Alain Montandon
Alain Montandon
Dès l'origine la pratique hospitalière se réfère à une instance divine. Pourquoi se placer sous la férule des dieux ? Pourquoi lien social et religion ont-ils à voir ensemble ? Quels sont les mythes qui viennent illustrer et dire l'articulation de l'humain et du divin ? Telles sont quelques-unes des questions posées par ce livre qui s'intéresse au discours et aux représentations de l'hospitalité. « Copyright Electre »
Épigramme, proverbe, sentence, maxime, aphorisme, fragment, anecdote. mot d'esprit... la brièveté peut prendre des formes nombreuses, hétérogènes, mais elle est toujours fulgurance, magie du mot, faite d'images rapides dont le raccourci aiguise l'éclat. Ces formes brèves instaurent ainsi des traits d'écritures spécifiques ; elles relèvent d'une rhétorique, d'une stylistique et d'une poétique particulière. Ce livre offre un parcours à travers ce continent peu exploré de la littérature. Des inscriptions lapidaires antiques aux télégrammes de l'âme de notre modernité, le lecteur est amené à découvrir La Rochefoucauld, Lichtenberg, Char, Michaux, Nietzsche, Erasme, Jean-Paul, Gracian, Chamfort, Pascal, La Bruyère, Blanchot, Leiris et bien d'autres. Enrichi de textes critiques, d'un index des formes et des auteurs, l'ouvrage constitue une précieuse introduction pour des étudiants débutants comme pour des lecteurs plus avertis.
L'histoire du roman durant le siècle des lumières est une histoire européenne dont les créations foisonnantes animent le siècle : utopies, romans d'aventures et de voyage, roman picaresque et épistolaire, etc. A travers la variété des cultures et traditions nationales, ce sont les orientations du roman européen, tant sur le plan thématique que formel qui sont analysées. « Copyright Electre »
Les usages nocturnes de la ville se sont récemment intensifiés face à la mise en place historique d'un couvre-feu. L'évolution des modes de vie tend vers une désynchronisation des temps sociaux entre eux et avec les rythmes individuels. L'idée d'une conquête progressive de la ville nocturne par des éléments de la ville diurne fait son chemin. Ce phénomène a ses revers : des conflits de cohabitation se formalisent entre sommeil et temps ludico-festif.
Aujourd'hui, les psychiatres intervenant auprès des tribunaux exposent de plus en plus les malades mentaux criminels à la sanction pénale et à la prison. Ces experts confient ainsi à la justice la responsabilité d'un patient potentiellement dangereux et dont la prise en charge peut être problématique. Passant au crible un ensemble d'expertises psychiatriques, Caroline Protais analyse comment a évolué le discours professionnel dominant : à l'humanisme des premiers aliénistes du xixe siècle s'est substituée à partir des années 1960 une tendance punitive sans cesse accrue et toujours d'actualité. Entre histoire et sociologie, cet ouvrage offre non seulement une rétrospective originale des pratiques psychiatriques depuis les années 1950, mais également une réflexion sur une problématique qui travaille nos sociétés depuis toujours : celle de la responsabilité humaine face aux errements de la raison.
Écrire la danse relève tout d'abord de la mimétique, de l'ekphrasis, de la description : il s'agit de saisir et de reproduire la nature spécifique d'un corps en mouvement, dans ses aspects extérieurs comme dans l'intimité d'un vécu original. La complexité est rehaussée par le fait de la multiple variété des formes de danse : danse populaire, danse de cour, ballet, bal, danse de couple. La description précise du mouvement des danseurs se heurte à des questions à la foi d'emplacement, d'espace, de temps, de rythme, d'enchaînement que la notation écrite peine à saisir. Les systèmes de notations qui permettraient de fixer sur le papier ces mouvements ont été nombreux, mais fort peu satisfont réellement ; ils ne sont la plupart du temps pertinents que pour une partie seulement de la danse qu'ils décomposent et sont peu aptes à rendre l'ensemble du phénomène. La trace écrite n'est que la stèle ou l'épitaphe d'un corps vivant ; elle ne produit que du mécanique, incapable de restituer pleinement la vie circonstancielle du corps dansant. Vouloir fixer sur le papier, à travers l'écriture, quelque chose qui se passe dans l'espace, dans le temps, dans et par le corps, les mouvements exprimant une projection expressive de l'intérieur vers l'extérieur, relève aussi d'une rêverie faite dans la distance, dévoilant l'écriture comme réminiscence ou volonté commémorative, acte de mémoire faisant retour pour une meilleure compréhension ou analyse, bref, exhibant dans la distance ce qui a été, l'écriture comme nostalgie, devant cette « tradition d'efforts singuliers et éphémères, qui disparaîtront sans laisser aucune trace, impalpable poussière de la plus périssable des architectures : la danse ». Mais l'écriture elle-même, dans ses métaphores et sa pratique, animée du mouvement comme ronde de la vie ou danse macabre, faisant place aussi bien au processus de civilisation qu'aux pulsions érotiques, s'exhibe également comme danse, mouvement dansant avec flexibilités, courbes, rythmes, vertiges, enchaînements, arabesques, graphé sautillante, serpentine, onomatopéique. Avec Nietzsche, Mallarmé, ou la chorégraphie derridienne, mais dans des sens différents, la danse est prise comme modèle d'une écriture, non pas dans l'imitation de son anecdote, mais de son essentiel mouvement.