François-Xavier Fauvelle-Aymar
François-Xavier Fauvelle-Aymar
Déjouer les arrière-pensées et les silences de la production d'écrits ; interroger les conflits de narration que suscite le recours à l'oralité ; reconnaître les vérités de la mémoire ou surprendre son pouvoir d'occultation ; percer les écrans de censure et de représentation : telles sont les ruses que déploie l'historien dans son travail quotidien. Parce que l'Histoire se joue de ceux qui la reçoivent ou la scrutent, la ruse est une qualité cardinale de l'enquête historienne. Et sa nécessité est peut-être plus grande encore lorsqu'il s'agit de l'histoire de l'Afrique, enrobée de biais, de préjugés et de représentations faussées. Les enquêtes réunies dans ce livre, qui vont de l'Afrique ancienne au monde contemporain, du terrain à la bibliothèque, du document au récit, s'emploient au décryptage du passé, attentives à la variété des sources, aux rapports du pouvoir et de l'écrit, aux formes de la transmission, à l'historiographie. Jean Boulègue, à la mémoire de qui ce livre est dédié, était professeur d'histoire de l'Afrique à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a laissé, chez tous ses amis, élèves et collègues, le souvenir et le modèle d'une intelligence pénétrante, précise et rusée du passé et du monde. François-Xavier Fauvelle-Aymar, directeur de recherche au CNRS au laboratoire TRACES (UMR 5608) à Toulouse-le-Mirail, et Bertrand Hirsch, professeur à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, sont tous deux historiens de l'Afrique à l'époque médiévale. Ont contribué à cet ouvrage : Monique Chastanet, Gérard Chouin, Liliane Daronian, Christian Décobert, Marie-Laure Derat, Françoise Doutreuwe, Chouki El Hamel, Rokhaya Fall, François-Xavier Fauvelle-Aymar, Philip J. Havik, Bertrand Hirsch, Job Kasantchis, Nicole Lemaitre, Maria Emília Madeira Santos, Peter Mark, Henri Médard, Sophie Narain, Claude-Hélène Perrot, David Robinson, Bernard Salvaing, Christian Seignobos, Robin Seignobos, Jose da Silva Horta, Tal Tamari, André Thiéblemont, Imke Weichert.
Croisant les approches de l'historien, de l'ethnologue et de l'anthropologue, les études réunies dans cet ouvrage constituent un tour d'horizon des gastronomies africaines. Des champs en culture au pot sur le feu, des archives aux livres de recettes, des secrets de grands-mères aux cuisines "nationales", elles éclairent maints aspects de l'histoire du paysage et des plantes cultivées, des environnements économiques et politiques, des croyances et des représentations. Monique Chastanet est historienne. Chargée de recherches au CNRS (laboratoire MALD, CNRS-Paris I), elle étudie une société sahélienne sous l'angle de l'histoire de l'agriculture et de l'alimentation. Elle a dirigé l'ouvrage Plantes et paysages d'Afrique, une histoire à explorer (Karthala, 1998). François-Xavier Fauvelle-Aymar est historien, chargé de recherches au CNRS (Institut d'études africaines, Aix-en-Provence). Il est l'auteur d'articles et d'ouvrages sur l'histoire de l'Afrique, et notamment sur l'histoire des représentations et des constructions identitaires en Afrique du Sud. Dominique Juhé-Beaulaton est historienne. Chargée de recherche au CNRS (laboratoire MALD, CNRS-Paris I), elle est spécialisée dans l'étude des relations des hommes avec leur environnement. Elle travaille actuellement sur les constructions de patrimoines naturels en Afrique.
Le Rhinocéros d'or peint le tableau d'une Afrique méconnue, celle des « siècles d'or » du Moyen Âge (VIIIe-XVe siècle).Le témoignage d'un négociant, d'un aventurier, d'un géographe arabe, une carte, une fresque, une inscription gravée, les ruines d'une ville de sel ou de terre, un site récemment fouillé, sont autant de traces qui permettent à François-Xavier Fauvelle de reconstituer ces pans d'histoire. Il nous mène de l'Afrique du Nord aux royaumes du Ghâna et du Zâfûn, de l'empire du Mâli à l'Égypte, du Kânem près du lac Tchad aux royaumes chrétiens de Nubie et d'Éthiopie, des principautés de la côte d'Afrique de l'Est aux énigmatiques ruines de Grand Zimbabwe. On découvre les cours de souverains opulents ; les villes bruissantes d'activité où les commerçants du monde islamique rencontraient les négociants africains ; les marchés où s'échangeaient ambre de cachalot, esclaves et or contre perles indopacifi ques et vaisselle de Chine. Les sociétés africaines étaient alors parties prenantes d'un vaste monde interconnecté. Devenu un classique, Le Rhinocéros d'or a été traduit en une dizaine de langues. Paru dans sa première version en 2013 (Alma), le livre a reçu le Grand Prix du livre d'histoire (Rendez-vous du livre d'histoire de Blois), l'édition anglaise (Princeton University Press, 2018) celui du « Medieval book of the year » (Medievalists.net).Cette nouvelle édition est augmentée de plusieurs chapitres et enrichie des fruits d'une dizaine d'années de recherches.
Terre de conquêtes, de violences et de métissages, le Sud de l'Afrique fascine : ce furent d'abord les pionniers africains, nomades ou défricheurs, qui découvrirent et transformèrent ces immensités. Puis des voyageurs d'Occident abordèrent le cap de Bonne-Espérance, croyant y voir briller les feux de l'Inde. Ceux qui vinrent ensuite convoitaient le bétail, la terre, le diamant et l'or. L'histoire de l'Afrique du Sud est celle d'un long peuplement qui, depuis des siècles, redessine les frontières et bouleverse les identités. Dans la fournaise de ce creuset, les hommes mêlent leurs sangs et leurs croyances, forgent leurs différences : Noirs et Blancs, Coloureds, Indiens, Afrikaners, Zulu, Khoesan... Qui sont-ils, ou plutôt qui veulent-ils être ? Cette histoire africaine est aussi hantée par les multiples visages de la domination et de la soumission. L'apartheid, cet idéal délirant d'ordonnancement du monde, de mise en fiche de l'identité humaine, voulait arrêter le temps, celui qui métisse les peaux et mélange les cultures. Mais l'histoire a repris son cours. Comme un défi à son passé, l'Afrique du Sud continue de s'inventer.