Françoise Zonabend
Françoise Zonabend
S'il n'est pas d'humanité sans langage, il n'existe pas non plus d'homme « hors parenté ». Celle-ci, de fait, est inscrite au coeur de toutes les sociétés : aucune n'a jusqu'à présent réussi à s'en dispenser, même si, d'un groupe social à l'autre, d'une époque à l'autre, les anthropologues observent d'importantes variations. Or, dans les sociétés occidentales, la parenté a subi, ces dernières décennies, d'intenses changements sous l'effet des avancées des sciences médicales et biologiques ou des bouleversements intervenus dans les moeurs familiales et sociales, les mouvements d'acceptation étant aussi forts que les mouvements de rejet. Prenant appui sur ce qu'apporte l'anthropologie dans ce champ d'étude, cet ouvrage entend mettre en perspective, afin de mieux les déchiffrer, les problèmes ouverts par ces nouvelles façons de se procurer « une » parenté.
Quels rituels scandent la vie familiale et villageoise à Minot-en-Châtillonnais ? Avec qui se marie-t-on ? Comment se transmettent les biens ? Comment utilise-t-on l'espace communal selon que l'on est bûcheron, agriculteur ou artisan ? Tels sont quelques-uns des thèmes abordés dans les articles rassemblés ici, étapes d'un véritable « chantier » ethnographique de près de dix années. L'application à un terrain français des méthodes de l'ethnologie classique, la minutie et la qualité de l'observation, font de « Minot » une entreprise qui désormais fait référence. Dans ce village, semblable à bien d'autres, voisin en quelque sorte, les auteurs ont réussi à restituer la figure vivante d'une petite société rurale et son ordre profond.