Claudio Bolzman
Claudio Bolzman
Au gré des différents chapitres de cet ouvrage, tantôt chiffrés, tantôt narratifs sur l'histoire et le vécu des frontaliers, le terme d'Étrangers familiers utilisé pour les définir prend tout son sens. Ces étrangers venus de l'autre côté de la frontière font également partie d'un espace transfrontalier qu'ils pratiquent au quotidien, par leur travail, leurs relations, leurs achats et loisirs, et qui les rend donc familiers. À travers des éléments conceptuels, des données empiriques et des histoires de vie, cet ouvrage interdisciplinaire rassemblant les travaux de sociologues, d'économistes et d'anthropologues fournit des éléments donnant à comprendre le phénomène de travail frontalie en Suisse dans toute sa diversité.
On les appelle mineurs non accompagnés, mineurs isolés ou encore enfants séparés. Ces dénominations différentes traduisent la difficulté à saisir la complexité et la diversité des situations qu'ils vivent, même s'ils ont en commun le fait d'être âgés de moins de 18 ans et d'avoir migré vers d'autres Etats sans un adulte qui soit responsable d'eux. Cet ouvrage interdisciplinaire réunit et synthétise onze contributions provenant de la sociologie, du droit, de l'anthropologie, de la communication, des sciences de l'éducation, de la psychologie sociale et du travail social.
Au-delà des enjeux de transition propres à leur âge, les jeunes migrant·e·s avec un statut de séjour précaire, vivent des cursus scolaires et professionnels dans lesquels ils rencontrent des obstacles spécifiques à ces statuts de séjour particuliers. Les règlementations strictes qui régissent le séjour ont des conséquences sur leur parcours de formation et plus largement leur intégration. Ils et elles doivent trouver leur voie entre pays d'origine et pays de résidence, oscillant entre l'attente d'une stabilisation et la peur d'un renvoi, navigant entre une orientation dans des filières classiques ouvertes et des formations professionnelles duales qui leur sont fermées. En présentant à la fois le dispositif de prise en charge, la vision des professionnel·le·s du social et de l'éducation, ainsi que la vision des jeunes eux-mêmes, cet ouvrage offre un éclairage renouvelé de ces transitions multiples.
Ce livre regroupe diverses contributions illustrant les complémentarités entre les notions du développement local d'une part, et du transnationalisme, d'autre part. Ces préoccupations sont articulées à l'aune d'une approche interculturelle. Les interventions interculturelles dans les situations de transnationalité sont abordées, ainsi que la pratique des formations en contexte transnational.
Difficultés scolaires et comportementales des élèves apparaissent de plus en plus souvent dans les discours publics comme étant liées à l'origine « ethnique » des élèves. Les explications culturalistes ont pris le pas sur les explications de la problématique liées à l'origine sociale. Ce changement de paradigme est d'importance et déplace par là même, souvent sans véritable analyse, le type d'actions remédiatrices à apporter. L'École et l'élève d'origine étrangère met en lumière la genèse, à Genève depuis les années soixante, de l'élève étranger comme catégorie de pensée et d'action publique. Fondée sur l'analyse d'un vaste corpus, cette recherche met en évidence les actions de militants en faveur de la reconnaissance du droit à l'éducation pour chaque enfant, ainsi que les discours et mesures visant la catégorie des élèves d'origine étrangère, émanant d'acteurs politiques, de pédagogues, du Département de l'Instruction publique, ou encore des instances supranationales et nationales. La mise en évidence d'une « ethnicisation » de la question pédagogique permettra aux praticiens, chercheurs et politiciens de reconsidérer certaines habitudes de pensée et catégorisation, pour une remise en cause de l'action en milieu scolaire.