Emma Santos
Emma Santos
L'entrée dans le système d'hospitalisation psychiatrique d'Emma Santos. En 1967, Marie-Anne Le Rozick, alias Emma Santos, est mise en arrêt de travail pour cause de dysfonctionnement thyroïdien. Pour que cet arrêt soit indemnisé par la Sécurité sociale, son médecin la déclare en dépression nerveuse. Cela entraîne une obligation de suivre des traitements en hôpital psychiatrique de jour. À travers son parcours, l'autrice dénonce la déshumanisation et la violence du système médical des années 1960. Elle montre en quoi la psychiatrie a promu, sous couvert de progrès, la « camisole chimique ». Les psychiatres voient son écriture comme un symptôme de sa maladie et la sédatent pour l'empêcher d'écrire. Mais loin de se laisser écraser par l'autorité des psychiatres et désireuse de quitter le « pays du silence », Santos utilise l'écriture comme un acte de résistance et de survie. Par ses mots, elle cherche à reconquérir son corps et sa voix, défiant l'enfermement, l'amour déçu et la souffrance. Ce livre est un cri de liberté contre un système oppressif, et un manifeste pour la parole, la littérature et l'autonomie féminine. Plus qu'un témoignage, L'itinéraire psychiatrique est une réflexion poignante sur la condition féminine, la maladie mentale et le pouvoir de l'écriture face à l'adversité. Un ouvrage essentiel pour comprendre la psychiatrie, la souffrance et la quête d'identité. "Je voudrais tenter d'expliquer mon entrée en psychiatrie, huit années en psychiatrie en commettant les mêmes erreurs que les psychiatres, en chosifiant le malade, en me chosifiant, oublier le milieu qui m'entoure, c'est-à-dire l'amour qui a fui, mes romans, mon métier d'enseignante qui a déterminé le choix des médecins. Je sais que je ne parlerai que de l'amant qui m'a dévorée, que de la littérature qui m'a détruite... Je suis seule... J'écris au lit avec une machine. J'ai définitivement perdu le corps. J'espère le retrouver par les mots... E.S.
L'entrée dans le système d'hospitalisation psychiatrique d'Emma Santos. En 1967, Marie-Anne Le Rozick, alias Emma Santos, est mise en arrêt de travail pour cause de dysfonctionnement thyroïdien. Pour que cet arrêt soit indemnisé par la Sécurité sociale, son médecin la déclare en dépression nerveuse. Cela entraîne une obligation de suivre des traitements en hôpital psychiatrique de jour. À travers son parcours, l'autrice dénonce la déshumanisation et la violence du système médical des années 1960. Elle montre en quoi la psychiatrie a promu, sous couvert de progrès, la « camisole chimique ». Les psychiatres voient son écriture comme un symptôme de sa maladie et la sédatent pour l'empêcher d'écrire. Mais loin de se laisser écraser par l'autorité des psychiatres et désireuse de quitter le « pays du silence », Santos utilise l'écriture comme un acte de résistance et de survie. Par ses mots, elle cherche à reconquérir son corps et sa voix, défiant l'enfermement, l'amour déçu et la souffrance. Ce livre est un cri de liberté contre un système oppressif, et un manifeste pour la parole, la littérature et l'autonomie féminine. Plus qu'un témoignage, L'itinéraire psychiatrique est une réflexion poignante sur la condition féminine, la maladie mentale et le pouvoir de l'écriture face à l'adversité. Un ouvrage essentiel pour comprendre la psychiatrie, la souffrance et la quête d'identité. "Je voudrais tenter d'expliquer mon entrée en psychiatrie, huit années en psychiatrie en commettant les mêmes erreurs que les psychiatres, en chosifiant le malade, en me chosifiant, oublier le milieu qui m'entoure, c'est-à-dire l'amour qui a fui, mes romans, mon métier d'enseignante qui a déterminé le choix des médecins. Je sais que je ne parlerai que de l'amant qui m'a dévorée, que de la littérature qui m'a détruite... Je suis seule... J'écris au lit avec une machine. J'ai définitivement perdu le corps. J'espère le retrouver par les mots... E.S.
Dans cette oeuvre puissante, Emma Santos raconte sa rupture avec l'homme pervers qui lui a donné son nom de plume. Jamais nommé, ce don juan narcissique et volage a poussé la jeune femme aux confins de la folie. Apprenant qu'il la quitte pour une autre, déchirée par la trahison, la narratrice tourne en rond, attend son retour pendant huit mois et raconte le morcellement de son corps meurtri par un avortement. Dans "La Punition d'Arles", on lit la violence de leur relation, l'emprise exercée par l'homme, les tourments psychiatriques de l'autrice mais aussi sa naissance à l'écriture. Avec ce texte, chaînon manquant entre "La Malcastrée" et "J'ai tué Emma S.", les éditions des femmes-Antoinette Fouque poursuivent leur travail éditorial autour de l'oeuvre d'Emma Santos, écrivaine majeure dont les écrits bemblématiques et poignants sont d'une modernité éblouissante.
Dans cette oeuvre puissante, Emma Santos raconte sa rupture avec l'homme pervers qui lui a donné son nom de plume. Jamais nommé, ce don juan narcissique et volage a poussé la jeune femme aux confins de la folie. Apprenant qu'il la quitte pour une autre, déchirée par la trahison, la narratrice tourne en rond, attend son retour pendant huit mois et raconte le morcellement de son corps meurtri par un avortement. Dans "La Punition d'Arles", on lit la violence de leur relation, l'emprise exercée par l'homme, les tourments psychiatriques de l'autrice mais aussi sa naissance à l'écriture. Avec ce texte, chaînon manquant entre "La Malcastrée" et "J'ai tué Emma S.", les éditions des femmes-Antoinette Fouque poursuivent leur travail éditorial autour de l'oeuvre d'Emma Santos, écrivaine majeure dont les écrits bemblématiques et poignants sont d'une modernité éblouissante.
Dans ce texte puissant à l'écriture incarnée, dont la première publication remonte à 1976, Emma Santos décrit avec force son désir d'enfant irréalisable et la violence de l'internement en asile psychiatrique. Dans un style incandescent, elle revient sur sa rupture amoureuse, empreinte de domination masculine et de brutalité, ainsi que sur sa naissance à l'écriture. Ses écrits, où convergent langage et matière charnelle, explorent des thématiques taboues pour l'époque, telles que l'avortement, et sont rejetés par de nombreux éditeurs. Elle s'accroche pourtant à ses textes - l'écriture est une voie d'émancipation et sa bouée de sauvetage - qui font exploser les poncifs autour de la « folie », quitte à tuer Emma S., nom d'emprunt donné par son ex-mari. En 1976, Antoinette Fouque et les éditions des femmes rencontrent la jeune écrivaine Emma Santos (1943-1983). Elle est hantée, malmenée dans son désir de vivre, d'aimer, d'écrire, par les traces persistantes d'une enfance de pauvreté et de violence. Elle se fait connaître, d'abord par une réédition de "La Malcastrée" (première édition, Maspero, 1973), puis par la publication de ses autres textes, dont un inédit en 2006 à titre posthume. La réédition de son oeuvre complète est au programme des éditions des femmes-Antoinette Fouque.
Dans ce texte puissant à l'écriture incarnée, dont la première publication remonte à 1976, Emma Santos décrit avec force son désir d'enfant irréalisable et la violence de l'internement en asile psychiatrique. Dans un style incandescent, elle revient sur sa rupture amoureuse, empreinte de domination masculine et de brutalité, ainsi que sur sa naissance à l'écriture. Ses écrits, où convergent langage et matière charnelle, explorent des thématiques taboues pour l'époque, telles que l'avortement, et sont rejetés par de nombreux éditeurs. Elle s'accroche pourtant à ses textes - l'écriture est une voie d'émancipation et sa bouée de sauvetage - qui font exploser les poncifs autour de la « folie », quitte à tuer Emma S., nom d'emprunt donné par son ex-mari. En 1976, Antoinette Fouque et les éditions des femmes rencontrent la jeune écrivaine Emma Santos (1943-1983). Elle est hantée, malmenée dans son désir de vivre, d'aimer, d'écrire, par les traces persistantes d'une enfance de pauvreté et de violence. Elle se fait connaître, d'abord par une réédition de "La Malcastrée" (première édition, Maspero, 1973), puis par la publication de ses autres textes, dont un inédit en 2006 à titre posthume. La réédition de son oeuvre complète est au programme des éditions des femmes-Antoinette Fouque.
On est au début des années 1970. "La Malcastrée" raconte, en la faisant remonter à l'enfance, la maltraitance exercée par les institutions psychiatriques. Celle-ci est illustrée de manière saisissante par le sort d'enfants trisomiques que la narratrice est chargée d'attacher à leurs sièges toute la journée... Avant qu'elle ne retourne la situation en les détachant tous, libérant leurs mouvements au risque de sa propre vie. Ainsi se succèdent des moments-limites, traversés dans la souffrance et dans une solitude impitoyable. Au rythme d'une écriture pulsionnelle, l'autrice décrit les traitements chimiques destructeurs, les avortements forcés, l'abandon par l'homme aimé, l'interdit d'écrire. Et finalement l'expulsion, une forme douloureuse de libération, payée très cher par le suicide d'une compagne d'infortune. Emma Santos qualifie son deuxième livre de témoignage, « écrit avec beaucoup de rage et de révolte ».
On est au début des années 1970. "La Malcastrée" raconte, en la faisant remonter à l'enfance, la maltraitance exercée par les institutions psychiatriques. Celle-ci est illustrée de manière saisissante par le sort d'enfants trisomiques que la narratrice est chargée d'attacher à leurs sièges toute la journée... Avant qu'elle ne retourne la situation en les détachant tous, libérant leurs mouvements au risque de sa propre vie. Ainsi se succèdent des moments-limites, traversés dans la souffrance et dans une solitude impitoyable. Au rythme d'une écriture pulsionnelle, l'autrice décrit les traitements chimiques destructeurs, les avortements forcés, l'abandon par l'homme aimé, l'interdit d'écrire. Et finalement l'expulsion, une forme douloureuse de libération, payée très cher par le suicide d'une compagne d'infortune. Emma Santos qualifie son deuxième livre de témoignage, « écrit avec beaucoup de rage et de révolte ».