Bernard Laurent
Bernard Laurent
Goethe n’a jamais cessé d’affirmer qu’un conte devait toujours avoir une fonction qui le justifie « sans quoi il ne serait que pure vacuité ou divertissement sans profondeur ». Fort de cette assertion, Laurent Bernard, livre ici son analyse du troisième et dernier conte publié par Goethe franc-maçon (en 1817) intitulé La Nouvelle Mélusine. L’histoire est celle d’un jeune homme « débrouillard » qui rencontre dans une auberge une femme d’une grande beauté. Elle lui confie un coffret mystérieux et une clé qui « ouvre toutes les serrures ». Sa seule tâche sera d’accompagner le coffret dans son voyage et de le déposer chaque soir dans une chambre spéciale fermée à clé. Évidemment, c’est un voyage symbolique qui commence pour le jeune aventurier dont les différentes étapes seront autant d’épreuves initiatiques. Ainsi Goethe livre-t-il un enseignement universel et intemporel sur les obstacles à la quête initiatique, et jette en passant quelque éclairage sur la clé du grade de Maître secret.
Das Märchen, en français Le Conte, plus connu aujourd'hui sous l'intitulé Le Serpent Vert, a été publié en 1795. Chronologiquement, il précède deux autres contes initiatiques écrits par Goethe : Le nouveau Pâris (1811) et La nouvelle Mélusine (1817) qui forment avec lui une trilogie de sens. Le Conte expose, sous le voile du symbole et de l'allégorie, le parcours de ces hommes qui, à partir du moment où ils ont pris conscience de l'existence d'un état supérieur à leur condition strictement humaine, décident de rectifier leur nature première défaillante, avec humilité mais aussi détermination, seule attitude pouvant conduire, un jour peut-être, à la sagesse. Symbole de l'esprit qui s'éveille, se purifie et se transforme pour découvrir la royauté en esprit et participer ainsi à l'accomplissement d'une création lumineuse reliant les mondes, le Serpent Vert dévoile le sens profond des différentes étapes du voyage initiatique.