Gilbert Diatkine
Gilbert Diatkine
Le traité de Maestricht ne modifiera pas, dans l'état actuel des législations, la pratique de la psychanalyse en France, car la psychanalyse n'est une profession reconnue dans aucun des États de la Communauté. Mais bien des réglementations encadrent la formation des analystes, leur éthique, leur mode de rémunération, et le remboursement de leur cures par les Sécurités sociales. Inexistantes dans certains pays, contraignantes dans d'autres, elles peuvent être à l'origine de conflits juridiques, qui déboucheront peut-être un jour sur un statut européen de la psychanalyse. L'Europe donne à la Société psychanalytique de Paris l'occasion de regarder, d'un autre oeil, ce qu'elle souhaite pour la pratique de la Psychanalyse en France.
Nombre de variations ont été proposées au cadre analytique défini par Freud aux origines de la psychanalyse pour rendre celle-ci plus accessible au public : moindre fréquence et moindre durée des séances, gratuité, face à face patient-analyste ou encore analyse à distance. Sans a priori ni dogmatisme, Gilbert Diatkine explore les effets de ces variations, depuis l'analyse par correspondance de Freud avec Fliess, jusqu'aux débats récents sur la « télé-analyse », et à la gratuité. L'auteur examine aussi les apports de Winnicott : jeu et créativité , et ceux de Lacan : valeur du langage, mais aussi pratique discutable des séances courtes. Chaque modification du cadre rend plus difficile pour l'analyste l'interprétation de ses agirs contre-transférentiels éventuels. Dans tous les cas c'est le « processus interprétatif » qui scelle la spécificité psychanalytique d'une psychothérapie. Ce processus peut se développer plus ou moins facilement dans différentes situations thérapeutiques. Cet ouvrage est d'une actualité précieuse pour penser la pertinence et les effets des variations du cadre analytique et pour appréhender les conditions nécessaires au déploiement de la scène transférentielle et de la psyché.
« Génie ou imposteur ? Psychanalyste ou gourou ? Penseur ou illusionniste ? Jacques Lacan a soulevé passions, adhésions, rejets et ruptures. La fascination qu'il a exercée sur les psychanalystes de sa génération et sur ses élèves, l'ampleur de sa remise en cause de l'héritage freudien, entreprise au nom d'un "retour à Freud", la séduction du surréalisme et de la "linguisterie" appliqués à la psychanalyse, et le style de sa pratique, ont entrainé un véritable incendie devant lequel les psychanalystes ont vivement réagi soit en s'engageant dans les voies de l'aventure qu'il proposait, soit en s'organisant dans une attitude critique ou de rejet radical. Le phénomène lacanien a déchiré la psychanalyse en France et s'est répandu urbi et orbi. L'oeuvre écrite de Lacan, et la rédaction de ses séminaires, forment un corpus complexe, difficile, énigmatique, abondant, dont l'influence, y compris sur ses adversaires les plus résolus, a été considérable et a suscité des travaux nombreux. L'auteur en propose une lecture sans complaisance ni hostilité, explicitant et démytifiant nombre de notions, comme "le symbolique", "le réel" et "l'imagianire", et dresse un bilan de l'influence de Lacan sur la pensée psychanalytique d'aujourd'hui. » Texte de présentation de l'auteur
Ouvrage publié sous la direction de ces deux auteurs « Pourquoi les psychanalystes s'abstiennent-ils de répondre aux questions de leurs patients, de leur donner des conseils et des encouragements, de les blâmer et de les féliciter ? Pourquoi est-il si important que dans l'analyse proprement dite, le thérapeute soit placé hors de la vue du patient ? Et inversement, quelle est la fonction du face-à-face dans les psychothérapies ? Dans quels cas est-il souhaitable de disposer de beaucoup de séances par semaine pour une cure analytique et dans quels cas faut-il au contraire des entretiens plus espacés ? Toutes ces questions pratiques déterminent les réponses possibles à une question centrale débattue par les auteurs de ce livre : comment opère le processus analytique ? Est-il le même dans une psychothérapie analytique et dans une analyse ? Et s'il est le même, pourquoi faire une analyse plutôt qu'une psychothérapie ? Et finalement : quelle différence y a-t-il entre une psychothérapie et une psychanalyse ? »