacement, lieux de sociabilité, habitat mais aussi espace-temps. A travers les manifestations de la violence homicide, on voit apparaître le thème de l'image de soi. Il s'agit tout d'abord de l'honneur, qui y tient une place importante et touche autant les vilains que les gentilshommes. On voit aussi se dessiner l'image que donnent d'eux-mêmes les Picards justiciables, celle de frontaliers en état d'alerte permanent, attachés au « pays de Picardie » et au roi de France. L'image de soi renvoie en outre à celle des autres, celle de la parenté par exemple, à la fois solidaire et conflictuelle, celle des justiciers et celle de redoutables hommes de guerre qui sillonnent alors ces marges du royaume.
Peuplée de 80% de paysans dans des frontières qui tendent à devenir celles d'aujourd'hui, sous un régime politique qualifié de monarchie absolue, la France de l'Ancien Régime nous a légué d'importants héritages. Ce dictionnaire s'adresse à tous ceux qui entreprennent des études historiques, artistiques ou littéraires concernant la France des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Il est également destiné à tous ceux qui s'intéressent à cette époque. Son objectif est de définir les notions essentielles que l'on peut rencontrer au détour d'un cours, d'une lecture ou de la consultation de documents d'époque. Il offre un outil de travail essentiel grâce à des définitions claires et synthétiques tenant compte du dernier état de la connaissance.Les thèmes développés concernent aussi bien la société (cour, paysans, privilèges...), la culture et les mentalités (académies, enseignement, sexualité...), la religion (pèlerinages, jansénisme, diable...), la population (registres paroissiaux, crises démographiques, famille...), l'économie (travail, transports, physiocratie...), les finances (impôts, chambres des comptes, tontines...), les sciences et techniques (médecine, astronomie, ingénieur...), que la monarchie (absolutisme, parlements, intendant...).Sous la direction de Robert MUCHEMBLED est professeur à l'université de Paris-Nord (Paris XIII).Anne CONCHON est maître de conférences en histoire moderne à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne. Elle a publié Le péage en France au XVIIIe siècle. Les privilèges à l'épreuve de la réforme (2002).Bruno MAES est maître de conférences en histoire moderne à l'université de Reims. Il a publié Le roi, la Vierge et la nation. Pèlerinages et identité nationale entre guerre de Cent Ans et Révolution (2002).Isabelle PARESYS est maître de conférences à l'univ. de Lille 3-Charles-de-Gaulle où elle enseigne l'histoire moderne. Elle a publié Aux Marges du royaume. Violence, justice et société en Picardie sous François Ier (1998).