Alexis Philonenko
Alexis Philonenko
La grande pensée moderne qu'inaugure Descartes et que Leibniz conduit à des sommets suppose une lecture transcendantale aboutissant, par Kant, à Schopenhauer. « Copyright Electre »
Et si le quotidien recelait une profondeur insoupçonnée ? Dans Passent les saisons, passe la vie, Alexis Philonenko transforme l’observation des petits riens en une méditation subtile sur le temps qui fuit.
Dans cet essai, l'auteur s'est appliqué à restituer la figure de Descartes philosophe et savant en même temps qu'homme habité par l'espoir de prolonger la vie. Pas à pas Descartes vit cet espoir s'effondrer au point d'écrire à Chanut qu'au lieu de vaincre la mort, il avait (en sa morale) trouvé le moyen de ne pas la redouter. C'est dans la perspective ouverte par cette ambition qu'Alexis Philonenko a analysé les grands textes de Descartes depuis les « Regulae ad directionem ingenii » et le « Discours de la méthode », jusqu'aux données des « Meditationes de prima philosophia ». Cet aspect, un peu occulté, de l'esprit cartésien permet de rendre plus raisonnables certains passages audacieux que l'on apprécie généralement mal dans l'économie du système cartésien. La phrase-clef est la suivante : La conservation de la santé a toujours été le principal but de mes études.
Dans cet essai qui tient à la fois du roman picaresque et de la saga, Alexis Philonenko aborde la question de l'Europe et de son épaisseur métaphysique. Comment saisir de manière synthétique la cohésion spirituelle d'archipels, aussi disséminés, où scintillent les promesses d'ères nouvelles ? A la lumière de récits de voyages, de narrations savantes ou de pages inédites de Kant, Philonenko traque le Groenlandais pour montrer qu'en pleine période éclairée il est la figure emblématique de l'Untermensch. Puis il désigne les Chevaux de l'Apocalypse contemporaine : les derniers combats d'Europe et la guerre d'Algérie, la peste spirituelle et le statut difficile du débile mental, l'inversion de l'image de Dieu et le problème de l'assassinat ou de la famine agencée en crime de guerre. Ailleurs, le parcours de mondes oubliés permet à Philonenko de sillonner la Mer d'Edgar Poe ou la Terre d'Emile Zola, de montrer comment Parmentier et ses pommes de terre, Bernardin de Saint-Pierre et ses harengs auraient bien pu sauver la monarchie française sapée par les disettes. Puis d'autres pérégrinations font surgir des méditations sur le sport, la musique ou la philosophie, qui permettent de rencontrer Cassius Clay sur un ring, Ferdinand Alquié à l'université de Genève ou Fichte dans ses oeuvres.