Gérard Bouchard
Gérard Bouchard
Cet ouvrage est le produit de réflexions diverses sur la vie collective des Québécois et Québécoises. On peut y voir un ensemble de fragments autour de plusieurs thèmes : l'histoire de notre nation et son avenir, les mythes fondateurs et les valeurs québécoises, la situation du français, les questions de diversité et d'intégration, et ainsi de suite. Gérard Bouchard se plait à dire que ces chroniques - près de 60 - qui ont d'abord été publiées dans Le Devoir, lui permettent de rendre à la société un peu de ce qu'elle lui a donné. Il s'agit pour lui d'un devoir à honorer. Dans tous ces textes, le ressort est le même : la passion du Québec.
Transmettre, hériter, succéder, autant de termes désignant la passation des biens, des pouvoirs et des responsabilités d'une génération à l'autre et, en même temps, l'acceptation par les héritiers du destin fixé par la coutume et la loi. Moment délicat en particulier pour les exploitations agricoles. Qui sera le ou les successeurs ? Qui sera le ou les héritiers ? Quand et comment cette désignation et cette transmission s'effectuent ? Quel est le sort des exclus de la succession ? Autant de questions importantes pour qui s'intéresse au passé mais aussi au présent des sociétés paysannes. Cet ouvrage rend compte des recherches les plus récentes concernant les modes de reproduction de la famille rurale en contexte d'urbanisation en France et au Québec du xviiie - xxe siècles. Il rassemble les actes d'un colloque international qui s'est tenu sur ce thème à Veyrier-du-Lac, en 1991.
Comment naît une société ? Comment, dans un cadre colonial, se mettent en place l'État, la nation, l'identité ? L'historien Gérard Bouchard nous donne ici un essai de synthèse d'histoire comparée qui confronte l'évolution du Québec avec celle des autres collectivités neuves créées depuis le XVIe siècle en Amérique latine, en Amérique du Nord et en Australasie.
La prise en charge de la diversité ethnoculturelle représente un défi pour toutes les nations démocratiques. La réflexion québécoise, sur ce plan, n'est pas récente et elle a fait montre de dynamisme et d'originalité. Dans cet ouvrage écrit dans une perspective à la fois québécoise et internationale, le sociologue et historien Gérard Bouchard propose sa vision de l'interculturalisme comme modèle d'intégration et de gestion de la diversité ethnoculturelle considérée sous toutes ses formes : la diversité qui est apportée par les immigrants, celle des minorités et celle de la majorité.
Les lecteurs de Mistouk se rappelleront que Senelle, l'amie indienne de Méo Tremblay, avait accouché d'un fils qu'on avait baptisé Léopaul. C'est le destin de ce fils qui est au coeur de Pikauba, le deuxième roman de Gérard Bouchard. Dès l'enfance, Léo sent en lui des forces contradictoires. Son attachement à ses origines indiennes, à sa mère et à ses oncles lui inspire une profonde fidélité, tandis que la vie parmi les Blancs lui donne des envies de bataille et de conquête, suivant l'exemple de son père, dont les êtres et les paysages ne cessent de lui rappeler le souvenir. Pendant toute sa vie, ce Métis cherchera à réconcilier en lui l'Indien et le Blanc. Grâce à son intelligence et à sa détermination, Léo réussira à mettre sur pied une grosse entreprise forestière. Très vite cependant, le succès de Léo lui attire l'hostilité de la bonne société de Chicoutimi, d'autant plus que Pikauba, le village peu orthodoxe que notre héros érige au coeur de la forêt, échappe à son emprise. En effet, loin de l'hégémonie de l'Église et des notables, les gens de Pikauba ont tout le loisir de créer un mode de vie à leur (dé)mesure et à leur image. Cela procure l'occasion à Gérard Bouchard d'élaborer une délicieuse utopie de ce que le Québec de cette époque aurait pu devenir si l'esprit pionnier avait pu s'y exprimer en toute liberté, ainsi qu'il le racontait si bien dans Mistouk. Sur le mode de la tendresse, de l'humour et de la fantaisie, en même temps que sur un grand fond de vérité, Pikauba se veut donc une réplique à quelques autres utopies auxquelles la littérature québécoise a donné naissance au siècle dernier. Mais ce sont les dons de conteur de Gérard Bouchard qui frappent et séduisent d'abord le lecteur dès les premières pages du livre. Grâce à son art inimitable du dialogue, au plaisir communicatif avec lequel il reproduit la langue populaire, à l'intensité émotive dont il investit ses personnages, Gérard Bouchard signe ici un deuxième roman d'une liberté et d'un charme
Gérard Bouchard met en scène dans ce roman la rencontre tragique de deux sociétés. Celle du Québec des années 1950, confronté à des tensions qui l'obligeront à se réinventer. Et celle de Uashat, communauté innue menacée de disparition, animée elle aussi par une sourde révolte, mais qui, celle-là, n'aura rien de tranquille.
À partir de l'arrivée au Saguenay des premiers colons originaires de Charlevoix jusqu'à la Grande Guerre, Gérard Bouchard nous raconte l'histoire des Tremblay de Mistouk, et surtout celle du fils aîné, Méo, le géant, celui qui incarnait tous leurs espoirs, toutes leurs forces vives.
Ce livre est consacré à la reconstitution des rêves et des revers d'une société neuve. Gérard Bouchard y rend compte de l'évolution d'une société régionale - le Saguenay, de 1840 à 1940 - en suivant la démarche de l'histoire sociale. Il en embrasse ainsi toutes ses dimensions: territoriale, démographique, économique, sociale, politique et culturelle (y compris la religion). Il fait également ressortir les interactions entre ces sphères de façon à obtenir une vision dynamique de l'ensemble de cette société.Le résultat est un portrait unique et précieux des ancêtres saguenéens: une population très croyante confrontée à la pauvreté et à l'injustice, très attachée à la famille et à la parenté, ouverte aux «étrangers», curieuse des «lointains», hostile aux abus de pouvoir mais peu portée à la contestation de l'ordre social.L'auteur se montre particulièrement sensible aux rêves qui ont motivé ces modestes fondateurs. Rêve de conquête chez des pionniers au milieu de grands espaces dont ils entendaient faire une contrée libre. Rêve d'Amérique, dans l'esprit du Nouveau Monde, avec ses élans, ses audaces, ses extravagances, ses naïvetés aussi. Rêve, enfin, d'une société plus égale et plus équitable, suivant le modèle d'autres pionniers décimés par les répressions de 1837-1838. D'où le titre de cet ouvrage: Terre des humbles.
Voilà un ouvrage dont nous avions besoin et qui va faire son chemin. La voie de la comparaison du Québec avec d'autres nations partageant sa taille et sa situation dans le monde a déjà été ouverte par des publications importantes qui ont jeté les bases de la réflexion [...]. Mais la contribution que nous livre Félix Mathieu emprunte une voie originale. Il a choisi de centrer sa recherche sur de petites nations non souveraines et, indirectement, sur les rapports majorité-minorités. Gérard Bouchard La modernité a donné naissance aux nations et aux nationalismes au tournant du XIXe siècle. Or, de nombreux peuples sont entrés dans la modernité sans bénéficier du véhicule par excellence qui en a émané : l'État souverain. C'est notamment le cas du Québec. Comparant sur le temps long la trajectoire sociopolitique du Québec au Canada avec celle de la Catalogne en Espagne, du Tyrol du Sud en Italie, de l'Irlande du Nord au Royaume-Uni et de la Wallonie en Belgique, Félix Mathieu étudie la fragilité relative de ces nations. Il relève les singularités et les éléments de convergence dans l'évolution des rapports de force entre les organes des communautés nationales non souveraines et ceux de l'État central. Précisément, il s'intéresse aux effets de la nature constitutionnelle d'un État - de type unitaire ou fédéral - sur la capacité des nations non souveraines à développer une structure institutionnelle autonome et à déterminer les paramètres de leur être et de leur devenir politiques. Cette analyse comparative lui permet de dégager un ensemble de principes, axés autour des valeurs d'équité et de pluralisme, pour favoriser la cohabitation et consolider une vie démocratique saine et équitable au sein des États multinationaux.
Le fil directeur de ce livre tient dans la crise qui menace actuellement les fondements symboliques de nos sociétés où les principaux vecteurs traditionnels de transmission culturelle (églises, école, littérature, médias, famille et autres) sont affaiblis ou en difficulté, sinon en retrait. Dans ce contexte, l'ouvrage pose une question difficile mais déterminante : dans quelle mesure l'histoire nationale et son enseignement peuvent-ils contribuer à atténuer la crise en assurant la sensibilisation aux idéaux propres à allumer une nouvelle ferveur et à susciter des engagements citoyens ? Le livre se veut donc un plaidoyer en faveur de l'histoire nationale, un genre qui a été remis en question depuis trente ou quarante ans. En fait, ce sont pratiquement toutes les dimensions de l'histoire nationale qui ont été la cible de très dures critiques et contestations, d'où le choix d'une analyse globale. Il en découle un ouvrage ambitieux qui propose une réflexion d'ensemble sur la genèse, la situation et le devenir de l'histoire nationale et de son enseignement au Québec. Cet objectif général est exploré dans de nombreuses directions, par exemple : une revue des facteurs qui fondent la pertinence et l'avenir de l'histoire nationale, ce qui inclut une réhabilitation de la nation ; un survol des finalités qui ont été assignées à l'histoire nationale depuis le XIXe siècle ; son rôle dans la promotion de mythes fondateurs (ou de valeurs fondatrices) ; une étude de contenu de 103 manuels parus entre 1804 et 2018, centrée sur leur contribution à la transmission de valeurs et d'idéaux ; une formule d'intégration de la diversité socioculturelle dans ce champ historiographique pour en faire un véritable récit national ; une analyse de la controverse récente entourant le Renouveau pédagogique, assortie d'une proposition de compromis ; un appel à une histoire nationale plus engagée culturellement et socialement... Gérard Bouchard
Depuis deux siècles, la nation a été, en Occident tout au moins, le lieu principal de mouvements sociaux, de conflits, de ruptures et de débats d'où ont émergé les visions du monde, les idéaux et les idéologies qui ont façonné en profondeur les imaginaires et cimenté les peuples. C'était l'époque où, pour le meilleur et pour le pire, les nations savaient rêver. Mais si désormais les nations et les mythes qu'elles ont perpétués voient leur emprise sur la vie des citoyens se relâcher ou même s'effacer, par quoi seront-ils remplacés comme producteurs de sens? Qui seront les acteurs ou les instances appelés à prendre en charge cette fonction primordiale? Observateur attentif et informé des imaginaires nationaux, auxquels il a consacré plusieurs ouvrages, Gérard Bouchard entend les voix qui déplorent la fin des récits collectifs et le triomphe du vide symbolique, sans pour autant consentir à ce sombre portrait. Mais qu'on annonce la fin de la nation ou qu'on pense au contraire qu'elle résistera vigoureusement aux forces qui tentent de l'affaiblir, il y aura manifestement des adaptations, des compromis, des virages difficiles à négocier. Ces défis présents et futurs suscitent à la fois l'inquiétude des citoyens et la curiosité des savants. Les uns et les autres partagent une même interrogation : les nations sont-elles encore capables de produire du sens, de nourrir l'imaginaire des citoyens? En d'autres mots : sont-elles encore capables de rêver? Après Raison et déraison du mythe, qui proposait une approche sociale du mythe, nous voici sur le terrain des mythes nationaux. On y rencontre les fondements psychiques (archétypes, pulsions, émotions) et les configurations formelles (mythes directeurs, mythes dérivés, archémythes) qui structurent les mythes sociaux en général. Au-delà de la théorie, le livre propose des aperçus empiriques centrés sur les États-Unis, l'Acadie, le Canada anglais et le Québec. À chaque fois, il s'agit de comprendre comment les mythes nationaux opèrent et comment ces sociétés vivent les changements occasionnés par le néolibéralisme, la diversification ethnoculturelle ou les grands courants culturels transnationaux. Au terme de cet ambitieux parcours, le lecteur aura tôt fait de constater que l'enjeu des mythes nationaux est intimement lié à celui de la démocratie.