Alexandre Arnoux
Alexandre Arnoux
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Et si le secret du temps se cachait dans la sagesse d’un patriarche légendaire ? Visite à Mathusalem mêle humour et réflexion pour explorer, à travers un dialogue imaginaire, les mystères de la longévité, de la mémoire et de l’expérience humaine.
Découvrez Flamenca, une réinvention envoûtante du poème provençal du XIIIe siècle, où Alexandre Arnoux donne vie à l’héroïne tendre et passionnée, prisonnière d’un époux jaloux.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Je ne sais quel ange ou quel démon m'a insinué de traiter, après tant d'illustres prédécesseurs, le sujet sacré de Jeanne, de la Pucelle d'Orléans. Ma modestie à la fois et ma démesure, l'atmosphère aussi de mon époque, l'actualité qui me baigne, m'ont conduit à l'imaginer sous un angle téméraire. J'ai vu les Saints, à l'approche du supplice de leur protégée, supplier Dieu de la sauver, de lui éviter le bûcher et la mort. L'Éternel a consenti. À cette condition cependant, et terrible, que la prisonnière des Anglais n'entendrait plus les voix. Car, lorsqu'un être a achevé sa mission, le Ciel n'éprouve plus le besoin de lui parler, et le malheureux se trouve seul alors, abandonné, en butte à tous les périls, à toutes les sollicitations, à tous les chantages ; rien ne le soutient. J'ai donc osé jeter Jeanne parmi les écueils de la réussite apparente, les précipices de la fausse victoire. Écoeurée, désespérée, elle criera à la fin à Dieu qu'il eût mieux valu pour elle être brûlée à Rouen. Et le Ciel l'exauce, efface de la mémoire des hommes le songe de cette entorse violente à l'histoire, qui reprend son cours. Ainsi se déroule, ajoutée à la réelle, la tragédie imaginaire de Jeanne d'Arc, dans un temps qui ressemble au nôtre, où les choses qui se refusent à mourir, et celles qui résistent à naître, se heurtent violemment et confusément, tendent à déborder, et à engloutir le héros dès qu'il a rempli la tâche que lui a assignée le destin.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Alexandre Arnoux, de l'Académie Goncourt, est né en 1884, à Digne, en Haute Provence. Il a eu une enfance assez vagabonde à travers la France, a vécu étudiant en Allemagne, et souvent voyagé en Espagne. De là, sans doute, la variété de son oeuvre, où se reflètent aussi les évènements d'une époque tourmentée. Au théâtre, il a donné Huon de Bordeaux, l'Amour des trois Oranges, les Taureaux, etc... Critique de cinéma fort écouté, il a collaboré à de nombreux films. Mais son activité est essentiellement littéraire. Il a rapporté d'Espagne des traductions de Calderon, et surtout de La Vie est un Songe, d'Allemagne, celle du Second Faust de Goethe. Les guerres lui ont inspiré Le Cabaret, Indice 33 et, récemment, Contacts allemands, qui résume l'histoire d'une génération. Enfin, son abondante production de nouvelliste, de romancier et d'essayiste affirme une personnalité qui excelle à fondre le réel et le féérique, à se promener parmi les idées, les personnages et le temps. Citons Abisag, les Gentilshommes de Ceinture, le Carnet de route du Juif errant, le Rossignol Napolitain, la Nuit de St-Barnabé, Rhône mon fleuve, Algorithme, le Calendrier de Flore, etc... et ce conte dialogué La Rose de l'Alhambra, écrit spécialement pour les ondes, et que la Radio a donné avec le plus vif succès. Nul, sans doute, n'était mieux désigné qu'Alexandre Arnoux pour écrire le portrait de Charles Dullin, le grand comédien et metteur en scène que la mort nous a enlevé il y a un an et qui a exercé une si profonde influence sur le Théâtre français contemporain. Alexandre Arnoux a connu Charles Dullin à Lyon, avant même ses débuts parisiens. Il a participé à sa lutte pour la fondation de l'Atelier. Charles Dullin a monté de lui Huon de Bordeaux, Petite Lumière et l'Ourse, l'adaptation du Médecin de son honneur, et de La Vie est un songe de Calderon, où il fut un Sigismond incomparable. Amitié profonde et durable de deux hommes, que le temps ni la divergence des caractères n'ont jamais relâchée. Alexandre Arnoux, en écrivant cet ouvrage, a tenté de nous restituer Charles Dullin dans sa force et ses tâtonnements, ses contradictions et son unité, ses petits échecs et ses grandes réussites. Ce n'est ni une étude historique ni une hagiographie. Non, il nous livre un être vivant, déchiré, ballotté par les circonstances et ses vastes ambitions désintéressées. Une sorte, en somme, de reportage étalé sur de longues années, et la chronique concentrée de l'amitié fervente et lucide qui l'a lié à celui dont la personnalité, l'enseignement, l'enthousiasme ont eu tant de rayonnement et qui a marqué de son sceau toute la génération montante du théâtre actuel.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Joliment illustré par des crayonnés originaux de Claude Maurel, "Moriana et Galvan" est un « intermède des souvenirs de théâtre » du romancier et dramaturge Alexandre Arnoux, de l'académie Goncourt, qui a traduit, adapté et mis en scène de nombreuses pièces, notamment espagnoles.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
"Paris se compose de beaucoup de villes, on l'a dit souvent, de vingt au moins; chaque arrondissement, chaque quartier même, a sa physionomie propre, ses moeurs, sa poésie. On peut voyager à Paris, découvrir des terres inconnues, provoquer des rencontres, se dépayser; il suffit de prendre l'autobus, de marcher à l'aventure. j'ai profité de cette aubaine.".
Nuit profonde.Sur quelle arche suis-je ? Et de quel pont ? Et de quel fleuve ? En quel lieu ? En quel âge du temps ? En quelle saison de ma course ?
- L'acte brut, murmura mystérieusement le vieillard, se spiritualise en cheminant. La matière s'abolit et la charité se renforce. A la fin il n'y a plus que l'amour; même s'il semblait manquer au commencement. Les ténèbres ne peuvent rien contre cela.
"Enfin, le cortège se dispersa; Auguste regagna Ménilmontant et ses coreligionnaires; moi, l'Ecole Normale Supérieure et les programmes de l'agrégation où je m'engouffrai provisoirement comme dans un trou d'érudition somnambulique. rien ne finit avec la mort. Ma fréquentation d'Algorithme, mon intimité, couplée de cauchemars et d'hallucinations d'abord, de plus en plus lucides ensuite, commençaient.".
L'amour des trois oranges, est une comédie en 3 actes et est suivi de l'oeuvre Les Taureaux, opéra bouffe en 3 tableaux.
Le pissenlit au mois de janvier, Aubépine en avril, sceau de Salomon en mai, Bignonia en octobre, explications poétiques des renaissances de la flore, par Alexandre Arnoux.
Compilation de trois textes d'Alexandre Arnoux : La Nuit Saint-Avertin, Hélène et les guerres, Place de la concorde, Journal de Jérôme Savrit.
Dans la nuit du lundi 10 juin au mardi 11, Jérôme Savrit avait mal dormi. Un brouillard livide, que ne perçaient ni la lune ni les étoiles, où se cassaient net, après une brève lancée, comme contre un mur résorbant, les faisceaux des lampes électriques de poche, s'était répandu sur Paris éteint, doublement noir, où l'obscurité avait une épaisseur de poison, laissait aux narines et à la gorge un dépôt huileux et charbonneux.
"Pauvre Giulio! Si ta mère avait écrasé le premier pou de ta tête avec une casserole en cuivre, peut-être que tu chanterais bien. Mais on t'a mal épouillé. Pauvre Giulio !" Moi, dit-elle, j'attends... Les tarots me l'ont promis.. un espion de la République...".
"J'ai pris au vol des instantanés de mon temps et de moi-même, mal débrouillés et qui chevauchent. qui pourrait aujourd'hui séparer nettement les choses, les images des hallucinations? Les évènements vont vite, plus vite que la pensée, et débordent le spectateur. Si vous cherchez les constructions majestueuses, les vues logiques et ordonnées de l'esprit, jetez au panier ce livre fait de croquis, d'échos et d'effusions, ce journal de bord intermittent; choisissez pour y vivre, un siècle moins hasardeux.".
La marche, ça a toujours été mon fort. Même le jour du Sabbat, je ne me privais pas de me promener, sans sortir toutefois des faubourgs, sans aller au-delà de la limite prescrite par la Loi, des deux milles coudées de rayonnement permises. Une voix me disait à l'oreille : Marche. Mais le souffle de Dieu me frappait le visage et me retenait au bord de l'abîme, au seuil du voyage à travers le sacrilège et l'abomination. Comment ai-je si longtemps résisté?
"J'ai essayé, dans cet ouvrage, de raconter la vie d'un homme à qui il n'arriva rien, en somme, que d'être souvent un écrivain bizarre, et parfois, un grand poète.(..) Impossible de peindre Tristan Corbière sur pièces d'archives; il faut jeter dans l'entreprise son propre songe, son cour, son sang. Il n'y a pas de demi-mesure. La chance de réussite dépend du risque même d'erreur et s'y proportionne. J'ai couru, témérairement, absolument, les deux.".
Quoique romancier, poète, essayiste, M.Emmanuel Jussedieu n'était pas un imbécile, tant s'en faut. L'encre, ce poison où se dissolvent les idées, ne l'aveuglait que modérément; une marchande de rues pouvait l'intéresser autant qu'un polygraphe mort et un garage qu'une ruine de cathédrale.
"Les bruits ne manquent guère à Paris ; la musique y est plus rare.".
Je conterai une histoire de ma jeunesse ; elle est innocente et fantasque; elle côtoie le crime et l'enchantement. Alors que je n'avais ni scrupules ni faiblesses, mais seulement des désirs et des désespoirs; je n'évitais pas l'obstacle, mais je l'enlevais ou m'y attachais. (...). Voici une histoire entre mille, pour m'alléger. Je garde quant à moi, les plus belles, les plus secrètes, celles qu'on ne se remémore qu'à nuit close, qui sont si profondes qu'elles n'ont pas besoin du récit pour ressusciter. Contentez-vous des balivernes authentiques. Je n'ai l'intention ni de vous plaire ni de me fatiguer à écrire un chef d'oeuvre; un roman suffit; on ne m'a pas commandé autre chose.
Présentation de plusieurs textes, parmi lesquels Louis et Louis, le Thermomètre, Voyages de Marco Polo, Deux contes pour Noël...