Bernard Gustau
Bernard Gustau
Par une aube glacée de novembre, Kevin Moreau, travaillant dans le Parc National de la Vanoise, découvre à proximité du refuge de l'Arpont une jeune femme à demi inconsciente et sa petite fille de trois ans, au bord de la mort par hypothermie. Zara, ressortissante ouzbèke, a fui Tachkent après l'assassinat de son mari journaliste par la police secrète. Elle a traversé l'Europe pendant des semaines, à pied, dans les camions et sur les embarcations de fortune, avec pour seul objectif rejoindre une cousine à Chambéry. Homme de montagne discret et solitaire, Kevin prend une décision qui va bouleverser sa vie : il les recueille clandestinement dans son chalet de Montagnole, tenu à l'écart de la ville et de ses regards. Avec l'aide de quelques amis fidèles - une ancienne professeure de lettres, un avocat discret, un capitaine de gendarmerie - il engage un long combat pour régulariser la situation de Zara et protéger Anya, inscrite à l'école maternelle sous une identité de fortune. Entre les leçons de français, les soirées au coin du feu et les promenades au bord du lac du Bourget, une intimité naît entre ces deux êtres que tout oppose. Mais le passé de Zara n'a pas lâché prise. Un homme sans histoire officielle, Surat, ancien des forces spéciales soviétiques reconverti en « nettoyeur », referme son étau sur Chambéry. Ce qu'il cherche : des documents compromettants et l'élimination des témoins.
1977, North Tonawanda, État de New York. Pour célébrer les trente-cinq ans de son épouse, John, chef de projet à l'ambition tranquille, a tout organisé : un week-end dans le domaine somptueux de Castel Rose, propriété familiale, transformé en refuge exotique en plein coeur de l'hiver. L'idée est simple : réunir autour de Barbara, son épouse psychothérapeute, ses meilleurs amis d'université pour un jubilé joyeux, un retour aux années où tout semblait possible. Mais le ciel menace. Alors que les convives arrivent, des couples en apparence solides, des âmes en quête, des coeurs brisés en silence, un blizzard historique s'abat sur la région, coupant toute communication et transformant le Castel Rose en forteresse isolée. L'urgence climatique force une autre urgence : celle de la vérité. Coupés du monde, sans échappatoire, les vieux camarades se retrouvent enfermés en un huis clos implacable. Les masques de la réussite sociale et des mariages de façade se fissurent. Les blessures de l'enfance, les désirs inavoués et les secrets enfouis refont surface avec la violence des rafales de vent. Qui survivra indemne à cette tempête ? Non pas à la neige qui blanchit le parc, mais à la vague de révélations qui va les forcer à affronter qui ils sont vraiment. Le blizzard va passer. Mais ses effets...
Dans les plaines canadiennes, la jeune anthropologue autochtone Sarah Whitecrow met au jour un charnier d'enfants près de l'ancien pensionnat de Sainte-Euclide, réactivant des décennies de silence et de honte. Ses analyses médico-légales révèlent fractures, maltraitances, expérimentations, jusqu'à la découverte de puces électroniques implantées dans les crânes, preuve d'un système industriel de domination et de surveillance. En parallèle, l'équipe du surintendant Lonan et de l'inspectrice Wenonah affronte archives brûlées, témoins brisés, menaces anonymes et meurtres maquillés en accidents, dont celui de Sarah elle-même, pour remonter la piste d'un réseau mêlant Église, pouvoirs publics et intérêts économiques. Entre cercles de parole, colère des survivants, cynisme des complices et sursaut politique, Les Enfants du vent raconte la lutte acharnée pour nommer les victimes, juger les bourreaux et transformer la vérité en levier de justice et de guérison collective.
Certains livres ne sont pas de simples récits ; ce sont des expériences immersives, des plongeons vertigineux dans des moments où l'histoire bascule, et où l'humanité révèle sa nature la plus profonde. Avec L'Énigme du Volcan, Bernard Gustau nous offre bien plus qu'un roman : il nous livre une oeuvre puissante, une machine narrative implacable qui nous happe dans les derniers jours de Saint-Pierre de Martinique, en 1902. Le titre, d'une sobriété trompeuse, promet un mystère, et certes, une intrigue policière complexe se déploie au coeur des ruelles animées de la « Perle des Antilles ». Mais la véritable énigme, celle qui rend ce livre absolument essentiel et captivant, n'est pas tant le crime que le compte à rebours que la Montagne Pelée, en arrière-plan, initie inexorablement. C'est dans cette tension entre le très humain et le très géologique, entre le drame individuel et l'apocalypse collective, que réside la force émotionnelle et structurelle inouïe de l'ouvrage. Ce livre est destiné à tous ceux qui aiment les fresques historiques fouillées, les enquêtes où la vérité est masquée non seulement par les hommes, mais par la nature, et les drames où le temps lui-même est un personnage, un tyran silencieux et mesuré. À travers une analyse serrée de sa construction et de son impact émotionnel, nous allons comprendre pourquoi L'Énigme du Volcan n'est pas seulement à lire, mais à posséder.
Quand Aputsiaq quitte Nuuk pour le Danemark, elle croit offrir une chance nouvelle à sa fille. Mais très vite, le rêve d'intégration se transforme en cauchemar : visites intrusives, suspicions permanentes, menace de placement de ses enfants. Chaque page du dossier administratif devient une arme contre elle. Pourtant, dans cette lutte inégale, Aputsiaq n'est pas seule. D'autres mères immigrées partagent ses blessures et sa colère. Ensemble, elles organisent une résistance discrète, où chaque conte transmis, chaque mot en groenlandais devient un acte de survie culturelle. Porté par la mémoire des aurores et des fjords, ce roman haletant raconte l'histoire d'une femme prête à tout pour que ses enfants ne soient pas engloutis par le silence.
Un incendie dévastateur, une atmosphère de tension extrême et des pompiers luttant contre un brasier indomptable plongent d'emblée le lecteur dans un suspense haletant, où chaque seconde compte et chaque geste peut sauver une vie ou précipiter une tragédie. Au coeur de ce chaos, un meurtre mystérieux se dévoile : la victime, un homme au passé trouble, porte en lui les cicatrices d'expériences secrètes menées sur des enfants autochtones dans les pensionnats canadiens, révélant une histoire d'horreurs enfouies et de secrets institutionnels. L'enquête, menée par des policiers déterminés et humains, remonte la piste d'un réseau tentaculaire mêlant exploitation, chantage politique, trafic d'artefacts sacrés et complicités silencieuses, où chaque découverte bouleverse les certitudes et expose les failles du système. Des personnages complexes, marqués par la violence du passé et la quête de justice, se croisent dans une fresque où la mémoire collective, la honte et la peur s'affrontent, donnant une voix bouleversante aux victimes oubliées. Ce texte, à la fois polar social, drame humain et plongée dans l'histoire occultée du Canada, captive par sa puissance narrative, son réalisme poignant et son appel à lever le voile sur les fantômes du passé - impossible de le refermer sans vouloir connaître toute la vérité.
De 1890 à 1995, les autorités canadiennes enlèvent les enfants autochtones pour les placer dans des internats censés faciliter leur insertion sociale dans la société blanche. On évalue à 3 500 le nombre d'enfants autochtones morts en ces lieux. Canada, 1958. Alors qu'elle menait une vie paisible auprès de ses parents, Ozalée est propulsée en enfer : désormais, elle doit vivre dans un pensionnat autochtone. Son ami de toujours, Lonan, fuit avec son père pour échapper au même destin. Arrachés à la réserve indienne qui les a vus s'épanouir, les deux enfants sont contraints de grandir brutalement et de faire face à la nouvelle vie qui se profile devant eux : pour Ozalée, une vie de déracinement et d'intégration forcée, pour Lonan, une vie d'exilé pétrie par les enseignements traditionnels indigènes. Critique acerbe et poignante des pensionnats autochtones canadiens, Une famille canindienne n'épargne ni l'Église ni ceux qui ont contribué à ce traumatisme intergénérationnel et culturel.
Le Sang des tourbières est un thriller alpin où l'enquête criminelle se mêle à l'archéologie, à l'histoire savoyarde et aux croyances anciennes. Lors d'une campagne scientifique en Vanoise, le palynologue Michel Trevain et sa doctorante Sophie Thierry découvrent dans une tourbière le corps parfaitement conservé d'Éléonore Fortin, une institutrice disparue depuis quatre mois. La victime porte les traces d'une mise à mort ritualisée : corps contraint en position foetale, strangulation, grains de seigle antique dans l'estomac et monnaie sarde de 1827 placée dans sa bouche. Aux côtés de la capitaine Marion Duval et de son adjoint Marc Vianney, Michel comprend que ce meurtre s'inscrit dans une série de disparitions de femmes liées aux passages alpins, aux savoirs historiques ou à l'exploitation de la montagne. L'enquête révèle progressivement l'existence d'un culte clandestin, animé autour de Camille Dubourg et nourri par une haine familiale ancienne : les Dubourg veulent « racheter par le sang » les terres confisquées après l'annexion de la Savoie. La tension culmine dans les galeries minières de Peisey, où Maria Da Silva doit devenir une nouvelle offrande. Elle est sauvée, mais le démantèlement du groupe dévoile aussi le rôle trouble de l'historien Julien Arnaud et du véritable instigateur idéologique, Antoine Deperraz. Dubourg est finalement arrêté, sans que l'ombre de ses croyances disparaisse totalement.
Il suffit parfois d'une nuit pour que toute une vie se fissure. Lorsqu'une enfant groenlandaise frappe à sa porte, Naja ne recueille pas seulement une fugueuse : elle accueille en elle le retour d'un passé, d'une terre et d'une douleur qu'elle croyait enfouis. Car Sienna porte le Groenland en silence - dans sa peur, dans son obstination, dans ce refus instinctif d'être séparée de ce qui la fonde. À travers elle, resurgit tout un monde : une langue qu'on relègue, des mères qu'on juge, des enfances qu'on déplace, des racines qu'on arrache au nom d'un avenir prétendument meilleur. En cherchant à comprendre ce qui menace la petite fille, Naja découvre une vérité plus vaste, plus terrible : derrière les mots rassurants de la protection, se cache parfois une entreprise d'effacement. Ce n'est pas seulement une enfant qu'on veut sauver d'elle-même, mais tout un peuple qu'on invite à disparaître doucement dans les normes d'un autre. Avec une grande intensité émotionnelle, Enfant de la nuit raconte la peur, l'arrachement, la transmission et la résistance. Entre thriller intime et fresque des mémoires blessées, ce roman nous emporte du Danemark jusqu'aux terres du Groenland, là où le froid conserve les douleurs anciennes, mais aussi l'indestructible force des origines.
Ce texte relate l'enquête sur la disparition et le meurtre de deux jeunes femmes autochtones, Asha et Natimi, dans la province de Saskatchewan au Canada. L'histoire débute en septembre 2014 avec leur disparition. Malgré les plaintes des familles, la police tarde à agir, jusqu'à ce que le surintendant Lonan, lui-même autochtone, prenne l'affaire en main sous la pression de sa soeur avocate, Léa. L'enquête s'intensifie en janvier 2015 lorsque le corps d'Asha est retrouvé dans le ruisseau Maple...
Esclarmonde, jeune femme de la petite noblesse du XIIe siècle, naît et grandit en Occitanie. Comme les femmes de son époque, elle est destinée à se marier jeune et à consacrer sa vie au bien-être de sa famille. Mais son existence va prendre un autre tournant.Une mauvaise chute de cheval la condamne à boiter, et tue ses rêves de mariage dans l'oeuf. Un homme consent malgré tout à l'épouser, mais le sort s'acharne : l'échec de son union pousse Esclarmonde à fuir et tenter une nouvelle vie. Elle se détourne alors des Églises catholique et cathare et se découvre une vocation : soigner son prochain. Déterminée, la jeune femme va-t-elle pouvoir poursuivre cette folle ambition de devenir médecin ?Dans Esclarmonde à l'aube de la médecine, Bernard Gustau redonne vie à un Moyen Âge méconnu à travers des destins hors du commun. Une lecture éclairante !