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L'actualité de l'Inde, fournie et complexe, ne cesse de nous interroger. Pays continent marqué par une diversité exceptionnelle, le géant indien voit son modèle de développement remis en cause par la crise du Covid. La plus grande démocratie du monde, fondée sur l'héritage laïque de Nehru et Gandhi, est remise en cause par le nationalisme hindou et, confrontée à une croissance économique fragile, elle doit à nouveau relever le défi de la pauvreté. En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociétaux et géopolitiques de l'Inde, cet ouvrage accessible et précis donne des clés de lecture pour aborder le pays, non seulement à travers sa profondeur historique mais aussi à travers ses paradoxes contemporains : quel projet politique ? Quelles perspectives économiques ? Quelles évolutions sociétales ? Quelle place pour les religions ? Quelles ambitions internationales ? Une douzaine de cartes et d'infographies viennent étayer le propos.
En 2002 se sont déroulées dans l'État du Gujarat les plus graves attaques contre des musulmans qu'a connues la République indienne depuis 1947. 2 000 d'entre eux ont péri au cours des violences qui ont duré près de six mois tandis que 150 000 autres ont été contraints de fuir définitivement leur logement, attaqués par des nationalistes hindous agissant avec la complicité des autorités locales. Charlotte Thomas propose la première exploration du ghetto musulman de Juhapura, qui s'est formé à la suite de ces pogroms. Elle analyse les stratégies de domination mises en oeuvre par les pouvoirs publics à l'encontre de cette minorité. Elle révèle la discrimination, la ségrégation économique et spatiale, le manque d'accès aux services publics de base que subissent les musulmans de Juhapura. Mais l'auteur dévoile aussi les tactiques de résistance qui répondent à ces stratégies de domination, ainsi que le développement socio-économique à l'oeuvre au sein du ghetto grâce aux initiatives de self-help élaborées par les résidents. Explorer le ghetto de Juhapura et la vie quotidienne de ses habitants, c'est découvrir « de l'intérieur » et en actes le projet politique nationaliste hindou porté par l'actuel Premier ministre, Narendra Modi, dont la responsabilité dans les pogroms de 2002 est directement mise en cause. Charlotte Thomas est docteure en science politique. Elle est actuellement en postdoc au CERI Sciences Po et dirige le programme Asie du Sud (SAProg) du collectif de chercheurs Noria. Préface de Howard Spodek
Depuis Gandhi, la civilisation indienne est associée à la non-violence. Toutefois, le mahatma a dû imposer sa philosophie à une population traditionnellement ancrée dans la violence et dans les luttes armées. Pour lutter contre le pouvoir colonial, les terroristes, les membres du mouvement Ghadar et l'armée levée par S.C. Bose ont pris les armes pour chasser l'occupant, et ce avec le soutien de la grande majorité du peuple. Depuis l'indépendance, au Cachemire, au Pendjab et dans les États du Nord-Est, les populations se sont violemment révoltées contre la politique du gouvernement central. C'est également par la force armée que les maoïstes veulent imposer une république marxiste à Delhi. Gandhi reste une exception dans l'histoire de l'Inde.
Le 5 octobre 1864, un violent cyclone s'abat sur la plaine du Gange. Calcutta, capitale de l'Empire britannique en Inde, est dévastée. « Le jardin botanique de Calcutta figure désormais parmi les choses du passé », lit-on dans le Gardener's Chronicle. Trois décennies plus tard, le jardin était pourtant devenu l'un des plus éminents symboles de l'Empire britannique. Les visiteurs affluaient pour admirer un arbre immense à l'allure de forêt : le grand banian. Son herbier, riche de milliers de spécimens venus de tous les territoires impériaux, en faisait un haut lieu de la classification botanique. Ses directeurs étaient tenus de contribuer à l'essor économique du Raj en tentant d'acclimater de nouvelles espèces et d'améliorer le rendement des récoltes. Ses responsables en écrivaient l'histoire comme celle d'un lieu colonial modèle qui servait la mission civilisatrice de l'empire. Ce livre étudie le rôle à la fois symbolique et économique qu'a joué le jardin botanique de Calcutta dans le dispositif d'un empire alors à son apogée. À l'aide d'archives inexploitées jusqu'ici, Marine Bellégo nous plonge dans le quotidien à la fois monotone et tourmenté de l'un des plus grands jardins botaniques coloniaux. Elle met ainsi au jour les innombrables tensions qui parcouraient ce microcosme impérial dysfonctionnel, faisant un sort aux échecs d'acclimatation, aux désastres logistiques, aux problèmes de main-d'oeuvre et à la dureté implacable des relations humaines dans la sphère coloniale. L'ouvrage explore ainsi comment se rejouaient au sein d'un jardin botanique les ambiguïtés, les contradictions et la violence structurelle de l'entreprise impériale.
L'Inde et l'Italie, l'Italie et l'Inde ! Les études ici réunies mettent en lumière les liens anciens et féconds que ces deux pays ont tissés : Vénitiens et Génois, artisans du commerce des épices entre l'Europe et l'Asie du Sud dès la fin du XIIe siècle ; Sikhs du Panjab venus fabriquer de la mozzarella au sud de Naples aujourd'hui ; orfèvres italiens enrôlés pour leur savoir-faire à la construction du Taj Mahal ou bien encore le Risorgimento pris comme modèle politique par les patriotes indiens à partir des années 1830. Les exemples d'une attirance mutuelle et d'une influence réciproque au plan intellectuel, politique et artistique sont nombreux, donnant lieu à des relations d'une teneur originale, inspiratrice de cet ouvrage. Historiens, spécialistes de littératures sanskrite, hindie et tamoule, conservateurs de musée et anthropologues témoignent du croisement de courants ou de personnalités qui ont incarné cette connexion de longue durée : des échanges nourris et variés s'illustrent à travers les voyageurs, missionnaires, hommes politiques, professeurs, écrivains et artistes en un kaléidoscope où l'on croise Gramsci, Gandhi, Ranajit Guha aussi bien que De Gubernatis, Maria Montessori, Tagore, Satyajit Ray, De Sica et bien d'autres. N'est-ce pas cette communauté des acteurs de l'histoire qui permet par le dialogue de favoriser un art de la rencontre toujours en devenir ?
Cette histoire des Établissements français dans l'Inde durant le XXe siècle comble une lacune car il n'existe pas, dans la production française, d'ouvrage embrassant l'évolution des Comptoirs français durant le siècle dernier. En dépeignant les évolutions, de 1914 à 1962, de la vie politique, administrative et économique ainsi que les mutations sociales dans les Établissements, l'ouvrage montre la manière dont les décisions furent prises à Pondichéry, à New Delhi, à Paris et à Londres. Du point de vue de la décolonisation, cette histoire est aussi inédite car elle ne reflète pas une lutte pour l'indépendance mais une volonté de rattachement à un autre pays ; elle démontre par la même occasion qu'il est possible à deux nations, par-delà des antagonismes politiques, de maintenir des liens ancestraux et de les affermir, en les renouvelant.
Pendant huit ans, Fabienne Martin a suivi le quotidien des résidents d'une communauté de lépreux établie dans la ville de Jodhpur dans le Nord de l'Inde. Cette communauté est née de la volonté des lépreux de rétablir des liens et de recouvrer une place dans une société surdéterminée par les appartenances collectives. Comment vivre avec la lèpre ? Pour les lépreux qui ont fondé cette communauté et pour leurs descendants qui y sont nés, cette question impérieuse, existentielle au sens le plus littéral et le plus concret, anime sans relâche leur quotidien. Pour le chercheur, elle invite à examiner comment la vie peut se trouver radicalement redéfinie par un événement, et, à partir de cette reformulation, à appréhender le sens que les individus lui prêtent. Placés devant l'incertitude de l'inconnu, subissant la violence de l'exclusion et les douleurs du corps, les lépreux ont constamment opéré des choix. Ils ont exploré des possibles et en ont aussi créé. C'est là que réside leur particularité, à la fois en deçà et au-delà de la communauté qu'ils ont formée, dans ce qui précède et ce qui suit sa constitution : dans une certaine manière de construire du commun, dans une certaine manière d'être en commun. Ce livre s'intéresse à ces choix, à ces parcours, à ces élaborations. Il expose ce qu'il est rarement donné d'observer : la fabrique en cours de nouvelles formes sociales d'existence.
Pendant un millénaire et demi, l'Inde a exporté tous les aspects de sa civilisation, créant autour d'elle un vaste empire d'idées. L'art, les religions, l'architecture, l'astronomie, la musique, la danse, la littérature, les mathématiques et la mythologie de l'Inde ont essaimé à travers le monde, le long d'une « Route de l'Or » qui s'étendait de la mer Rouge au Pacifique.William Dalrymple s'appuie sur toute une vie de recherches pour mettre en lumière la position souvent oubliée de l'Inde en tant que coeur de l'Eurasie antique. Du plus grand temple hindou du monde à Angkor Vat au bouddhisme chinois, du commerce qui a contribué à financer l'Empire romain à l'introduction du bouddhisme en Chine, en passant par la création des chiffres que nous utilisons aujourd'hui (en particulier le concept de zéro), l'Inde a transformé la culture et les sciences du monde ancien - et a contribué à bâtir notre monde actuel tel que nous le connaissons.
Vue d'ailleurs, l'Inde est une terre de légendes, qui fascine les voyageurs : le pays des fakirs, des éléphants combattants et des charmeurs de serpents a vu naître des sagesses à profusion, et l'Union indienne est le seul pays au monde qui a conservé le polythéisme. Mais la religion n'est pas tout. Goût prononcé pour les mathématiques, nationalisme linguistique, discriminations de caste, Bollywood ou encore yoga : l'Inde puise dans son passé pour se réinventer et nourrir le soft power qu'elle entend exercer. Anne Viguier explore ici sa longue fabrique culturelle et politique. Depuis 2014, l'Inde est gouvernée par un homme fort, Narendra Modi, qui entend hisser le pays à la hauteur de ses ambitions de superpuissance. Le pourra-t-il ?
Vue d'ailleurs, l'Inde est une terre de légendes, qui fascine les voyageurs : le pays des fakirs, des éléphants combattants et des charmeurs de serpents a vu naître des sagesses à profusion, et l'Union indienne est le seul pays au monde qui a conservé le polythéisme. Mais la religion n'est pas tout. Goût prononcé pour les mathématiques, nationalisme linguistique, discriminations de caste, Bollywood ou encore yoga : l'Inde puise dans son passé pour se réinventer et nourrir le soft power qu'elle entend exercer. Anne Viguier explore ici sa longue fabrique culturelle et politique. Depuis 2014, l'Inde est gouvernée par un homme fort, Narendra Modi, qui entend hisser le pays à la hauteur de ses ambitions de superpuissance. Le pourra-t-il ?
L’Inde, berceau de l’une des plus anciennes civilisations, fascine par son milliard d’habitants et sa démocratie unique.
Du VIe siècle avant notre ère à l’avènement du sultanat de Delhi, voici la première synthèse en français sur l’Inde du Nord, berceau des grandes religions et carrefour des empires.
Bombay, devenue Mumbai en 1995, est surtout connue en France pour ses conditions catastrophiques de logement et pour son industrie cinématographique florissante, Bollywood. Au-delà de ces images attendues, Vanessa Caru et Christophe Jaffrelot ont voulu retracer l'histoire de cette cité devenue, depuis le XIXe siècle, la capitale économique de l'Inde ainsi que la ville la plus peuplée du pays, attirant migrants et migrantes à la recherche d'une vie meilleure. De port inséré dans de multiples réseaux commerciaux, elle s'est mue en une métropole industrielle et s'est imposée comme un des hauts lieux de la lutte pour l'Indépendance, mais aussi de puissants mouvements sociaux qui visaient à remettre en cause les inégalités de classe et de caste. Ressaisissant sa trajectoire historique, les auteurs éclairent les défis auxquels la ville est à présent confrontée : la montée de la xénophobie, notamment du nationalisme hindou, l'emprise du crime organisé, les effets de la désindustrialisation ainsi que des dégradations environnementales dont pâtissent au premier chef ses habitantes et habitants les plus précaires.
Pays longtemps mystérieux, mélange complexe entre tradition et hyper modernité, l'Inde du XXIe millénaire reste toujours difficile à cerner.Les changements accélérés et dramatiques tant au plan social, économique que politique ont fait surgir de nouveaux acteurs, jeunes entrepreneurs, ingénieurs, artistes, femmes célibataires vivant seules. Mais ont-ils pour autant fait disparaître ce qui a caractérisé l'Inde depuis des siècles : une société de castes, le respect des traditions, l'impact des religions sur l'organisation sociale. ? Comment appréhender cette " New India " ? Ce livre propose de découvrir les parcours de vie et les points de vue de quelques Indiens d'aujourd'hui. Par leur liberté de pensée, leurs projets novateurs, leur volonté de transformer leur société, ils nous dévoilent une Inde inattendue, loin des clichés que véhiculent encore tant la presse à sensation que les agences de tourisme. Quelques éléments d'un immense pays qui est loin d'avoir livré tous ses secrets.
En Inde comme dans bien d'autres pays, la nation ne se définit pas seulement sur le mode ouvert de la citoyenneté, mais aussi sur celui, fermé, de l'ethnicité. Le premier a longtemps été représenté par le parti du Congrès de Gandhi puis de Nehru, et le second par les nationalistes hindous, pour lesquels la communauté majoritaire, faite de fils du sol, incarne l'Inde éternelle, tandis que les chrétiens et les musulmans sont des pièces rapportées devant prêter allégeance aux symboles hindous pour être reconnus comme des Indiens à part entière. Né dans les années 1920, le nationalisme hindou n'a pris son essor que dans les années 1990 avant de conquérir le pouvoir en 2014. Ce tournant doit beaucoup au populisme de son leader, Narendra Modi, une personnalité atypique qui a d'abord gouverné la province du Gujarat - où il s'est imposé, suite au pogrom antimusulman de 2002, grâce à ses succès économiques et au soutien des milieux d'affaires , avant de conduire son parti, le BJP, à la victoire. En cinq ans, les nationalistes hindous ont changé la face de l'Inde. Non seulement ils ont mis au pas les tenants du sécularisme (universitaires, ONG...), mais ils se sont aussi attaqués aux chrétiens et aux musulmans au point de les marginaliser dans les assemblées nationales et régionales, et, surtout, de mettre en place une police culturelle. Ce dispositif, s'il ne s'est pas traduit par des réformes constitutionnelles, donne aujourd'hui naissance à une démocratie ethnique de fait. Christophe Jaffrelot, ancien directeur du CERI, est directeur de recherche au CNRS et enseignant à Sciences Po. Il est le grand spécialiste de l'Asie du Sud et s'intéresse plus particulièrement à sa politique, au carrefour des dynamiques sociales et religieuses.
Tant d'idées reçues courent encore sur l'Inde : la misère de Calcutta, le faste des maharajas, le cinéma coloré de Bollywood... Des villes surpeuplées, un système social et religieux impénétrable, et leur violence sous-jacente...À l'opposé, chacun admet que sa culture, ses sciences, sa spiritualité, sa philosophie, ont profondément influencé l'Occident et bousculé ses schémas de pensée. Le sanskrit n'est-il pas, à ce que l'on dit, la mère de toutes les langues ?Devenue sixième puissance mondiale, devant même le Royaume- Uni, l'Inde ne peut pourtant se réduire à ces stéréotypes, si contrastés soient-ils. Son histoire, si longue et si dramatique, est celle d'une civilisation encore plus ancienne qu'on ne le croit d'ordinaire. Et qui, contrairement à Rome, Athènes ou Alexandrie, a non seulement survécu, mais est destinée à jouer un rôle économique, politique, culturel et spirituel déterminant pour l'avenir du monde.François Gautier en retrace les périodes marquantes. S'il revisite la protohistoire et la préhistoire de l'Inde, il éclaire également des aspects sur lesquels les regards peinent à se renouveler, telles l'invasion d'Alexandre le Grand, la colonisation anglaise ou la marche vers l'indépendance.
Deux correspondances de deux naturalistes en Inde, entre 1818 et 1832.En juin 1833, la Revue des Deux Mondes publiait une longue lettre du naturaliste Victor Jacquemont, mort l'année précédente à Bombay à l'âge de 31 ans, au cours d'une mission commandée par le Muséum d'histoire naturelle. À la livraison suivante, elle ouvrait ses colonnes à une série de lettres d'un autre naturaliste, Alfred Duvaucel, terrassé au même âge, à Madras en 1824, lui aussi envoyé pour enrichir les collections indiennes du Muséum. Ces deux correspondances distinctes, assemblées pour la première fois en volume, réunit les destins parallèles de ces explorateurs qui ont sillonné l'Inde. Pionniers intrépides en quête de découvertes scientifiques en zoologie, botanique et minéralogie, ils ont mis au jour des richesses de la nature, en un temps où la concurrence coloniale entre la France et la couronne britannique était vive. Jeunes trentenaires fauchés par la maladie, ces aventuriers romantiques ont suscité d'éminents témoignages de reconnaissance pour leurs contributions à l'avancée des sciences. " Jamais homme ne fut plus propre que Jacquemont à remplir périlleuse mission dont il était chargé. " Prosper Mérimée Édition préfacée et annotée par Jérôme Petit INÉDIT
De l'indépendance en 1947 au géant économique de 2017, quels basculements a vécu l'Inde ? A découvrir à travers 10 témoins et 10 moments clés. Lorsque la Grande-Bretagne accorde son indépendance à l'Inde en août 1947, peu d'observateurs parient sur la survie de cette nouvelle nation. Winston Churchill martèle que l'Inde sans la tutelle anglaise ne sera que chaos et barbarie. Les institutions et les services publics créés par les Britanniques s'écrouleront. Le pays sombrera dans le Moyen-Âge. A l'aube de son 70e anniversaire, l'Inde est devenue la première puissance d'Asie du sud, un géant démographique, économique et militaire en devenir. Forte d'une croissance de 7,5% par an, son économie est la plus dynamique du monde. Ses dirigeants nourrissent des rêves de grande puissance. Dix témoins qui ont vécu les ruptures de l'Inde contemporaine racontent ce qu'ils ont vu, et comment ils ont, pour certains d'entre eux, changé le cours de l'Histoire. Livrant leurs déceptions, leurs satisfactions et leurs espoirs, leurs récits éclairent l'Inde d'aujourd'hui.
Le 2 mai 2011, l'élimination d'Oussama ben Laden dans une zone contrôlée par l'armée pakistanaise médiatise les débats sur le rapport ambigu de l'ISI au terrorisme international. Le premier service de renseignement du pays focalise les accusations de double jeu.C'est un organe puissant qui est mis en lumière, pour certains un véritable « État dans l'État ». Depuis sa création en 1948, l'Inter-Services Intelligence évolue dans un environnement géopolitique instable. Engagé dans une guerre d'influence avec l'Inde sur plusieurs fronts (Cachemire, Pendjab, également Népal et Bangladesh), il est à l'oeuvre sur tous les points chauds de la région. En 1979, il devient un acteur central du « grand jeu » afghan, soutien des moudjahidine en lutte contre l'occupant soviétique, et concentre dès lors de multiples prérogatives.Service civil en réalité inféodé à l'armée, chargé du renseignement extérieur mais doté d'une branche « politique », l'ISI cultive le mélange des genres, dans un pays où rares sont les gouvernants qui quittent le pouvoir par la voie constitutionnelle. Impliqué dans des affaires de corruption et de trafics en tous genres, il est également soupçonné de manipulations électorales, de participations aux coups d'État militaires et d'assassinats politiques.Ce livre dresse un bilan complet et réaliste de soixante-dix ans de renseignement, étayé par de nombreuses informations de première main. Politologue et historien, Hein Kiessling a vécu au Pakistan de 1989 à 2002 et a rencontré plusieurs membres de l'élite politique et militaire. Ses voyages en Asie centrale, en Inde, en Chine et dans les autres pays de la région lui ont permis d'approfondir ses investigations.Traduction : Hugues Van Besien