France Huser
France Huser
Normandie, 1793. Charlotte Corday, 25 ans, poignarde Marat dans sa baignoire. Qui était cette jeune femme prête à mourir pour ses idéaux ? France Huser lève le voile sur un destin hors du commun.
Elle est le parchemin sur lequel s'écrit notre vie. Baisers des amants, brûlure des orties ou du soleil, morsure du froid ou du temps, souvenirs d'enfance et d'amour, caresses du vent : la peau nous enveloppe autant qu'elle nous expose. Ce voile singulier est notre présence la plus évidente et la plus secrète.
Elle est le parchemin sur lequel s'écrit notre vie. Baisers des amants, brûlure des orties ou du soleil, morsure du froid ou du temps, souvenirs d'enfance et d'amour, caresses du vent : la peau nous enveloppe autant qu'elle nous expose. Ce voile singulier est notre présence la plus évidente et la plus secrète.
Une jeune femme en éveil : Louise. Une jeune femme à prendre : Sabine. Un homme : Antoine. Bourreau ? Victime ? Complice en tout cas. Il est écrivain, enfin probablement, puisqu'une machine à écrire et du papier traversent le paysage du livre. Sabine aime Louise qui ne l'aime pas mais la soumet ou la désire dans la seule compagnie d'Antoine. Hormis quelques éclats de l'enfance retrouvée de Louise, inutile de chercher à en savoir davantage sur le passé de ces personnages : c'est la lumière du présent qui les éclaire. De cette transparence impudique, le roman tire toute sa force. Dans leurs gestes, leurs regards, les baisers qu'ils échangent, les nuits qu'ils partagent, les lits qu'ils défont, le crime qui consomme sans doute leur histoire, leur vérité sera, comme leurs corps, mise à nu le plus crûment, le plus cruellement. Car toute liaison est dangereuse et chaque amour coupable même si tous les amants sont innocents. La Maison du désir affirmait un écrivain. La chambre ouverte révèle une romancière. Ici et là se découvre un art oublié : celui de-décrire purement, simplement, tout l'abandon des sens.
Une tempête de sable se lève. Un homme est assassiné C'est ainsi que commence, dans un village au bord du désert, cette histoire où les passions semblent obéit à la chaleur, au vent, au chant des dunes. Chaque personnage y poursuit sa quête : l'art rupestre venu de la nuit des temps, les statues d'ébène rapportées du Sud, chargées des mystères de l'Afrique. Les légendes et les recherches des préhistoriens s'affrontent et se rejoignent. Et Jeanne, qui ne rêve d'abord que d'échapper à cet univers qui l'oppresse, court la nuit, pieds nus dans le sable, pour rejoindre son amant. Mais l'homme dont la présence charnelle la bouleverse est, lui aussi, happé par les sortilèges du désert. Trouvera-t-elle enfin le chemin de sa liberté et de son espérance ? Dans cette communauté perdue, mêlant Européens et Sahariens, chacun dévoile son secret. Les désirs, les peurs et les vengeances s'attisent et vont parfois jusqu'au meurtre. Un euvoûtement gagne le lecteur, comme il emporte les protagonistes du roman au-delà d'eux-mêmes.
La quête des images, pour être exquise, n'en est pas moins dangereuse. Enfant, Laura Alpiani s'ingéniait à guetter le bonheur sous le vernis des cartes postales. Il lui suffirait, pensait-elle, de soulever cette mince pellicule glacée qui les recouvre et elle entrerait enfin dans le rêve. Laura rencontre un homme, Gilles. Il sera son maître. Celui qui possède. Celui qui enseigne. Avec lui, les tricheries deviennent jeu, le vol plaisanterie. Avec lui, toujours asservie au jeu des images, elle se fera meurtrière, crime et acte d'amour se mêlant. Les lèvres nues, c'est le monde sans fard, qui se décolore sous les propos froids des témoins, qui s'aiguise sous les reflets des néons, que la nuit n'éteint jamais. La prison, un procès, un verdict bientôt. Qu'importe ! Si Laura a tué la caissière aux ongles rouges, au moins a-t-elle eu l'illusion, l'espace d'un instant, d'échapper à la solitude de l'amour même. "Un auteur qui sait écrire la sensualité en une impudeur si pure", soulignait la critique lors de la parution de la Chambre ouverte. Un don qui s'affirme une fois de plus dans un roman dont les suspenses révèlent un nouvel aspect du talent de l'auteur de la Maison du désir.
«Tricher. Pour moi, ce ne fut pas une décision. Ce fut un destin. Déjà, à ma naissance, j'ai triché. Mes parents attendaient avec certitude un garçon. Ils n'avaient jamais imaginé qu'ils pourraient avoir une fille. Une fille! Ma mère pleura. Il m'avait suffi de naître pour commettre une trahison. Loin de me repentir, je persévérai dans cette direction.»
«Tricher. Pour moi, ce ne fut pas une décision. Ce fut un destin. Déjà, à ma naissance, j'ai triché. Mes parents attendaient avec certitude un garçon. Ils n'avaient jamais imaginé qu'ils pourraient avoir une fille. Une fille! Ma mère pleura. Il m'avait suffi de naître pour commettre une trahison. Loin de me repentir, je persévérai dans cette direction.»