Andre Savignon
Andre Savignon
Ce document, le témoignage d'un Français ayant tenu jour après jour - ou plutôt nuit après nuit - le journal du « Blitz » de Plymouth, un des plus meurtriers de la bataille d'Angleterre, de l'été 1940 au printemps 1941, est exceptionnel à un double titre : - son auteur est André Savignon, Prix Goncourt 1912 pour « Les Filles de la pluie », journaliste consacré par ses livres, tous inspirés de reportages, où il se révèle un des meilleurs écrivains de l'insolite quotidien ; - correspondant en Grande-Bretagne depuis plus de trente ans lorsqu'il se retrouve à Plymouth où il a déjà vécu, c'est un familier de la langue et de la société anglaises, qui observe et note le comportement des Britanniques sous « le feu du ciel » que fait pleuvoir la Luftwaffe sur le grand port de la Royal Navy, et à l'égard des Français, des marins bretons surtout, pris sous un autre feu, celui d'une francophobie galopante alimentée par la Presse. Mêlé au petit peuple de Plymouth, qu'il aime et dont il se plaît à croquer de multiples et fantastiques silhouettes sur fond de carnage, André Savignon écoute, regarde, enregistre, dans l
André Savignon séjourna à Ouessant en 1911. À son retour, il écrivit ce roman, en réalité une succession de récits, chacun d'entre eux consacré à une Ouessantine : Barba la conteuse, Louise de Niou-Huella, Claire de Frugulou, Marie de Loqueltas, etc. Si le livre fit aussi scandale, à l'époque, c'est qu'il dépeignait Ouessant comme « une sorte de Tahiti européenne ». Les îliennes, surnommées les filles de la pluie, à la vie rude, y sont décrites comme ayant des moeurs très libres, aimant les hommes mais ne s'y attachant guère... Cent ans plus tard, rien de tout cela ne subsiste sinon un beau livre de littérature de fiction qu'il faut redécouvrir pour son écriture, pour son évocation d'un Ouessant passé et parfois fantasmé.