Alvaro Jara
Alvaro Jara
Deux policiers insolites enquêtent sur des morts horrifiantes et mystérieuses ! Plusieurs meurtres particulièrement sanglants, des victimes sans relations apparentes les unes avec les autres, une enquête conduite par deux policiers : l'inspecteur Chaivalme, atteint de troubles de la personnalité ; le divisionnaire Tischenez, vrai ripou ou faux flic selon les versions de sa propre histoire. Et une galerie de portraits de personnages étranges tels qu'une adepte du spiritisme admiratrice d'Allan Kardec, un descendant d'une secte satanique sévissant au 12e siècle ayant inspiré Heinrich Himmler lors la création de l'Ordre noir SS, un idéaliste menant une vie phalanstérienne selon les principes de Charles Fourier... Découvrez une série de personnages excentriques liés à des meurtres des plus inquiétants, avec ce roman policier étonnant et plein de suspense ! EXTRAIT Intérieurement Frédéric Tischenez était en ébullition, car les conclusions de son subordonné se rapprochaient fort des siennes, mais il ne voulait pas admettre que le jeune inspecteur ait pu aboutir à un tel résultat. Aussi, ne lui avait-il pas dit ce qu'il pensait réellement et avait tenté de lui prouver que finalement les indices dont il disposait étaient insuffisants pour se forger une opinion. Pour ce qui était du sel sur le cadavre, Tischenez avait tout simplement goûté la poudre éparse sur le pyjama de Georges Quilat pour en déterminer la nature. Rien ne l'écoeurait. Nicolas Chaivalme et son chef retrouvèrent le légiste sur le trottoir : -Alors toubib ? demanda Tischenez. -Très méchante blessure, le bas-ventre a été ouvert sur vingt-cinq centimètres environ et la profondeur de la plaie, de l'ordre de huit centimètres. La mort n'a pas été instantanée et le malheureux a dû souffrir atrocement. Je situerai l'évènement entre deux et quatre heures du matin. -Docteur, demanda Chaivalme, faut-il une grande force pour provoquer une telle blessure ? -Une très grande force, peut-être pas, mais une volonté farouche de faire une telle ouverture dans le ventre, c'est évident. Le coup de couteau porté initialement était suffisant pour entraîner la mort. Il a fallu ensuite une froide détermination pour éventrer complètement la victime. Ce genre de plaie me rappelle ce que j'ai pu étudier sur les éventrations rituelles que s'infligent les Japonais lorsqu'ils font harakiri ou seppuku. C'est tout à fait comparable. -Vous admettez donc qu'il ait pu se suicider ? poursuivit Chaivalme. -Ça pourrait être possible, mais certains détails me laissent penser que les choses ne se sont pas déroulées ainsi. Ce sont des détails techniques. La blessure de cet homme est trop large et trop profonde pour qu'il ait pu se mutiler lui-même. En effet, après le premier coup de couteau à gauche du nombril, il n'aurait jamais eu assez de force pour continuer à s'ouvrir le ventre de la sorte. À PROPOS DE L'AUTEUR Christian Ferrand - L'auteur réside à Montpellier où il a oeuvré dans le domaine de la sécurité informatique. Quel lien avec le roman noir ? C'est le mystère de l'écriture, de la convergence improbable d'un univers cartésien et d'un monde onirique.
[...] les formes de la guerre ne peuvent être étrangères au devenir du reste de la réalité historique. Dans le Chili des xvie et xviie siècles, il serait difficile de ne pas apercevoir l'attraction exercée par le thème de la guerre, qui paraît dominer toute la société. La guerre est présente dans les chroniques, dans les poèmes, dans les récits, dans les documents. C'est un motif constant dans cette société structurée par la violence, dans la formation de laquelle l'élément conquérant a joué un rôle décisif. Il est inutile d'insister sur la force et la valeur des méthodes de guerre employées pour soumettre la population indigène. Aussi, l'étude de l'exercice de la violence et de ses transformations historiques a-t-elle paru d'un intérêt qui l'impose. La capacité et le désir de violence ne sont pas toujours les mêmes et les conditions et les modes selon lesquels elle s'exerce ne restent pas identiques ni stationnaires. Si on arrive à percevoir certains changements, ils doivent refléter des modifications subies par la structure sociale. Violence et société se modifient réciproquement en une véritable et mutuelle interaction.