Gilles Ivaldi
Gilles Ivaldi
Menacées à l'extérieur par un environnement géopolitique privilégiant la force sur le droit et à l'intérieur par la montée des populismes, les démocraties libérales traversent aujourd'hui une crise qui peut légitimement faire craindre pour leur survie. Or, la crise est inscrite dans le fonctionnement même des démocraties. leur principe étant précisément de faire coexister des groupes sociaux aux perceptions et aux intérêts différents. Preuves historiques et sociologiques à l'appui, les auteurs montrent ainsi que, sous ses apparences de faiblesse et de lenteur à agir, c'est la forme politique des démocraties qui leur donne un avantage radical par rapport aux régimes autoritaires. La vigilance démocratique commande une inquiétude lucide : envisager l'avenir avec discernement, en distinguant les menaces systémiques du tumulte ordinaire des désaccords. Ce livre nous enseigne que les transformations par lesquelles les démocraties s'adaptent aux conditions nouvelles ne sont pas nécessairement les signes avant-coureurs de leur effondrement : elles peuvent aussi manifester leur capacité à surmonter les crises.
L'essor du populisme constitue l'un des phénomènes politiques les plus marquants du XXIe siècle. Distribué sur l'ensemble du spectre politique, le populisme s'enracine dans les multiples crises économiques, culturelles et politiques des démocraties contemporaines.Cet ouvrage offre une synthèse des travaux consacrés au populisme en économie politique, et plus largement en sciences sociales. Au fil des chapitres, il éclaire : les conditions d'émergence et de succès des partis populistes à la lumière de la théorie économique ; le rôle central des enjeux économiques et sociaux dans l'essor du populisme ; la diversité du phénomène populiste contemporain ; l'hétérogénéité de ses politiques économiques au fil de l'histoire.La synthèse ainsi proposée met en évidence le double impact du populisme : lorsqu'un parti populiste accède au pouvoir, il entraîne généralement un déclin de la prospérité économique ; par ailleurs, il s'accompagne d'un affaiblissement des normes et des institutions de la démocratie libérale, transformant, voire menaçant, l'équilibre des régimes démocratiques contemporains.