Bouchra Benbella
Bouchra Benbella
Essayiste, poète, romancier et professeur, Najib Redouane est auteur de plusieurs ouvrages critiques et de nombreux articles dans le domaine des littératures francophones du Maghreb, des Antilles, de l'Afrique ainsi que des écrivains francophones en exil. Les vingt-sept études réunies dans cet ouvrage présentent des réflexions autour des six romans de Najib Redouane, en recourant à différentes approches : psychanalytique, sociologique, écocritique, thématique, topologique et narratologique. Ils convergent tous vers l'idée que son écriture romanesque rend compte de « l'inhumanisation » de l'homme et de l'iniquité sous toutes ses formes : politique, sociale, économique, écologique et émotionnelle. Son désir de dire la réalité de la condition humaine fait de lui un écrivain de littérature-monde.
Rachida El Ansari Zaki est une auteure maroco-italienne qui vient de commencer sa carrière d'écrivaine par un recueil de poèmes, Voyage d'un soupir... entre absence et attente, et un roman-fleuve, Mémoire des valises, écrits en arabe. De formation autodidacte, elle a pourtant su se démarquer par un style riche en émotions dont rend compte une plume trempée dans la noirceur de son vécu amer, ayant enduré l'abandon et l'exiliance en tant que condition et conscience. Ce collectif, qui réunit treize études appartenant à des chercheurs universitaires marocains des États-Unis, du Canada et du Maroc, vise à mettre en valeur la spécificité de cette écrivaine qui est parvenue à construire son image de soi dans et par l'écriture et à se construire, de facto, une appartenance à un espace scriptural qui lui est propre et qu'elle contrôle.
(dix récits de voyage écrits entre 1886 et 1913) Cité oubliée (Isabelle EBERHARDT) ou mystérieuse (Joseph CANAL), Oujda ne stimulait point la curiosité du voyageur français avant les dernières décennies du XIXe siècle. Depuis, cette ville frontalière située sur les confins algéro-marocains sort de l'ombre en jouant un rôle capital dans les relations politiques et culturelles entre le Maroc et la France. Bien avant le traité de Fès de 1912, le 25 mars 1907, le gouvernement français décide d'occuper la capitale de l'Oriental afin de garantir la sécurité de ses frontières puisque les partisans de l'Emir Abdelkader ont fait de cette cité marocaine une base militaire où ils organisaient leurs attaques contre le colonisateur français. Oujda la belle, a réussi à séduire plusieurs voyageurs français de la fin du XIXe et du début du XXe siècles, ayant différents profils (militaires, scientifiques, exotes...). Ils en ont présenté un tableau chromatique et vivant où un jeu de couleurs, de lumières et de perspectives créent un exotisme flamboyant et donnent une vision plastique de l'espace d'Oujda, pour le plaisir des yeux.