Danielle Moyse
Danielle Moyse
Ne pas protéger les animaux, c'est perdre de vue notre humanité. En raison de l'installation croissante de l'homme sur la terre comme conquérant, et non comme simple cohabitant, les animaux font désormais partie des plus vulnérables. Et ce que l'homme inflige aux bêtes, il se l'inflige à lui-même.Élevage intensif violent pour les animaux et déshonorant pour les hommes, destruction des forêts primaires bouleversant les lieux de vie des uns et des autres, propagation d'épidémies franchissant la barrière des espèces font aujourd'hui apparaître, grandeur nature, qu'hommes et animaux sont engagés dans un destin commun, et que les agressions infligées au vivant nous entraînent dans une spirale suicidaire. À l'heure de l'industrie agro-alimentaire, de la Covid-19 et du réchauffement climatique, c'est à un sursaut salutaire que Danielle Moyse, philosophe, par ailleurs spécialiste des questions d'éthique médicale, appelle de ses voeux. Il n'y va pas seulement de notre survie, même si la brutalité à l'égard des animaux n'a jamais tardé à s'étendre concrètement à l'être humain. Sans une réforme radicale de notre rapport au vivant et une redéfinition de notre habitation terrestre, le pire est à venir.Un plaidoyer magistral en faveur des hommes et des bêtes. Un appel décisif au respect de tous !Philosophe, enseignante, Danielle Moyse est chercheuse associée à l'IRIS (CNRS, EHESS). Elle travaille notamment sur les questions éthiques relatives aux personnes en situation de handicap.
Loin de se présenter comme une simple prise de position Pour ou Contre l'eugénisme et l'euthanasie, l'auteur montre en quoi cette gestion de la naissance et de la mort trouve son origine dans des présupposés philosophiques qui inscrivent notre relation à la vie dans une logique de maîtrise . Suffit-il de se déclarer contre l'eugénisme ou l'euthanasie pour se libérer vraiment de ce qui les rend possibles ? Notre rapport à la naissance, à la vie et à la mort, n'est-il pas à réinventer pour qu'en ce monde nous puissions véritablement bien naître, bien vivre et bien mourir ?
Les techniques qui permettent le diagnostic prénatal et légitiment les interruptions médicales de grossesse sont-elles ressenties par les personnes handicapées comme une invalidation de leur vie ou au contraire, devant les difficultés occasionnées par leur déficience, perçues comme un progrès ? Telles sont les questions qui ont engagé les auteurs dans une étude de plus de trois années. Elles ont recueilli les analyses de tous ceux et celles qui, touchés par un handicap moteur et donc prioritairement concernés, souhaitaient s'exprimer sur ce sujet. Elles nous transmettent leurs réflexions étonnantes, à la fois pertinentes et émouvantes, qui bouleversent les idées reçues et poussent le lecteur dans ses retranchements. Qui peut décider que telle vie n'a pas de raison d'être ? Quel regard la société porte-t-elle sur les personnes handicapées ? Mettre en oeuvre les connaissances scientifiques pour tenter par les thérapies géniques de les éliminer dispense-t-il la société de se préoccuper de la qualité de la vie des personnes handicapées et de leur accompagnement au quotidien ?
En votant une loi dans l'urgence, le 4 mars 2002, le législateur pensait mettre un terme à la jurisprudence Perruche et à un mouvement social qui, une fois déclenché, risquait de menacer l'avenir de la médecine obstétrique et échographique. Mais cette loi a-t-elle réglé la question ? L'arrêt Perruche et l'augmentation des procès pour non diagnostic d'anomalies foetales ont-ils des répercussions sur les pratiques des médecins et, dans l'affirmative, quels changements cela occasionne-t-il ? Nicole Diederich est sociologue chargée de recherches à l'INSERM (Paris). Danielle Moyse est professeur de philosophie (Paris).