Gérard Garouste
Gérard Garouste
L’œuvre de Garouste est engagée dans une figuration déformante qui donne naissance à un espace onirique, inspiré des mythes et des grands textes fondateurs ou littéraires et philosophiques. Olivier Kaeppelin analyse le triptyque intitulé Le Banquet, où se concentre tout l’univers de l’artiste, dans un jeu vertigineux d’allusions et d’associations d’images qui relie les trois parties du monumental tableau. Sur la première on voit un zeppelin qui survole une scène de carnaval à Venise. La deuxième dépeint un banquet bien fréquenté (Scholem, Benjamin, Kafka). La troisième montre des chiens musiciens dansant et volant autour d’un personnage tout feu tout flammes qui ressemble à l’auteur. Pour déployer la signification de cette œuvre dont Kafka est la référence centrale, Olivier Kaeppelin s’appuie sur des entretiens avec l’artiste (tous deux sont très proches), et sur sa maîtrise de l’histoire de l’art, de la littérature et de la poésie. Le texte est accompagné par de nombreuses images de détails. Les chefs-d’œuvre sont infinis. Ils sont surtout des énigmes. On découvre ici toutes les richesses du Banquet. Olivier Kaeppelin, né en 1949 à Rio de Janeiro, est un commissaire d’exposition, critique d’art et écrivain français.
L'art et la vie de Gérard Garouste sont peuplés de fantômes et de hantises. L'artiste livre ici, sans aucun fard, tous les tourments intimes qui ont façonné son parcours : la violence et l'antisémitisme de son père, la dyslexie, l'échec, la folie, la dépression, l'incompréhension. Nous entraînant au coeur des rouages de la création, cet entretien révèle un personnage à la franchise déconcertante, teintée d'humour et de tendresse. Garouste y décrit toutes les étapes de son art et les chocs heureux qui l'ont conduit à des choix décisifs. Autodidacte initié tout d'abord par l'art brut pratiqué par son oncle, réfractaire à l'enseignement des Beaux-Arts, il a emprunté une voie singulière, souvent à contre-courant. L'artiste désigne ses maîtres : Duchamp, en qui il découvre une radicalité indépassable, le Tintoret, le Greco, Zurbarán, Manet, De Chirico... Témoignant de ses découvertes et de ses engagements, il évoque aussi sa passion pour l'étude talmudique, sa conversion au judaïsme, ainsi que la création de La Source, association artistique dédiée aux enfants défavorisés.