Franck Varenne
Franck Varenne
L'humour Savoyard est discret, presque secret, mais il a assez le sens du ridicule pour réussir dans la sobriété de l'ironie. C'est l'humour au sommet : avec la malice pudique des montagnards, les remarques narquoises des bergers d'alpage, les mots (à l'emporte-pièce) des bûcherons. Mais que ce soit dans le glossaire, les proverbes, la religion, la littérature ou la gastronomie c'est un humour d'homme plus que de foule. Les racines de cet humour provincial s'enfoncent entre les rochers des hauteurs, à l'orée des neiges et des bois. C'est, essentiellement, un humour de tradition qui mérite de revivre en ces temps où les explosions de joie sont plus rares que les explosions des bombes atomiques. C'est tout cela que Paul Vincent, auteur déjà de nombreux ouvrages à grands succès, veut nous faire connaître dans son « Humour Savoyard ».
Pour Charles Sorlier, un monde interlope a tenu lieu d'université, - prostituées de haut et bas étage, souteneurs nécessiteux, voyous à la petite et à la grande semaine, clochards débrouillards. Tous, sans exception, furent ses professeurs. En 1948, il entre dans le fameux « atelier Mourlot » et là, durant trente-cinq ans, il deviendra le lithographe et graveur attitré des plus célèbres peintres du XXe siècle, Matisse, Dufy, Léger, Picasso, Chagall et beaucoup d'autres. D'un Luna-Park coquin à un « ratodrome » canaille, des filles de joie aux hommes de plume, de l'anecdote à l'amitié, du talent à la célébrité, tout chez Charles Sorlier respire la bonne humeur, la jovialité, la gouaille et la truculence. On ne s'ennuie jamais en compagnie de ce conteur né.