« Les féministes blanches n’ont pas intégré dans leur histoire les avortements forcés de La Réunion. » Françoise Vergès rappelle avec force comment l’État français a organisé, dans les années 1970, des milliers d’avortements et de stérilisations sans consentement sur des femmes réunionnaises, au nom d’une politique antinataliste raciste. Un livre nécessaire pour comprendre les angles morts du féminisme blanc.
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Le Ventre des femmes
1970, La Réunion. Des milliers de femmes subissent avortements et stérilisations forcées, avec la complicité de l’État français. Le Ventre des femmes révèle cette histoire occultée, où contrôle des corps, racisme et héritage colonial s’entremêlent.
Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'état français prône le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l'espace de la République, provoquant un repli progressif sur l'Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient.Françoise Vergès s'interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes, héritée d'un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd'hui.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Françoise Vergès est une politologue et militante féministe décoloniale, spécialiste des questions de race, genre et colonialisme. Titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales (Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris), elle a notamment publié Abolir l’esclavage : une utopie coloniale et La République coloniale. Son travail interroge les silences de l’histoire officielle et les mécanismes de domination postcoloniaux. Originaire de La Réunion, elle place au cœur de sa réflexion les luttes des femmes racialisées et l’héritage de l’esclavage.
newsmode Revue de presse
Françoise Vergès propose une réflexion critique sur le féminisme, soulignant l’urgence de prendre en compte l’esclavage, le colonialisme et les politiques dans les territoires d’outre-mer. Le Ventre des femmes est un essai majeur pour repenser les conditions de possibilité d’un féminisme émancipateur et décolonial.
Ce livre pose des questions fondamentales sur les sources et les présupposés théoriques de l’histoire coloniale. Vergès y dénonce la « cartographie mutilée des luttes de libération des femmes » produite par le MLF, qui a ignoré la racialisation du patriarcat et la colonialité du pouvoir français.
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