Christian Viguié
Christian Viguié
Ce qui compte, c'est la parole du poète, et l'effet produit sur nous. « Peut-on écrire à partir d'une chaise, du simple fait d'ouvrir une porte. d'allumer un feu, de regarder le vieil évier d'où s'écoulent plus d'étoiles et de nuit que d'eau ? » demande l'auteur dès les premières lignes de son texte. La réponse est : « Oui ». D'autres l'ont fait à leur manière : Cadou, Ponge, Guillevic, Follain... Livres d'heures éblouies, regard sur un pays lumineux, « histoire profonde du réel », le recueil de Christian Viguié a cette vibration singulière à laquelle on reconnaît la poésie. Jean Orizet
Il y a l'ombre d'un arbre l'ombre d'une montagne mais je préfère une ombre plus grande celle de mon bol Elle est comme une lune noire sur ma table. * Cela me fait du bien de dire le ciel est le ciel une pomme est une pomme Il suffit d'ouvrir ma porte de regarder ce qui est Pourtant quelque chose se détériore à l'intérieur du regard et des mots les serrures du silence le jour dépouillé n'importe quelle sentence la cérémonie du vent comme si la première définition du réel était de nous faire tenir au bord du vide Pourquoi le réel ne serait-il pas un enfant qui danse quand il danse un enfant qui dort quand il dort un enfant que nous pourrions nommer uniquement avec nos lèvres perdues ?
Il y a l'ombre d'un arbre l'ombre d'une montagne mais je préfère une ombre plus grande celle de mon bol Elle est comme une lune noire sur ma table. * Cela me fait du bien de dire le ciel est le ciel une pomme est une pomme Il suffit d'ouvrir ma porte de regarder ce qui est Pourtant quelque chose se détériore à l'intérieur du regard et des mots les serrures du silence le jour dépouillé n'importe quelle sentence la cérémonie du vent comme si la première définition du réel était de nous faire tenir au bord du vide Pourquoi le réel ne serait-il pas un enfant qui danse quand il danse un enfant qui dort quand il dort un enfant que nous pourrions nommer uniquement avec nos lèvres perdues ?
Enfant, je n'avais pas besoin encore de mots. L'ensoleillement suffisait. Pour cela, il fallait sortir de la maison que l'on nommait « Le moulin ». Il s'agissait en réalité d'une demeure très sombre et humide qui surplombait une rivière - le Lot - et dont un des murs jouxtait celui d'une usine. Se délivrer, c'était diriger ses pas vers les jardins ouvriers. Là, un peuple d'iris vous accueillait. La gravité heureuse provenait des herbes, du ciel qui s'ajoutait comme un fruit de plus entre les branches d'un vieux pêcher. Plus loin, se dressait un cerisier qui plongeait ses racines jusqu'au bord de l'eau où sommeillaient des barques noires, goudronnées. La boussole transparente des libellules survolait le territoire, le délimitait, indiquait que le jour s'offrait entre nécessité et distraction. Leurs danses amoureuses semblaient ignorer l'odeur entêtante des barques et se terminaient momentanément sur le rebord tremblant de celles-ci ou sur une herbe qui ployait jusqu'à iriser l'eau.
Il n'y avait pas eu encore tous ces morts lorsqu'il toucha le buis et que s'échappait seule l'histoire d'un nuage, puis celle d'une pierre qu'il voulut longtemps garder comme un éparpillement d'oiseaux dans le ventre du temps.
Retrouver un assassin alors qu'il n'y a pas de crime pas plus qu'il n'y a de victime... Le hasard fait souvent mal les choses. Pour l'avoir croisé au moins une fois dans sa vie, Marc Daveti se retrouve embarqué dans une histoire qui va bientôt le dépasser. Il partira à la poursuite de fantômes comme celui de Jean Filiol, chef de la Milice à Limoges. Petit à petit, des noms d'anciens cagoulards ressortent de l'ombre. Il ne comprend pas pourquoi le passé ressurgit surtout qu'il n'a aucun rapport avec l'enquête dont il s'est chargé : retrouver un assassin alors qu'il n'y a pas de crime pas plus qu'il n'y a de victime. Un vieux flic à la retraite se joindra à lui. En plus de se détester, ils ont pour adage commun : « plus on est de fous moins on rit ». Plongez dans ce polar et suivez pas à pas une enquête qui fera ressurgir le passé !