André Comte-Sponville
André Comte-Sponville
En 1941, alors qu'en Europe la guerre et les nationalismes font des ravages, Stefan Zweig, exilé au Brésil, trouve en Montaigne un « ami indispensable », dont les préceptes de tempérance et de modération lui paraissent plus que jamais nécessaires. Selon Zweig, « pour que nous puissions appréhender l'art et la sagesse de vivre de Montaigne [...] il fallait que survienne une situation similaire à celle qu'il avait connue. » De son propre aveu, Zweig n'était pas à même d'apprécier pleinement le génie de Montaigne lorsqu'il le découvrit à vingt ans. C'est en les relisant à travers le prisme de l'expérience qu'il mesure véritablement tous les enjeux des Essais. Laissant parler son admiration pour l'auteur, il en dresse une biographie émue et passionnante, dans laquelle il livre, en creux, son propre portrait à la veille de sa mort.Préface d'Olivier Philipponnat.Traduit de l'allemand par Corinna Gepner.
Et si la vraie sagesse était de savoir quand vivre plutôt que quand mourir ? Dans L’opportunité de vivre, André Comte-Sponville clôt son triptyque philosophique en explorant, avec Épicure, Montaigne et Spinoza, l’art de juger chaque instant.
Exilé au Brésil en 1942, Stefan Zweig trouve dans Montaigne la force de questionner la liberté intérieure face à la barbarie.
Une anthologie accessible à tous des textes indispensables de la philosophie, pour redonner du sens à la période actuelle. Philosopher, c'est penser par soi-même. Mais nul n'y parvient valablement qu'en s'appuyant d'abord sur la pensée des autres, et spécialement des grands philosophes du passé. Sont rassemblées ici quelque six cents citations des plus brillants esprits de la pensée occidentale, regroupées en douze thématiques majeures : la morale, la politique, l'amour, la mort, la connaissance, la liberté, Dieu, l'athéisme, l'art, le temps, l'homme, la sagesse. Chacune s'ouvre par une présentation admirablement claire et concise.En réunissant ainsi en un volume ses « Carnets de philosophie », parus il y a plusieurs années et devenus introuvables, André Comte-Sponville propose une remarquable introduction à la philosophie. Elle intéressera aussi bien les lycéens que tous ceux, quel que soit leur âge, qui veulent « penser mieux, pour vivre mieux ».
« J'aime les définitions. J'y vois davantage qu'un jeu ou qu'un exercice intellectuel : une exigence de la pensée. Pour ne pas se perdre dans la forêt des mots et des idées. Pour trouver son chemin, toujours singulier, vers l'universel. La philosophie a son vocabulaire propre : certains mots qui n'appartiennent qu'à elle, d'autres, plus nombreux, qu'elle emprunte au langage ordinaire, auxquels elle donne un sens plus précis ou plus profond. Cela fait une partie de sa difficulté comme de sa force. Un jargon ? Seulement pour ceux qui ne le connaissent pas ou qui s'en servent mal. Voltaire, à qui j'emprunte mon titre, a su montrer que la clarté, contre la folie des hommes, était plus efficace qu'un discours sibyllin ou abscons. Comment combattre l'obscurantisme par l'obscurité ? La peur, par le terrorisme ? La bêtise, par le snobisme ? Mieux vaut s'adresser à tous, pour aider chacun à penser. La philosophie n'appartient à personne. Qu'elle demande des efforts, du travail, de la réflexion, c'est une évidence. Mais elle ne vaut que par le plaisir qu'elle offre : celui de penser mieux, pour vivre mieux. C'est à quoi ces 2 267 définitions voudraient contribuer." Nouvelle édition intégralement revue et augmentée de 613 nouvelles entrées.
La philosophie intrigue ou effraie ceux qui ne la connaissent pas. Elle passionne, depuis vingt-cinq siècles, beaucoup de ceux qui ont pris la peine de l'étudier, à commencer par certains des plus grands génies de l'humanité, qui ont fait son histoire et sa grandeur. C'est cette passion que le présent ouvrage veut rendre compréhensible. Il explique ce qu'est la philosophie, comment elle a évolué à travers les siècles, enfin quels sont les grands courants, dans chaque domaine, qui la traversent ou s'y affrontent. L'ensemble constitue une introduction à la philosophie, donc aussi - mais c'est à chacun d'inventer la sienne - à la sagesse.
« Philosopher, c'est penser sa vie et vivre sa pensée. Entre les deux un décalage subsiste pourtant, qui nous constitue et nous déchire... A quoi bon tant penser si c'est pour vivre si peu ?... On voudrait ici essayer autre chose... une philosophie à découvert, au plus près de la vie réelle, de ses échecs, de sa fragilité, de sa perpétuelle et fugitive improvisation... C'est ce que le mot d'impromptus, emprunté à Schubert, a paru pouvoir désigner à peu près. »
Face aux épreuves de la vie, André Comte-Sponville nous offre une réflexion profonde et accessible sur les sujets les plus douloureux : le handicap, la mort, l'euthanasie, ou encore le tragique de l'existence.
Sans doute le livre le plus éclairant sur Montaigne depuis... Montaigne, et un chef-d'oeuvre d'André Comte-Sponville. Il nous fait redécouvrir Montaigne, écrivain de génie, talentueux philosophe et humain d'exception.Le tour de force d'André Comte-Sponville est d'avoir réussi, dans le dialogue amoureux qu'il mène ici avec l'auteur des Essais, à rendre limpide et bouleversante l'incroyable richesse de la pensée de celui-ci, tout en nous rendant intimement témoins de ce qu'il en retire pour faire franchir à sa propre philosophie une nouvelle étape.Il nous fait redécouvrir Montaigne, écrivain de génie, talentueux philosophe, humain d'exception que l'on aurait tant aimé connaître : " quel esprit plus libre, plus singulier, plus incarné ? Quelle écriture plus souple, plus inventive, plus savoureuse ? Quelle pensée plus ouverte, plus lucide, plus audacieuse ? Celui-là ne pense pas pour se rassurer, ni pour se donner raison. Ne vit pas pour faire une oeuvre. Pour quoi ? Pour vivre, c'est plus difficile qu'il n'y paraît, et c'est pourquoi aussi il écrit et pense. Il ne croit guère à la philosophie, et n'en philosophe que mieux. Se méfie de 'l'écrivaillerie' et lui échappe, à force d'authenticité, de spontanéité, de naturel. Ne prétend à aucune vérité, en tout cas à aucune certitude, et fait le livre le plus vrai du monde, le plus original et, par-là, le plus universel. Ne se fait guère d'illusions sur les humains, et n'en est que plus humaniste, Ni sur la sagesse, et n'en est que plus sage. Enfin il ne veut qu'essayer ses facultés (son titre, Essais, est à prendre au sens propre) et y réussit au-delà de toute attente. Qui dit mieux ? Et quel auteur, plus de quatre siècles après sa mort, qui demeure si vivant, si actuel, si nécessaire ? "
Au tir à l'arc, tant que j'espère atteindre la cible, j'ai peur de la rater : me voilà séparé du bonheur par l'espérance même qui le poursuit. La flèche n'est pas encore partie ; je voudrais être déjà sur le podium ! Le sage, lui, n'espère rien ; il veut seulement viser bien. Or c'est ce qu'il fait. De quoi aurait-il peur ? Il est sans pression, à fois concentré et détendu. C'est pourquoi, disent les textes zen, "il atteint un pou en plein coeur'. André Comte-Sponville traite dans ce livre des vertus et des limites du sport, ainsi que des valeurs qu'il peut incarner. Il s'agit de réconcilier l'idéal démocratique, qui suppose l'égalité de tous, avec l'idéal aristocratique, qui suppose au contraire leur inégalité, selon le principe : " Que le meilleur gagne ! " Car si nous sommes tous égaux en droits et en dignité, nous ne le sommes ni en fait ni en valeur. C'est ce qui distingue la démocratie du nihilisme, et le sport d'un simple divertissement.
Face à un monde souvent anxiogène, Contre la peur d’André Comte-Sponville offre une bouffée d’oxygène philosophique. À travers cent chroniques percutantes, le philosophe nous invite à transformer l’inquiétude en action, la peur en courage.
« Ce recueil d'impromptus obéit aux mêmes principes que le précédent, Impromptus, publié chez le même éditeur, il y a une vingtaine d'années : il s'agit toujours de textes brefs, écrits sur le champ et sans préparation, entre philosophie et littérature, entre pensée et mélancolie, sous la double invocation de Schubert, qui donna au genre ses lettres de noblesse musicale, et de Montaigne, philosophe "imprémédité et fortuit". Je m'y suis interdit toute technicité, toute érudition, toute systématisation. Ces douze textes, dans leur disparate, dans leur subjectivité, dans ce qu'ils ont de fragile et d'incertain, visent moins à exposer une doctrine qu'à marquer les étapes d'un cheminement. Un impromptu est un essai, au sens montanien du terme, donc le contraire d'un traité. Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres. »
Dix-huit vertus pour éclairer notre quotidien : de la politesse à l’amour, André Comte-Sponville nous invite à redécouvrir l’essentiel.
Peut-on se passer de religion ? Dieu existe-t-il ? Les athées sont-ils condamnés à vivre sans spiritualité ? Autant de questions décisives en plein « choc des civilisations » et « retour du religieux ». André Comte-Sponville y répond avec la clarté et l'allégresse d'un grand philosophe mais aussi d'un « honnête homme », loin des ressentiments et des haines cristallisés par certains. Pour lui, la spiritualité est trop fondamentale pour qu'on l'abandonne aux intégristes de tous bords. De même que la laïcité est trop précieuse pour être confisquée par les antireligieux les plus frénétiques. Aussi est-il urgent de retrouver une spiritualité sans Dieu, sans dogmes, sans Église, qui nous prémunisse autant du fanatisme que du nihilisme. André Comte-Sponville pense que le XXIe siècle sera spirituel et laïque ou ne sera pas. Il nous explique comment. Passionnant.
Le capitalisme est-il moral ? Nul ne peut se soustraire à la question puisque aucun d'entre nous n'échappe ni à la morale ni au capitalisme. Par son travail, son épargne et sa consommation, chacun participe à un système économique que les uns justifient et que d'autres condamnent au nom de concepts éthiques. Deux démarches intellectuelles que le philosophe André Comte-Sponville passe au crible de l'analyse lucide. Une grille de lecture étonnamment claire, qui débouche sur un appel à la responsabilité.
André Comte-Sponville, Laurent Bove et Patrick Renou passionnés. Ils nous « donnent à voir » les yeux émerveillés d'Albert Camus devant la beauté et la lumière du monde en nous entraînant sur les pas du philosophe de l'absurde et du poète de l'amour, sur les pas de l'humaniste avant tout, celui qui écrit : « Il y a une volonté de vivre, sans rien refuser de la vie, qui est la vertu que j'honore le plus en ce monde ».
La philosophie intrigue ou effraie ceux qui ne la connaissent pas. Elle passionne, depuis vingt-cinq siècles, beaucoup de ceux qui ont pris la peine de l'étudier, à commencer par certains des plus grands génies de l'humanité, qui ont fait son histoire et sa grandeur. C'est cette passion que le présent ouvrage veut rendre compréhensible. Il explique ce qu'est la philosophie, comment elle a évolué à travers les siècles, enfin quels sont les grands courants, dans chaque domaine, qui la traversent ou s'y affrontent. L'ensemble constitue une introduction à la philosophie, donc aussi - mais c'est à chacun d'inventer la sienne - à la sagesse.
Toute philosophie est un combat. Son arme ? La bêtise, le fanatisme, l'obscurantisme. Ses alliées ? Les sciences. Son objet ? Le tout, avec l'homme dedans. Ou l'homme, mais dans le tout. Son bût ? La sagesse : le bonheur, mais dans la vérité. Philosopher, c'est penser par soi-même ; mais nul n'y parvient valablement qu'en s'appuyant d'abord sur la pensée des autres, et spécialement des grands philosophes du passé. La philosophie n'est pas seulement une aventure : elle est aussi un travail, qui ne va pas sans efforts, sans lectures, sans outils. Qu'est-ce que la philosophie ? Les réponses sont aussi nombreuses, ou peu s'en faut, que les philosophes. Cela n'empêche pas toutefois qu'elles se recoupent ou convergent vers l'essentiel : Le bonheur. Il y a du pain sur la planche, comme on dit, et c'est tant mieux : les philosophes ont bon appétit !
« Des vertus, on ne parle plus guère. Cela ne signifie pas que nous n’en ayons plus besoin, ni ne nous autorise à y renoncer. Il ne s’agit pas de donner des leçons de morale, mais d’aider chacun à devenir son propre maître, comme il convient, et son unique juge. Dans quel but ? Pour être plus humain, plus fort, plus doux. Vertu c’est puissance, c’est excellence, c’est exigence. Les vertus sont nos valeurs morales, mais incarnées, autant que nous le pouvons, mais vécues, mais en acte : toujours singulières, comme chacun d’entre nous, toujours plurielles, comme les faiblesses qu’elles combattent ou redressent. Il n’y a pas de Bien en soi : le bien n’existe pas, il est à faire et c’est ce qu’on appelle les vertus. Ce sont elles que je me suis données ici pour objet : ces vertus qui nous manquent (mais point totalement : comment pourrions-nous autrement les penser ?), et qui nous éclairent ». A. C.-S. De la Politesse à l’Amour, en passant par le Courage et la Tolérance, dix-huit chapitres sur les vertus, celles qui nous manquent et celles qui nous enrichissent. Durée : 11H44
Toute philosophie est un combat. Son arme ? La bêtise, le fanatisme, l'obscurantisme. Ses alliées ? Les sciences. Son objet ? Le tout, avec l'homme dedans. Ou l'homme, mais dans le tout. Son bût ? La sagesse : le bonheur, mais dans la vérité. Philosopher, c'est penser par soi-même ; mais nul n'y parvient valablement qu'en s'appuyant d'abord sur la pensée des autres, et spécialement des grands philosophes du passé. La philosophie n'est pas seulement une aventure : elle est aussi un travail, qui ne va pas sans efforts, sans lectures, sans outils. Qu'est-ce que la philosophie ? Les réponses sont aussi nombreuses, ou peu s'en faut, que les philosophes. Cela n'empêche pas toutefois qu'elles se recoupent ou convergent vers l'essentiel : Le bonheur. Il y a du pain sur la planche, comme on dit, et c'est tant mieux : les philosophes ont bon appétit !
La vie ne vaudrait d'être vécue, dit-on, que si elle apporte le bonheur. Mais que signifie être heureux ? Y a-t-il des recettes au bien-être ? Où se niche le bonheur ? Dans l'argent ? La réussite personnelle ? La santé ? Les plaisirs ? L'espérance d'un jour meilleur ? Est-il dans ce que nous avons ou dans ce que nous sommes ? Le bonheur n'est pas une idée neuve en Europe, il a lui aussi une histoire qui, depuis des millénaires, colle à nos désirs et à nos désillusions. C'est cette longue aventure qui est racontée ici, avec les regards croisés du philosophe, du croyant et de l'historienne. De la pensée antique à nos frustrations modernes, en passant par l'invention du paradis, on verra comment l'idée du bonheur a évolué au fil du temps, et combien son histoire mouvementée peut nous aider à mieux vivre aujourd'hui.
« Citons une dernière fois la formule de Montaigne, qui pourrait servir de titre à notre livre : C'est chose tendre que la vie, et aisée à troubler... La philosophie, pour la plupart d'entre nous et quoi qu'ait pu prétendre Épicure, n'abolit pas ce trouble, toujours possible, mais rend cette tendresse-là un peu plus précieuse, un peu plus consciente, un peu plus réfléchie, un peu plus forte, un peu plus libre, un peu plus sage... Puis il y a le plaisir de penser, qui est l'un des plus vifs qui soient ! »André Comte-Sponville
« Philosopher, c'est penser sa vie et vivre sa pensée. Entre les deux un décalage subsiste pourtant, qui nous constitue et nous déchire... A quoi bon tant penser si c'est pour vivre si peu ?... On voudrait ici essayer autre chose... une philosophie à découvert, au plus près de la vie réelle, de ses échecs, de sa fragilité, de sa perpétuelle et fugitive improvisation... C'est ce que le mot d'impromptus, emprunté à Schubert, a paru pouvoir désigner à peu près. »
Nous sommes prisonniers de l'avenir et de nos rêves : à force d'attendre des lendemains qui chantent, nous perdons la seule vie réelle, qui est d'aujourd'hui. « Ainsi nous ne vivons jamais, disait Pascal, nous espérons de vivre... » C'est le piège des religions, avec ou sans Dieu : l'espoir est l'opium du peuple. Pourtant il faut vivre et lutter : monter « à l'assaut du ciel », même si ce ciel n'existe pas. Tel est le défi aujourd'hui du matérialisme philosophique, tel qu'Icare a paru pouvoir le symboliser. Matérialisme ascendant, donc. Il s'agit d'être athée sans être indigne. Il nous faut pour cela inventer - ou réinventer - une sagesse sans mystification ni lâcheté : une sagesse du désespoir. Ici, maintenant : une sagesse pour notre temps. Le moi, la politique, l'art sont les trois domaines dont il a paru qu'il fallait d'abord se désillusionner. Ce premier tome s'y essaie. Nul salut dans le labyrinthe, et rien au-dehors. Le salut sera inespéré ou ne sera pas.
On parle bien d'éducation sentimentale ; pourquoi ne parlerait-on, au même sens, d'éducation philosophique ? L'esprit, non moins que le coeur, a son apprentissage, ses passions, ses égarements ou ses fidélités. L'esprit, c'est la mémoire. Non que penser soit se souvenir, comme le voulait Platon ; mais parce qu'une pensée oublieuse, comme est la science, est une pensée sans esprit ou sans âme. Ces quelques textes, divers quant à leur objet, ont en commun ce souci d'un passé : celui de l'auteur, celui des traditions qui l'inspirent, celui des maîtres qui l'ont formé ou qui le guident... L'esprit n'est pas une chose, c'est une histoire, et fidélité à cette histoire. Pour les individus comme pour les peuples, le passé de l'esprit, c'est l'esprit même. « Cela fait beaucoup de passé, dira-t-on, pour un homme jeune, et beaucoup d'esprit pour un matérialiste... » Mais c'est quand on est jeune qu'il faut cultiver la fidélité ; et quand on est matérialiste qu'il faut sauver l'esprit. C'est à peu près ce que ce livre raconte ou essaie d'expliquer.
Découvrez la philosophie comme jamais : André Comte-Sponville y expose avec clarté et pédagogie les douze grands thèmes qui fondent notre existence. Un guide idéal pour penser librement et trouver sa propre voie vers la sagesse et le bonheur.
« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement », écrit La Rochefoucauld. Cela fait au moins une différence avec le sexe : le regarder fixement, voilà ce que peu d'hommes et de femmes, de nos jours, s'interdisent ou redoutent. Pourquoi, s'agissant de sexualité, est-ce pourtant cette formule qui m'est venue, jusqu'à me fournir, ou peu s'en faut, mon titre ? Peut-être parce que l'essentiel, ici aussi, échappe au regard, ou l'aveugle, tout en continuant de le fasciner. Le sexe est un soleil ; l'amour, qui en vient, s'y réchauffe ou s'y consume. Les mortels, disaient les Anciens pour distinguer les hommes des animaux et des dieux. Nous pourrions, tout autant, nous nommer les amants : non parce que nous serions les seuls à avoir des rapports sexuels, ni à aimer, mais parce que le sexe et l'amour, pour nous, sont des problèmes, qu'il faut affronter ou surmonter, sans les confondre ni les réduire l'un à l'autre. Cela définit au moins une partie de notre humanité : l'homme est un animal érotique. » André. Comte-Sponville.
"Si Dieu existe, d'où vient le mal ? S'il n'existe pas, d'où vient le bien ?" Leibniz "Depuis la nuit des temps, l'organisation humaine, pour se structurer, doit définir le bien et le mal. En mars 2010, l'association Arte-Filosofia organisait à Cannes un colloque animé par la philosophe Françoise Dastur autour d'une des questions les plus essentielles de l'histoire de la pensée : celle du mal. Il revenait à André Comte-Sponville la tâche d'aborder frontalement l'ampleur philosophique de la notion et de distinguer les diverses formes qui la caractérise : physique, métaphysique et morale. Michel Terestchenko, pour sa part, choisissait de situer son propos non pas directement au niveau philosophique, mais du côté de la psychologie sociale, prenant en compte la psychologie effective des individus. Deux approches de la question du mal dont les Éditions Frémeaux et Associés mettent le contenu à la portée de tous." Claude COLOMBINI-FRÉMEAUX & François LAPÉROU
Philosopher pour tous, sans préparation, sans précaution, et dans la langue commune : tel était le pari d'Alain, dans ces célèbres Propos. Tel est celui d'André Comte-Sponville, dans les siens. La philosophie, pour lui, est le contraire d'une tour d'ivoire ; elle n'existe que dans le monde, que dans la société, et d'autant mieux qu'elle s'y confronte davantage. Ecrire dans les journaux, c'est penser dans la Cité comme il convient, et pour elle. Ces 101 propos, le plus souvent inspirés par l'actualité, constituent la plus vivante des introductions à la philosophie, mais c'est aussi davantage : un livre de sagesse et de citoyenneté.
"Religion et spiritualité sont deux choses différentes. On peut se passer de la première ; on ne pourrait renoncer à la seconde qu'en s'amputant d'une partie de son humanité." André Comte-Sponville "André Comte-Sponville aborde l'athéisme avec le même respect culturel que celui généralement attendu pour une croyance établie. Il fait la différence entre ce qui relève du savoir et de la croyance afin de proposer une approche réellement philosophique et non pas militante. Le philosophe sort clairement de l'histoire balisée du Christianisme pour légitimer l'aspiration des hommes à vivre une spiritualité qui pourrait s'exprimer librement dans un champ métaphysique personnel. A partir de l'héritage judéo-chrétien collectif, André Comte-Sponville défend la liberté de croire ou de ne pas croire et s'adresse au croyant autant qu'à l'athée en leur faisant partager un territoire de valeurs et d'idéaux communs." Patrick Frémeaux & Claude Colombini
« L'amour se dit en plusieurs sens, qu'on se plaît parfois à confondre et que nous essaierons au contraire de distinguer. Il y a le rêve de la fusion et l'expérience du manque. Il y a la passion et l'amitié. Il y a l'amour qui prend et l'amour qui donne. Celui qui rêve et celui qui connaît. L'amour fou et l'amour sage. Il y a "la grande souffrance du désir", comme dit Platon; mais aussi sa puissance et sa joie, comme dit Spinoza. Et puis il y a la charité, la très douce et très pure charité. Mais en sommes-nous capables ? Tout cela peut se dire en grec, autour de trois mots, qui sont comme les trois noms de l'amour : éros, philia, agapè. C'est ce que nous essaierons de comprendre, en français, et tel est le plan de cet exposé. L'erreur serait d'opposer ces trois amours, comme s'il fallait choisir entre eux. Le vrai est qu'ils vont ensemble. Ce ne sont pas trois mondes différents, ni trois essences séparées. Ce sont plutôt trois pôles (dont l'un, peut-être, imaginaire), mais dans un même champ, qui est le champ d'aimer; ou trois moments dans un même processus, qui est celui de vivre; ou trois concepts, toujours plus pauvres que l'infinie complexité du réel, qu'ils aident à comprendre, certes, mais ne sauraient remplacer. Reste alors à vivre ces trois amours, autant qu'on peut, et c'est la seule façon d'aimer la vie. » André Comte-Sponville « Après une confrontation avec François Jullien sur la notion du bonheur, différemment perçue par les Occidentaux et les Chinois, puis un cours dialectique sur l'Esprit de l'Athéisme intitulé "Une spiritualité sans dieu", André Comte-Sponville nous propose aujourd'hui une réflexion philosophique sur l'amour, aux frontières de l'héritage des savoirs et des sciences comportementales. La clarté orale du philosophe est servie par un vocabulaire simple mais précis, permettant à chacun de réconcilier son savoir émotionnel avec la pensée des Anciens. » Claude Colombini & Patrick Frémeaux
"André Comte-Sponville et François Jullien, sous la médiation de Françoise Dastur, confrontent la vision occidentale du bonheur avec celle de la pensée chinoise : d'une part, une culture chrétienne marquée par le dolorisme et la culpabilité et d'autre part une philosophie chinoise qui se dispense de l'idée du bonheur, au profit d'une autre préoccupation, celle de nourrir sa vie. Entre la vision occidentale du bonheur comme but de la vie humaine et celle de la pensée chinoise d'un "vivre à propos", il est intéressant de se demander si c'est bien la quête du bonheur qui doit véritablement gouverner la vie des êtres humains. Cette rencontre, organisée par François Lapérou, pour Arte-Filosofia, nous fait découvrir que l'aspiration au bonheur, prétendument universelle, est en réalité un produit de l'histoire et de la culture." Claude Colombini-Frémeaux