Anne-Sophie Stefanini
Anne-Sophie Stefanini
Tuer un type, tout le monde pouvait le faire, mais, en tuant, loger la peur dans le crne de dix mille autres, a ctait notre boulot ! Pour a, fallait y aller au couteau, comprends-tu ? C'est le couteau qui a gagn la guerre, pas le canon ! [...] On est peut-tre trois mille, pas plus, s'en tre servi ; sur tous les fronts. C'est ces trois mille-l les vainqueurs, les vrais ! Arracher la guerre un de ses masques, dvoiler une me de guerrier dans sa terrible sincrit, en dpeignant sans hypocrisie ces nettoyeurs des corps francs qui pratiquaient le combat et le meurtre comme un sport de grande classe et rapportaient dans la paix, outre une profonde blessure, le got tenace de tuer, telle est l'intention premire de Roger Vercel. Mais le romancier nous offre galement travers ce rcit de guerre et ce tmoignage sur la justice militaire, un extraordinaire portrait, celui du capitaine Conan, Breton anim d'une nergie de corsaire, farouche et truculent, qui veille tout la fois la piti, la sympathie et l'horreur. Au sein de l'oeuvre abondante de Roger Vercel, l'un de nos grands romanciers de la mer avec Au large d'Eden, En drive ou la trilogie de La Fosse aux vents, Capitaine Conan occupe une place part. Nourri par l'exprience personnelle de son auteur qui fit la guerre sur le front dOrient, ce roman, dont le cinaste Bertrand Tavernier s'est inspir, a reu le prix Goncourt en 1934.
Constance a 17 ans lorsqu'elle découvre Yaoundé et rencontre Jean-Martial. Elle tombe amoureuse de sa façon unique de marcher à travers la ville, de l'emmener danser dans des cafés révolutionnaires et de lui confier l'histoire du Cameroun, son Indépendance, ses luttes. Il lui raconte aussi comment l'université s'est embrasée quelques années avant leur rencontre, qu'une professeure qu'il admirait a disparu. Constance écoute et tout s'inscrit dans sa mémoire : la voix de cet homme, l'histoire de cette femme. Les années passent, Constance et Jean-Martial se séparent. Constance ne revient plus au Cameroun mais ce qu'elle y a appris, ce qu'elle y a laissé continue de la hanter : qui était cette femme ? Pourquoi Jean-Martial lui a-t-il livré son histoire ? Constance cherche des réponses, se heurte au passé et fait face à la disparition de son premier amour et de la jeune fille qu'elle était. Une femme a disparu est une lettre d'amour et une enquête où les vérités sont mouvantes, où des absents réapparaissent, où la mémoire se recompose sans cesse.
'Yaoundé, c'était sa part sauvage et libre, ses années heureuses, là où résidaient sa force et sa joie.' Constance et Ruben étaient inséparables. Ils habitaient l'un en face de l'autre, fréquentaient la même école primaire, jouaient ensemble dans les rues de Yaoundé. Mais en une nuit leur monde s'est effondré. Ils avaient neuf ans. Cette nuit-là, Catherine, la mère de Constance, a pris un taxi vers une destination inconnue. Personne ne l'a revue. Le temps a passé. Constance et Ruben vivent loin l'un de l'autre mais ils sont liés à jamais par le souvenir de leur enfance et les mêmes questions : Quel est le secret de cette disparition? Qui était Catherine? Cette inconnue raconte un combat et un amour cachés, des vies bouleversées entre la France et le Cameroun, des hommes et des femmes qui cherchent la vérité.
'Yaoundé, c'était sa part sauvage et libre, ses années heureuses, là où résidaient sa force et sa joie.' Constance et Ruben étaient inséparables. Ils habitaient l'un en face de l'autre, fréquentaient la même école primaire, jouaient ensemble dans les rues de Yaoundé. Mais en une nuit leur monde s'est effondré. Ils avaient neuf ans. Cette nuit-là, Catherine, la mère de Constance, a pris un taxi vers une destination inconnue. Personne ne l'a revue. Le temps a passé. Constance et Ruben vivent loin l'un de l'autre mais ils sont liés à jamais par le souvenir de leur enfance et les mêmes questions : Quel est le secret de cette disparition? Qui était Catherine? Cette inconnue raconte un combat et un amour cachés, des vies bouleversées entre la France et le Cameroun, des hommes et des femmes qui cherchent la vérité.
À Paris, Catherine s'est battue avec ses amis communistes pour l'indépendance algérienne. En septembre 1962, elle se rend à Alger. Elle veut enseigner, aider le gouvernement de Ben Bella à bâtir un pays libre. Elle est grisée par l'inconnu, cette vie loin des siens : elle explore la ville chaque jour, sûre qu'ici tout est possible. C'est le temps des promesses : Alger devient sa ville, celle de sa jeunesse, de toutes ses initiations. En 1965, Catherine est arrêtée par la Sécurité militaire : le coup d'État de Boumediene chasse du pouvoir Ben Bella. Catherine et ses amis sont interrogés. En prison, face à celui qui l'accuse, elle se souvient de ses élans politiques et amoureux, de ce qu'elle a choisi et de ce qu'elle n'a pas voulu voir. Qui étaient vraiment ces 'pieds-rouges' dont Catherine faisait partie? Quelle femme est-elle devenue?
À Paris, Catherine s'est battue avec ses amis communistes pour l'indépendance algérienne. En septembre 1962, elle se rend à Alger. Elle veut enseigner, aider le gouvernement de Ben Bella à bâtir un pays libre. Elle est grisée par l'inconnu, cette vie loin des siens : elle explore la ville chaque jour, sûre qu'ici tout est possible. C'est le temps des promesses : Alger devient sa ville, celle de sa jeunesse, de toutes ses initiations. En 1965, Catherine est arrêtée par la Sécurité militaire : le coup d'État de Boumediene chasse du pouvoir Ben Bella. Catherine et ses amis sont interrogés. En prison, face à celui qui l'accuse, elle se souvient de ses élans politiques et amoureux, de ce qu'elle a choisi et de ce qu'elle n'a pas voulu voir. Qui étaient vraiment ces 'pieds-rouges' dont Catherine faisait partie? Quelle femme est-elle devenue?
Diana a quitté la ferme familiale. À Paris elle se sent incapable de s'adresser aux hommes. Alors elle a trouvé un emploi dans une animalerie des bords de la Seine. Constance danse au Théâtre de la ville. Et quand elle ne danse pas, elle marche. Toujours en mouvement. Comme si elle essayait d'occuper plusieurs lieux à la fois. Élodie est serveuse au Sarah Bernhardt. Elle aime y arriver la première et faire l'ouverture, prouvant qu'elle a la confiance du patron. Sur la place du Châtelet, elles sont comme cachées par la foule. Un matin, un homme se réveille au pied de la fontaine aux sphinx. Beaucoup trop bien habillé pour être un clochard. Sur cette place, la plus centrale de Paris, ces personnages se croisent, se font peur et s'apprivoisent. Ce qui était enfoui se dévoile : les désirs, les secrets. Pour chacun d'eux, il n'est plus question de vivre comme avant en équilibre. Il faut danser, aimer, partir, comme jamais ils ne l'avaient fait. Caroline Lunoir (La faute de goût, Actes Sud), Sébastien Marnier (Mimi, Fayard), Fanny Saintenoy (Juste avant, Flammarion) et Anne-Sophie Stefanini (Vers la mer, Lattès) se sont rencontrés en 2011, lors de la parution de leurs premiers romans. Et c'est ensemble qu'ils ont décidé d'écrire le deuxième.
Laure a dix-huit ans. Sa mère lui a légué son goût pour la solitude, le silence et les longs voyages. Enfant, elle a appris à lire dans les pages du Livre des voyageurs, une encyclopédie peuplée des récits héroïques d'explorateurs poètes et d'aventurières nées deux siècles avant elle. La jeune fille a grandi en attendant d'être en âge de partir elle aussi. Laure a dix-huit ans et elle part demain : un voyage avec sa mère, un dernier tête-à-tête. De Paris à Nice, un itinéraire facile mais long, s'étirant comme un serpent, au rythme capricieux d'une vieille voiture, d'étapes et de rencontres hasardeuses. La jeune fille guette les rives qui la font tant rêver. La mère s'approche, elle, de la ville où sa fille la quittera, une ville qu'elle a fuie vingt ans plus tôt lorsqu'elle cherchait, avant Laure, l'aventure et l'oubli. Sur la route, ces deux femmes se découvrent hantées par les mêmes peurs et les mêmes désirs, de faux souvenirs, des images fabriquées et des résolutions impossibles. Et pour elles, rien n'a plus d'importance que ce moment, juste avant la séparation.