Fred Aftalion
Fred Aftalion
Notre pays est dans une situation paradoxale : les français, qui ont célébré avec éclat le bicentenaire de la Révolution et se flattent d'avoir répandu les libertés à travers le monde, sont de tous les peuples civilisés, celui qui accepte aujourd'hui le plus volontiers la tutelle d'un État de plus en plus envahissant, dont la gestion est à la fois la plus dispendieuse et la moins efficace possible. Cette situation s'explique, en partie, par l'ignorance de faits que nos gouvernants s'efforcent de ne pas révéler à leur électorat afin de ne pas l'inquiéter. Le but de ce livre est, dans ces conditions, d'éclairer ceux que l'état de notre économie ne peut laisser indifférents, sur le lourd bilan de 45 ans d'administration de nos affaires par les hommes de l'État et sur les conséquences qui en découleraient si, comme les autres grandes nations du monde libre, nous ne répudions pas très vite le système actuel.
Les socialistes en Occident de même que les ex-communistes dans les pays de l'Est se réclament désormais de la social-démocratie comme s'il s'agissait d'un nouveau modèle d'organisation des sociétés destiné à prendre le relais d'un marxisme universellement désavoué. Or, la social-démocratie a été pratiquée avec continuité depuis près d'un demi-siècle par tous les gouvernements des pays démocratiques qu'ils fussent dénommés de droite ou de gauche et c'est le bilan de la gestion social-démocrate de nos sociétés que Fred Aftalion s'emploie à dresser dans cet ouvrage. L'auteur analyse successivement les modèles anglais, français, allemand, suédois, sans oublier le cas des États-Unis souvent considérés comme le dernier refuge du capitalisme et pourtant soumis eux aussi à l'influence de l'idéologie social-démocrate. Après un détour par l'Inde et le Chili, Fred Aftalion, en s'appuyant sur des exemples aussi divers que ceux de la Politique Agricole Commune, de l'Aide au Développement et de la Protection de l'Environnement, en vient à décrire ce qu'il advient aux peuples de notre planète lorsque l'élite dirigeante du haut de son pouvoir et en vertu des connaissances qu'elle s'attribue prétend se substituer aux décisions individuelles des citoyens en dessinant pour eux les contours de la Cité Radieuse. Dans sa conclusion, tout en expliquant les raisons pour lesquelles la social-démocratie conduit nécessairement à une impasse, Fred Aftalion exprime l'espoir que les citoyens de nos pays évolués comprendront au vu d'un tel échec, que l'État ne peut être moins faillible que les hommes politiques et les fonctionnaires qui en revendiquent la gestion, et qu'il appartient à chacun d'entre nous de prendre en mains sa destinée sans avoir à dépendre des fausses promesses d'un Moloch frappé d'impuissance.
Cet ouvrage fait suite au colloque international clôturant le programme de recherche PAGODE « Participation, Animation et GOuvernance dans les Ecoquartiers » financé entre 2010 et 2014 par l'Agence Nationale de Recherche dans le cadre de l'appel à projets « Ville durable ». Si les démarches participatives sont désormais un levier incontournable pour chaque acteur engagé dans la gouvernance du projet urbain durable, les (re)mises en ordres ou en désordres qu'elles suscitent s'avèrent des processus centraux autant que complexes. Car une fois la participation posée en principe et en discours, reste le problème du passage de l'injonction de soutenabilité urbaine à la réalité d'une dynamique sociétale qui favoriserait la prise en charge collective, participative et pérenne du cadre de vie. C'est ce discours participatif, ses effets, les expérimentations et retours critiques qu'il suscite, que les 39 chercheurs et praticiens réunis dans cet ouvrage proposent de discuter. Dans une perspective pluridisciplinaire et à travers de nombreuses études de cas, les diverses contributions analysent de façon riche et souvent renouvelée les modalités d'une fabrique urbaine participative aux prises avec les injonctions du développement durable. Plusieurs thèmes sont ainsi mis en discussion, à l'instar des effets d'un gouvernement de la participation ou des éco-technologies, des opportunités d'appropriations et de « résistances » citoyennes, ou encore de la problématique des « communs »... Au final, dans un contexte de transition et de changement, l'adaptation participative de la ville ressort ici, entre contrôles et résistances, comme un produit transactionnel traduisant les constructions et les appropriations stratégiques d'un ordre négocié de la durabilité urbaine.