Hervé Roussel-Dessartre
Hervé Roussel-Dessartre
Au monde du capitalisme, du libéralisme et de la civilisation du déchet prospère un individu libre, solitaire, réifié, déraciné, enivré de valeur travail, grisé de progrès, piégé dans la schizophrénie du travailleur et du consommateur, et normé sous le règne sans partage de l'ego-roi. Entre mythe de la liberté, soif insatiable de l'Avoir et suprématie de la marchandisation, il se veut moderne. Le risque d'effondrement de l'humanité, dans ses dimensions écologique, économique voire existentielle appelle une rupture systémique et, pour cela, de nouveaux récits, une nouvelle utopie, une nouvelle façon d'exister et de vivre les relations à l'autre. Encore faudrait-il appréhender la nasse dans laquelle l'Empire libéral nous enferme, comprendre les fables sur lesquelles nos sociétés reposent, pour ne pas sombrer à nouveau dans leurs travers.
Lorsque Léonard se met en tête d'atteindre la Chine en empruntant des chemins souterrains, il invente le « Léonasticot » (en vérité c'est le disciple qui l'invente, cela restera entre nous). Ce drôle de vaisseau en forme d'asticot va permettre à nos deux compagnons de découvrir la vie sous terre, à la rencontre d'étranges espèces...
En plus des inégalités sociales, nous voici maintenant confrontés à la menace d'un effondrement de l'humanité. Or, tous les gouvernements de gauche échouent ne serait-ce qu'à changer la donne. Tandis que le mouvement social s'imagine que de la lutte naîtra une autre société. Face à l'impasse, il est urgent de révolutionner la gauche. Délaissant les mythologies libérale ou progressiste, il nous faut renouer avec l'intention de faire société. Et s'il nous faut certes prendre le pouvoir... c'est sur nos vies bien avant celui des institutions. C'est en effet à la relation entre les êtres qu'il s'agit de redonner corps, loin de l'ego-roi ou de l'asservissement salarié et consumériste. Liberté, Égalité, Commun pourrait devenir l'ambition d'une nouvelle utopie.