Carole Fives
Carole Fives
Les tribulations de deux auteures au caractère bien trempé, aux prises avec une commande d'écriture à quatre mains sur un quartier à l'histoire ouvrière en berne. On s'amuse des rendez-vous ritualisés qu'elles se fixent dans tous les cafés du coin pour y faire le point sur l'avancée de leurs investigations. Un comique de situation largement exploité dans leurs échanges à bâtons rompus autour d'une histoire en train de s'écrire, de personnages en mal de dramaturgie, ou encore de conflits d'égo... Les difficultés de l'exercice de la commande sont traitées au fil de dialogues doux amers vivifiants qui nous invitent dans l'envers du décor. Si la fiction s'inscrit ici dans une forme de réalité, c'est bien elle qui l'emporte, au final. Une adaptation est disponible gratuitement avec l'ouvrage, à télécharger sur le site internet de La Contre Allée à
"Vous avez eu la pilule, l'IVG, on vous a tout apporté sur un plateau doré et vous venez encore vous plaindre ! On a fait notre part, c'était à vous de saisir le relais qu'on vous tendait à bout de bras, bande d'ingrates ! Qu'est-ce que vous avez fichu pendant tout ce temps ? Travaillé, travaillé, mais enfin, ça ne vous empêchait pas de vous battre pour vos droits. Après le boulot, après avoir couché le gosse et terminé ton ménage, après avoir appelé ta vieille mère, il te restait encore un peu de temps pour militer, non ? Au lieu d'aller chez le psy... Ah, t'en auras perdu du temps et de l'argent avec ça, mais c'est pas chez les psys qu'on fait la révolution, ma fille." Après le succès d'Une femme au téléphone, Appel manqué signe le grand retour de Charlène, soixante-treize ans, plus déjantée que jamais. Quand la solitude lui pèse, elle bombarde sa fille de messages téléphoniques, qui sont autant de reproches, d'appels à l'aide et de révélations. Qu'ont à transmettre les "boomeuses" ? MeToo peut-il rapprocher les générations ? Portrait d'une mère qui appuie toujours là où ça fait mal, ce roman drôle et mordant interroge aussi le rapport au féminisme à tous les âges.
"Vous avez eu la pilule, l'IVG, on vous a tout apporté sur un plateau doré et vous venez encore vous plaindre ! On a fait notre part, c'était à vous de saisir le relais qu'on vous tendait à bout de bras, bande d'ingrates ! Qu'est-ce que vous avez fichu pendant tout ce temps ? Travaillé, travaillé, mais enfin, ça ne vous empêchait pas de vous battre pour vos droits. Après le boulot, après avoir couché le gosse et terminé ton ménage, après avoir appelé ta vieille mère, il te restait encore un peu de temps pour militer, non ? Au lieu d'aller chez le psy... Ah, t'en auras perdu du temps et de l'argent avec ça, mais c'est pas chez les psys qu'on fait la révolution, ma fille." Après le succès d'Une femme au téléphone, Appel manqué signe le grand retour de Charlène, soixante-treize ans, plus déjantée que jamais. Quand la solitude lui pèse, elle bombarde sa fille de messages téléphoniques, qui sont autant de reproches, d'appels à l'aide et de révélations. Qu'ont à transmettre les "boomeuses" ? MeToo peut-il rapprocher les générations ? Portrait d'une mère qui appuie toujours là où ça fait mal, ce roman drôle et mordant interroge aussi le rapport au féminisme à tous les âges.
"Je tricote pour le petit. Je lui fais une écharpe avec une vieille pelote de laine qui me restait, j'ai voulu l'utiliser mais c'est trop épais pour moi, et puis la couleur est moche... Mais enfin du moment que c'est fait main, c'est bien. C'est combien de centimètres une écharpe pour un bébé ? Un mètre ? Tu es sûre ? Mais un mètre c'est énorme pour un bébé non ?" Charlène, la soixantaine, est restée jeune. Mais quand le vide l'envahit soudain, elle enchaîne les appels téléphoniques à sa fille. Mère touchante et toxique à la fois, elle l'atteint toujours là où ça fait mal.
"Je tricote pour le petit. Je lui fais une écharpe avec une vieille pelote de laine qui me restait, j'ai voulu l'utiliser mais c'est trop épais pour moi, et puis la couleur est moche... Mais enfin du moment que c'est fait main, c'est bien. C'est combien de centimètres une écharpe pour un bébé ? Un mètre ? Tu es sûre ? Mais un mètre c'est énorme pour un bébé non ?" Charlène, la soixantaine, est restée jeune. Mais quand le vide l'envahit soudain, elle enchaîne les appels téléphoniques à sa fille. Mère touchante et toxique à la fois, elle l'atteint toujours là où ça fait mal.
"Elsa ferma les yeux et soupira d'aise. Quand elle les rouvrit, elle croisa ceux de Béatrice, en photo sur la table de chevet. Son regard bleu la pénétra violemment. Que fais-tu chez moi ? Que fais-tu dans mes draps ?" Pour Elsa qui a lu tous les livres de la regrettée Béatrice Blandy, l'écrivaine incarnait la réussite, le prestige et l'aisance sociale qui lui font défaut. Lorsque l'occasion se présente de rencontrer celui qui fut le mari de Béatrice, Elsa cède à la tentation. Fascinée, la jeune femme va peu à peu se glisser dans la vie de sa romancière fétiche. Se perdra-t-elle dans ce jeu de miroirs qui lui révèle d'insoupçonnées facettes d'elle-même ?
"Elsa ferma les yeux et soupira d'aise. Quand elle les rouvrit, elle croisa ceux de Béatrice, en photo sur la table de chevet. Son regard bleu la pénétra violemment. Que fais-tu chez moi ? Que fais-tu dans mes draps ?" Pour Elsa qui a lu tous les livres de la regrettée Béatrice Blandy, l'écrivaine incarnait la réussite, le prestige et l'aisance sociale qui lui font défaut. Lorsque l'occasion se présente de rencontrer celui qui fut le mari de Béatrice, Elsa cède à la tentation. Fascinée, la jeune femme va peu à peu se glisser dans la vie de sa romancière fétiche. Se perdra-t-elle dans ce jeu de miroirs qui lui révèle d'insoupçonnées facettes d'elle-même ?
"Et l'enfant ? Il dort, il dort. Que peut-il faire d'autre ?" Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans personne pour l'aider, elle vit avec lui une relation fusionnelle. Alors, certaines nuits, la mère s'autorise à fuguer. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus longtemps, à la poursuite d'un semblant de légèreté. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore?
"Et l'enfant ? Il dort, il dort. Que peut-il faire d'autre ?" Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans personne pour l'aider, elle vit avec lui une relation fusionnelle. Alors, certaines nuits, la mère s'autorise à fuguer. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus longtemps, à la poursuite d'un semblant de légèreté. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore?
' Toute l'intelligence du monde ne peut rien y faire, l'art est avant tout une affaire d'émotion. ' Quand la narratrice s'inscrit aux Beaux-Arts, au début des années 2000, la peinture est considérée comme morte, détrônée par l'art conceptuel et les multimédias. Les professeurs découragent les vocations, les galeries n'exposent plus de toiles. Devenir peintre est pourtant son rêve. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l'école. Un lieu de création en marge, en rupture. Pendant ces années d'apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le mépris. L'avenir semble bouché. Mais quelque chose résiste, intensément.
' Toute l'intelligence du monde ne peut rien y faire, l'art est avant tout une affaire d'émotion. ' Quand la narratrice s'inscrit aux Beaux-Arts, au début des années 2000, la peinture est considérée comme morte, détrônée par l'art conceptuel et les multimédias. Les professeurs découragent les vocations, les galeries n'exposent plus de toiles. Devenir peintre est pourtant son rêve. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l'école. Un lieu de création en marge, en rupture. Pendant ces années d'apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le mépris. L'avenir semble bouché. Mais quelque chose résiste, intensément.
Peintre de formation, Léonore a cessé de peindre pour enseigner. À plus de quarante ans, elle n'a pas créé la grande oeuvre dont elle rêvait, n'a ni famille ni enfant. Du jour au lendemain, elle décide de s'envoler vers le Portugal, le pays de José, son premier amour, disparu tragiquement à dix-neuf ans, disparition dont elle se sent encore aujourd'hui responsable. Dans ce récit raconté au jour le jour, Carole Fives parvient à retranscrire, avec humour et sensibilité, la fragilité de nos existences, tout en évoquant, avec beaucoup de pudeur, le destin ordinaire d'une famille d'immigrés, s'installant en France dans les années soixante-dix.
Peintre de formation, Léonore a cessé de peindre pour enseigner. À plus de quarante ans, elle n'a pas créé la grande oeuvre dont elle rêvait, n'a ni famille ni enfant. Du jour au lendemain, elle décide de s'envoler vers le Portugal, le pays de José, son premier amour, disparu tragiquement à dix-neuf ans, disparition dont elle se sent encore aujourd'hui responsable. Dans ce récit raconté au jour le jour, Carole Fives parvient à retranscrire, avec humour et sensibilité, la fragilité de nos existences, tout en évoquant, avec beaucoup de pudeur, le destin ordinaire d'une famille d'immigrés, s'installant en France dans les années soixante-dix.
« On s'est tous retrouvés à la gare de la Part-Dieu vers sept-huit heures. Maman avait son rendez-vous en début d'après-midi et elle n'avait qu'une peur, le rater. Le GPS annonçait cinq heures de route. On est partis avec la Peugeot à sept places. Papa et Maman devant, et nous, les quatre enfants, derrière, comme à la belle époque. Il ne manquait que les scoubidous et les cartes Panini.Papa a toujours eu une conduite assez brusque mais alors là, on aurait dit qu'il le faisait exprès. De la banquette arrière, je voyais Maman, à l'avant. Elle ne disait rien mais, à chaque fois que Papa freinait, ou accélérait, son visage se crispait. J'en avais mal pour elle.À un moment, il y a eu une énorme secousse, c'est sorti tout seul, je n'ai pas pu me retenir, mais c'est pas vrai ! Il va tous nous tuer ce con ! »Édith se sait gravement malade. Elle a convaincu son mari et leurs quatre enfants de l'accompagner à Bâle, en Suisse, où la mort volontaire assistée est autorisée. Elle a choisi le jour et l'heure. Le temps d'un dernier week-end, chacun va tenir son rôle, et tous vont faire l'expérience de ce lien inextricable qui soude les membres d'une famille. Dans un road trip tendre et déchirant, Carole Fives dresse avec délicatesse le tableau d'un clan confronté à l'indicible et donne la parole à ceux qui restent.
Il y a les vies que nous aimerions vivre... et celles que nous vivons, faites de compromis, de doutes, de fantasmes : le fils qui fait de la scène pour attirer l'attention de son père, la jeune femme qui comprend que ses opérations de chirurgie plastique n'ont pas réglé ses problèmes, la fan de David Bowie qui perd le sens de la réalité, l'homme qui à force de ratures, de biffures sur son agenda se rend compte que c'est son existence qu'il annule jour après jour, la victime de viol dans le déni qui relate son agression comme s'il s'agissait d'une histoire d'amour, le photographe Rmiste en panne de modèles... Avec un style concis, direct, très contemporain, cru sans jamais être cruel, Quand nous serons heureux porte un regard à la fois corrosif et humoristique sur les parents, les enfants, les amants, les maris et les femmes... Bref, sur la société et sur ses failles.
Certains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. Années 80. Déferlante rose sur la France. Première grosse vague de divorces aussi. à la télé, Gainsbourg, Benny Hill et le Top 50. Un frère et une soeur sont éloignés. Vacances, calendriers, zone A, zone B. La séparation est vécue différemment par chacun. Chacun son film, sa version, le père, la mère, la soeur. Chacun sa chanson. Un seul se tait, le cadet. Lui, ne parle pas, il attend. Huit ans, neuf ans, dix ans... Dans les familles, les drames se jouent mais ne se disent pas. Huit ans, vingt ans trente ans... Que nos vies aient l'air d'un film parfait est un livre sur l'amour fraternel, celui qui seul permet de traverser ces années sauvages, ces plages d'enfance.
« Si le confinement ne met pas les mères célibataires en lumière, il permet cependant à tous de percevoir l'isolement et l'enfermement qu'elles ressentent tout au long de l'année. Ce qu'on vit tous en ce moment, c'est leur vie. Impossible de travailler. Impossible de sortir. Impossible de faire du sport. Impossible de penser. En mode survie. En mode suffocation. En mode vivement qu'on en sorte. Vous en sortirez dans quinze jours, un mois, deux mois. Elles en ont pris pour quinze ans minimum.. » Carole Fives
«Tu viens quand alors? Bientôt quand? Ton frère dit ça aussi mais je ne vous vois plus que pour Noël... Pourquoi tu ne demandes pas ta mutation? Si vous viviez plus près, je vous inviterais à manger, j'irais chez vous faire le ménage... Si par malheur vous n'aviez plus d'argent, je m'occuperais de vous. Je pourrais même vous aménager la cave, y installer le chauffage pour l'hiver, elle est grande, vous auriez toute la place. Tatata, tu verras quand tu auras mon âge. Tu penseras à moi, à tout ce que je te disais. Tu diras, eh oui, maman avait raison et j'avais tort, et maintenant elle n'est plus là... Une mère, on n'en a qu'une, vous devriez en profiter...» Charlène, la soixantaine, est restée jeune. Mais quand le vide l'envahit soudain, elle enchaîne les appels téléphoniques à sa fille. Mère touchante et toxique à la fois, elle l'atteint toujours là où ça fait mal.