Cyrille Koupernik
Cyrille Koupernik
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Qu'est-ce qu'un être déséquilibré ? Et à partir de quoi s'établit et se maintient notre équilibre nerveux et psychique ? Ce sont là des questions que chacun de nous est amené à poser tant pour soi-même que pour son entourage, et notamment ses interlocuteurs dans le domaine professionnel. En présence de telles incertitudes à vrai dire quotidiennes et normales, on ne s'adresse pas volontiers au psychiatre dont le simple contact nous apparaît facilement comme perturbant et même infamant. Pourtant, c'est bien lui qui saurait nous répondre non pas sous forme d'un diagnostic accablant, mais dans la simple communication de son expérience clinique. De cette expérience, le Docteur Koupernik nous apporte le bienfait à beaucoup d'égards libérateur. Au cours d'une conversation d'un ton très direct qui enlève à ce livre toute apparence de « traité », nous accomplissons une sorte de voyage circulaire qui fait apparaître tous les grands aspects de l'équilibre mental. Nous voyons intervenir dans la constitution de la personnalité, le soubassement neurologique et glandulaire, les facteurs proprement psychologiques, le milieu social et l'hérédité. Les difficultés et troubles de la vie mentale, ainsi que les possibilités de traitement entrent tout naturellement dans cette vision globale du psychisme. Son équilibre se révèle ainsi comme à la fois précaire et étonnamment solide, souvent menacé mais susceptible de magnifiques rétablissements. Le « roseau pensant » - image non seulement philosophique mais proprement psychiatrique de l'être humain.
Nul n'était plus qualifié que Koupernik pour entreprendre cette vaste synthèse de nos appréhensions. Il a peur de l'autorité, il redoute les lieux élevés et, bien qu'il sache nager, la terreur lui vient parfois de perdre la tête, et par là même la vie, au milieu d'un fleuve. Il a la crainte des guêpes et des araignées, la folie des gares. À chaque fois qu'il doit prendre l'avion, son imagination malfaisante lui fait prévoir de gigantesques embouteillages sur la route... et il arrive à l'aéroport, quand il n'est pas trop inquiet, avec deux bonnes heures d'avance... Il redoute également de téléphoner à une administration de peur de ne pas comprendre ou de ne pas retenir. Il est vraisemblable qu'il dispose au sein de son cerveau d'un système d'inhibition comportementale, mais son éditeur a préféré lui faire confiance plutôt que d'engager les frais qu'entraînerait un scanner.