Claudine Chonez
Claudine Chonez
Chaque existence, même la plus solitaire, est un maillon invisible mais essentiel. Les maillons de la chaîne de Claudine Chonez explore ces liens fragiles et profonds qui unissent les êtres, au-delà des mots et des apparences.
Sur un territoire tout en reliefs, accidents et contrastes, par un réalisme transposé se trouvent impliqués corps et âme, depuis l'identification panique aux événements et conditions du monde jusqu'à l'arrachement, « Du bouche-à-bouche dans le miroir » au « C'est au Rien que la joie fait signe ». Poésie de lutte avec l'ange et d'obstination à traquer la révélation permanente dans l'incarné, l'élémentaire et le mouvement du temps. Claudine Chonez saisit la métaphore à bras-le-corps, pétrit l'image, se hisse de la racine à la cime, glisse et recommence. Jouant avec tout le registre de l'ambiguïté d'un verbe poétique bien affronté, Claudine Chonez s'attaque à tous les verrous de notre cloisonnement et encloisonnement, afin « que mille vagues effacent les serrures du corps ». Gérard Murail
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Un jour entre les autres d'un couple qui, longtemps séparé, s'est reformé pour un amour neuf et plus haut. A l'égoïsme possessif de naguère, à la dévorante absorption qu'il a connue dans sa passion pour Anne-Marie, Yvan voit succéder en lui le désir d'une pleine et libre union érotique et spirituelle, d'où le monde des hommes ne sera pas exclu. Teresa l'aide à réaliser cette merveilleuse passion fraternelle rêvée jadis dans le mythe de l'androgyne. Cependant, l'Ange du « nous » veille sur eux très lyriquement, avec une tendresse parfois teintée d'ironie. Après L'Ascenseur et Ils furent rois tout un matin, Claudine Chonez donne, avec La mise à nu, une oeuvre toute en nuances, littérairement exigeante et qui constitue, en elle-même et par ses prolongements sensibles, un véritable poème romanesque.
Ils furent rois tout un matin exprime la rencontre de Jean Lost, l'ancien marin assoiffé d'absolu et de Nadia, la petite fille. Ce roman est celui des « Coeurs simples » et des « Enfants qui s'aiment ». Il pourrait tout aussi bien s'intituler « Les mystères de l'amour ». Quoi en effet de plus mystérieux que la passion, plus forte que la mort, née entre deux enfants perdus que tout devrait séparer : l'âge, les lois sociales et celles de la solitude ? Échange qui n'est peut-être pas tout à fait « l'amour », où n'entre ni sexualité si peu que ce soit, ni déviation de paternité. Ferveur illégale, pour laquelle la société n'a qu'une expression toute faite : rapt de mineure. L'évasion loin du monde adulte écrasant et fermé semble pourtant naturelle lorsque se rencontrent deux êtres vrais, ingénus, c'est-à-dire inadaptés au très bas niveau d'une vie qui méconnaît habituellement les désirs du coeur et de la poésie. S'il est fatal que cela tourne mal, du moins y a-t-il eu de la joie.
Parvenue au milieu du chemin de la vie, Geneviève constate que son existence, comme celle de tout être qui essaie de progresser, s'est passée à chercher si malgré les fautes et les échecs répétés, il est possible de sortir de la solitude, du monde hostile des objets, des masques, du malentendu, de la tricherie - s'il est possible de communiquer autrement et mieux que par les différentes sortes de possession, l'érotisme avide, la torture même dont notre époque est si friande ? Revivant ses souvenirs, de l'enfance à la maturité, de l'amie à l'amant, à l'aimé, d'Annie à Jacques et puis à Jean, elle découvre un nouveau sens à l'érotisme, à l'amour, et redécouvre le mot : « bonté », qui n'est jamais écrit dans notre littérature. Le ton est jusqu'à un certain point celui du nouveau roman, mais la question est celle-ci : un échange entre deux êtres libres peut-il faire éclater la prison de l'absurde ?