François Roubaud
François Roubaud
Les marchés du travail en Afrique restent à ce jour largement inexplorés et leur fonctionnement méconnu. Leur connaissance est pourtant centrale dans les politiques de développement et de lutte contre la pauvreté. Quelles sont les personnes qui n'ont pas accès à l'emploi ou sont sous-employées ? Comment le secteur formel cohabite-t-il avec le secteur informel ? Existe-t-il des traits communs à l'ensemble des marchés urbains du travail en Afrique, ou bien chaque pays est-il un cas particulier ? Quels liens entretiennent-ils avec la migration, l'éducation et les discriminations ethniques ou de genre ? Telles sont quelques-unes des questions traitées ici, à travers l'analyse d'une série unique d'enquêtes parfaitement harmonisées, réalisées dans une dizaine de pays du continent. Cet ouvrage collectif fournit le premier bilan actualisé du marché du travail en Afrique subsaharienne. Un outil précieux en matière de lutte contre la pauvreté.
La situation économique de Madagascar est singulière à plus d'un titre. D'une part, le niveau de vie des Malgaches ne cesse de régresser depuis l'indépendance en 1960, un cas unique pour un pays qui n'a pas connu de conflits majeurs ; d'autre part, à chaque fois que le pays s'est engagé sur la voie de la croissance, celle-ci a été brutalement interrompue par une crise socio-politique mettant à bas les espoirs suscités. Pour éclairer ce contexte spécifique, les auteurs décryptent l'« énigme » et le « paradoxe » malgaches en procédant à une lecture d'économie politique dans le temps long et en s'appuyant sur des données statistiques de première main. La trajectoire du pays est analysée à l'aune des théories du développement. L'identification des rentes et des stratégies d'acteurs, le rôle de la violence, le fonctionnement des institutions, la sociologie des élites malgaches ainsi que le rapport entre les citoyens et le pouvoir sont également parmi les grands thèmes traités. En dépit de sa spécificité, Madagascar apparaît à la lumière de cette analyse comme emblématique d'une situation commune à de nombreux pays du Nord comme du Sud. La fragilité des coalitions entre élites y nourrit une instabilité systémique d'autant plus grande qu'elle vient se greffer sur un mécontentement populaire récurrent. En effet, même dans les rares périodes fastes, les aspirations au progrès des Malgaches se sont toujours heurtées aux dures réalités du quotidien. Un ouvrage à la fois documenté et accessible, pour mieux comprendre Madagascar et appréhender les différentes dimensions du développement au Sud.
L'engagement pris par 147 chefs d'État d'accorder un « soutien indéfectible » à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) a eu un impact fort sur la structuration de l'aide, sur la définition des politiques promues et sur leur mise en oeuvre par les gouvernements des pays du Sud depuis dix ans. Mais quel en a été l'impact sur le développement des pays concernés et quelle distance reste-t-il à parcourir pour que les OMD soient atteints à l'échéance de 2015 ? Cet ouvrage propose un bilan à mi-parcours de l'état de réalisation des cinq premiers objectifs pour Madagascar. Outre un diagnostic chiffré des évolutions récentes observées en matière de pauvreté, de scolarisation, de santé ou encore d'égalité des sexes, il présence les résultats de recherches originales sur des thématiques aussi diverses que la demande d'éducation, les discriminations, la fécondité, l'occupation spatiale du territoire... Au travers d'analyses minutieuses d'économistes, de démographes, d'agronomes et de géographes, les facteurs de blocage susceptibles de freiner la marche de Madagascar vers la réalisation des OMD sont mis en lumière. Il est aujourd'hui certain que les OMD ne pourront pas être atteints en 2012, en partie du fait de la crise politique qui sévit à Madagascar depuis le début de l'année 2009. Mais en adoptant une perspective de long terme, ce livre apporte des éléments concerts, utiles pour la mise en place de politiques de lutte contre la pauvreté et la conduite d'actions de développement, dont il faudra tenir compte une fois la crise résolue.