Gérard Morel
Gérard Morel
La marquise de Brinvilliers, Madame Lafarge, Violette Nozière, Marie Besnard… Accusées et parfois condamnées à tort, ces femmes ont défié les mœurs d'une société patriarcale pour échapper à un sort cruel. Le portrait de 13 grandes empoisonneuses de l'Histoire qui n'avaient peut-être que le poison pour s'affranchir… L'ambitieuse impératrice Agrippine, la futile marquise de Brinvilliers, la cupide Catherine Voisin, la subversive Violette Nozière, l'austère et pieuse Marie Besnard… Toutes ces femmes restent auréolées d'une légende maléfique pour avoir tué leurs proches, et pas n'importe comment : par le poison. Or, l'empoisonnement implique ruse et préméditation. Longtemps considéré comme un crime spécifiquement féminin, il est à ce titre plus sévèrement réprimé que le meurtre dans le Code pénal. Il est vrai que les hommes avaient d'autres moyens d'éliminer loyalement leurs ennemis, en duel ou à la guerre, y gagnant au passage un certain prestige. Qu'elles aient agi par amour, orgueil, vénalité ou vengeance, les treize criminelles évoquées dans ce livre ont suscité une même indignation horrifiée. Condamnées par les tribunaux, caricaturées par la société patriarcale et encore aujourd'hui ignorées du féminisme, elles furent cependant les premières à se révolter avec force et vigueur contre l'emprise d'un père ou d'un mari. Quelles circonstances les ont conduites à passer à l'acte ? Quels étaient leurs mobiles ? Gérard Morel raconte la vie de ces femmes qui scandalisèrent leur époque, mais pour qui le poison fut l'unique et discrète issue vers l'indépendance et la liberté.
A dix-huit ans, la princesse Ingeburge du Danemark est choisie par les ambassadeurs français pour épouser le Roi Philippe Auguste. Ils ignorent qu'elle a déjà eu une brève liaison avec le Comte Pierre de Troullioud, avant que ce dernier ne soit retrouvé pendu. Philippe Auguste l'apprend au cours de sa nuit de noces, et décide de la répudier aussitôt... Pendant vingt ans, Ingeburge endurera sans faiblir les insultes, les privations et les menaces. De geôles en couvents, elle sera soutenue par quelques hommes, qui deviendront ses amants ou resteront ses amis, et dont elle causera chaque fois la faillite ou la mort. Elle parviendra quand même à faire excommunier Philippe, et obligera le Pape Innocent III à jeter l'Interdit sur le royaume de France... Apaisée à la fin de sa vie, elle rédige ses Mémoires, en ignorant délibérément les regrets, les remords ou les fausses pudeurs, et ose affirmer avoir été Reine de France malgré la grâce de Dieu...