Daniel SANGSUE
Daniel SANGSUE
Stendhal - le sait-on ? - a passé une bonne partie de sa vie à étudier l'art de Molière et à essayer d'écrire des comédies. Si ses tentatives de comic bard ont toutes échoué, elles ont néanmoins laissé des traces profondes dans son oeuvre, marquant en particulier ses romans. Les contributions réunies dans le présent ouvrage tirent les conséquences de l'intérêt manifesté par Stendhal pour toutes les formes de comique. Elles analysent l'empreinte de la comédie dans l'écriture romanesque, d'Armance à Lamiel, et la place du comique, ainsi que de catégories comme l'humour, l'ironie, l'autodérision, la satire, la parodie, la caricature ou le grotesque dans les écrits théoriques et autobiographiques de celui qui affirmait que « rien, ou presque rien, ne lui semblait valoir la peine qu'on en parle avec gravité ».
Notion passe-partout, séduisante par l'incertitude même de ce qu'elle recouvre, la parodie est utilisée à tort et à travers dans les études littéraires comme dans la vie quotidienne. Le présent essai montre qu'elle recouvre une opération précise, liée à l'origine à une certaine technique de citation, et devenue par la suite un genre littéraire. De La poétique d'Aristote à Palimpsestes de Gérard Genette, des rhétoriques de l'Antiquité, aux dernières théories anglo-saxonnes, en passant par les formalistes russes et Bakhtine, l'auteur s'attache aux différentes conceptions de la parodie à travers les âges. Il en propose sa propre définition, en esquisse une poétique, parcourt ses objets privilégiés et s'interroge sur les mécanismes de sa lecture.
Un professeur de littérature à la retraite achète dans l'Aveyron un presbytère du dix-huitième siècle, accolé à une église désaffectée et donnant sur un cimetière de campagne. Une fois installé, il découvre que ce presbytère est hanté par un esprit frappeur. Loin d'être effrayé, il s'y intéresse de très près en qualité de spécialiste de la pneumatologie, la science des fantômes. En cherchant à se renseigner sur cet esprit, il exhume un Journal, dont les larges extraits reproduits donnent à lire une subtile parodie de textes du XIXe siècle. Comprenant à travers ces documents les raisons de la présence de cette âme en peine à sortir du purgatoire. Un roman alerte, érudit, qui sous le couvert du fantastique et de l'humour aborde des questions intimes et essentielles autour de la spiritualité. Daniel Sangsue a enseigné dans des universités suisses et françaises. Outre des ouvrages sur Stendhal, le récit excentrique, la parodie, il a publié des essais sur les fantômes : Fantômes, esprits et autres morts-vivants, José Corti ; Vampires, fantômes et apparitions, Hermann ; Journal d'un amateur de fantômes, la Baconnière. Il est aussi romancier, sous le pseudonyme d'Ernest Mignatte.