Économies comparées
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Avec ce premier livre en français visant un large public, le prix Nobel d'économie 2014 nous fait partager sa passion pour la discipline. Il défend une certaine vision de l'économie, science qui fait le pont entre la théorie et les faits au service du bien commun, et de l'économiste chercheur et homme de terrain. Ce faisant, le lecteur pénètre dans l'atelier d'un économiste, et voyage à travers les sujets affectant notre quotidien : économie numérique, innovation, chômage, changement climatique, Europe, État, finance, marché... En dressant un panorama des grandes problématiques de l'économie d'aujourd'hui, Jean Tirole nous fait entrer au coeur des théories dont il est le père.
Omniprésent, le mot « crise » est souvent galvaudé. Comprendre l'économie et ses enjeux futurs suppose une analyse fine et précise de ce qu'est une crise économique. C'est à cet objectif que s'attache ce livre. Exposé pédagogique de ce que dit la théorie économique sur les crises et leur éternel retour sous forme de cycle, il se penche ensuite sur les leçons à tirer de l'histoire. Depuis 1945, l'économie mondiale est dominée par les Etats-Unis si bien qu'analyser les crises conduit à étudier leur action. Celle-ci se caractérise par une justification keynésienne du recours systématique au déficit budgétaire et à la facilité monétaire. Le livre tente de répondre à la question de savoir si cette hégémonie américaine, qui n'avait pas été remise en cause par le contre-modèle soviétique, l'a été par les coups de boutoir qu'ont constitués les récessions de 1975, 1992, 2009 et 2020 et par leurs séquelles sous forme de dettes. Quant aux problèmes environnementaux, portent-ils en eux une crise dévastatrice, rappelant le « piège nutritionnel » théorisé par le prix Nobel Angus Deaton, c'est-à-dire un retour à des périodes de pénurie semblables à celles qui marquaient l'économie d'avant 1750 ?
Quel point commun entre la crise de 1929 et celle de 2007 ? À l'origine de l'une comme de l'autre : le non-cloisonnement entre les activités bancaires et les activités financières.En 1929, c'est la baisse du prix des actions en bourse qui a empêché les banques de rembourser leurs déposants, entraînant de nombreuses faillites. En 2007, ce sont les crédits subprimes octroyés par les banques qui, par le biais de leur titrisation, se sont invités dans les actifs boursiers. La chute du prix de ces actifs a entraîné des pertes considérables pour les porteurs, investisseurs ou banques. Les États ont mis en place des plans de soutien dont le financement s'est fait au prix de l'endettement, particulièrement dans les pays de la zone euro. Dès 2010, les régulateurs américains ont adopté un mécanisme de séparation des activités. L'adoption d'un tel dispositif en Europe se fait encore attendre. À la clé de cette dérégulation généralisée : la perspective de nouvelles crises...
La crise que la région du Kasaï a connue entre août 2016 et fin 2017 a auguré d'un régime de violence et laissé des stigmates qui tourmenteront de nombreuses générations. Cet ouvrage met en lumière la dynamique complexe de la crise du Kasaï non encore suffisamment documentée sur le plan scientifique et se focalise sur les enjeux et les défis majeurs de la gestion de l'après-conflit au Kasaï central, épicentre de la crise.
Pour favoriser l'innovation, les gouvernements s'efforcent, par des politiques de clusters et pôles de compétitivité, de guider et soutenir les initiatives locales. Depuis les années 1990 la Russie a favorisé l'émergence de "milieux innovateurs" dans des territoires disposant d'atouts productifs significatifs. La politique de "clusters" territoriaux d'innovation initiée en 2012 s'efforce d'encourager une gouvernance locale dite "inclusive".
Les crises environnementales et les crises socio-économiques affectent notre quotidien. Face à ces crises "naturelles" répétitives, l'intérêt porté à notre environnement et à son évolution s'accroît. Parallèlement, les crises socio-économiques et financières se produisent et se reproduisent sans sembler vouloir s'arrêter. Comment réduire la vulnérabilité de nos sociétés vis-à-vis de ces crises? Comment adapter nos sociétés pour les rendre moins vulnérables? Le premier pas passe par la description du fonctionnement des interactions entre société, nature et technique.
Hayek propose une réforme radicale du système monétaire international. Selon lui, le contrôle par l'État de l'émission monétaire conduit à des crises économiques récurrentes et permet aux gouvernements de croître continuellement. Hayek défend au contraire, parallèlement aux monnaies nationales, l'émission de monnaies privées et la mise en concurrence des unes avec les autres. Des banques privées émettraient des monnaies distinctes et seraient incitées à garder stable leur valeur au cours du temps. Hayek anticipe que l'émission privée de monnaie permettra une stabilité économique plus grande que ce que permet une banque centrale en situation de monopole. L'ouvrage est écrit peu de temps après que les États-Unis ont rompu tout lien entre le dollar et l'or en 1971, laissant place au système monétaire contemporain, uniquement fondé sur des monnaies-papier inconvertibles.
Écrit en collaboration avec Natália Brasil Dib, Emilia Ferone et Sara Petroccia, cet essai en anglais comprend un ensemble de contributions qui analysent la méthode recherche sociologique relative à la notion de « Hypercitizenship », en se focalisant sur les questions du développement global, de la croissance technologique et du cosmopolitisme du point de vue du citoyen.
Comment anticiper sur ce qui vient et dont personne ne sait rien ? Est-ce si important de savoir, ou au moins d'essayer de savoir, quelque chose en cette matière ? En quoi consiste la prospective, la discipline intellectuelle qui s'intéresse au futur ? Est-elle l'inverse de l'histoire qui ne se soucie que du passé ? Peut-on se passer de penser le futur ? Cet ouvrage a pour objet de tirer le bilan, les leçons, d'une pratique intensive de la prospective par l'auteur (recherche, enseignement, conseil, écriture) depuis cinquante ans, en France et à l'étranger, à la demande de gouvernements et d'universités étrangères.
Cet essai étudie les effets de l'hégémonie (néo)libérale. La critique conduit alors à un projet concret pour en sortir : la Garantie Inconditionnelle de Subsistance. Dans un contexte de crises économiques, d'inégalités, de destruction des solidarités et du bien commun, de mort de la démocratie, et de péril écologique, comment le libéralisme s'en prend-il au monde ? Savoirs, science, langage, tout est subordonné au marché. Cet ouvrage étudie leur zombification. En dépliant le paradigme du don maussien, menacé par le marché, on voit en ses incarnations des remèdes : peuple, décence commune, gratuité. A partir de là, un projet neuf est proposé pour assurer la subsistance alimentaire, l'accès à la culture et le lien social.
Ce numéro rassemble les articles suivants en français et en anglais : The carbon footprint of countries' production and imports : an environmental Kuznets curve approach ; L'effet de la complexité économique sur la pollution de l'air : une autre approche de la courbe environnementale de Kuznets ; Ocean acidification in the Middle East and North African region ; Energy consumption and economic growth in Egypt : A disaggregated causality analysis with structural breaks ; La mobilité pendulaire des interurbains et leurs impacts sur les émissions de CO2, un enjeu d'aménagement ; Valeur touristique des aménités environnementales et nuisances associées aux infrastructures d'énergie renouvelable : une approche hédonique spatiale.
Les nouveaux systèmes énergétiques qui se mettent en place pour la transition énergétique nécessitent plus de coopération, plus de partenariats entre des partenaires plus variés (entreprises publiques, privées, coopératives, collectivités locales, ...), et plus de coordination pour une gestion efficace des réseaux (smart grids). Les textes rassemblés dans ce livre analysent les nouvelles configurations technico-institutionnelles qui articulent l'action de nombreuses parties-prenantes, tant au Nord qu'au Sud, et nécessitent de ce fait une gouvernance renouvelée et complexe.
Au sommaire : La construction des libéralismes face à leurs adversaires / Montesquieu, critique de Law. Qui est l'ennemi du libéralisme ? / Fermiers et Grains : deux moments de confrontation de Quesnay à la science du commerce / Contre les colbertistes et les anglomanes / Le « système de la liberté naturelle » face aux partisans du système mercantile. Qui sont les adversaires de Smith ? / L'Inquiry into the Nature and Origin of Public Wealth de Lauderdale / Construire et défendre le libéralisme en période révolutionnaire / Libéralisme d'Etat ou libéralisme civil : la controverse entre Wilhelm von Humboldt et Hardenberg / De la défiance à l'éloge des coopératives par J. S. Mill
Au sommaire de ce numéro : De quoi la monnaie est-elle la mesure ? Aristote, Diogène et Platon ou la convention monétaire dans l'horizon du politique / De la récompense à l'utilité : la trajectoire économique du béhaviorisme de 1961 à nos jours / Théorie de la régulation, régulations, "régulationnistes" : éléments de méthodes et conditions d'une communauté épistémique / "Some espects of railroad rates" (1922) : Edward H. Chamberlin avant Harvard, l'oligopole comme un premier pas vers la concurrence monopolistique / Some aspects of Railroad Rates
Réfléchir le développement en général et celui de l'Afrique en particulier, c'est se montrer à la hauteur des évolutions et adopter une approche innovante fondée sur un changement durable et transformateur. Le tout passe par un impératif : la prise de conscience des acteurs du développement, produit de la résurrection de l'éthique et de la morale africaines. Le développement de l'Afrique dépend aussi de l'éveil intellectuel capable de briser les relations de subordination dans les échanges mondialisés en s'orientant vers l'adaptation aux mutations liées à la marche universelle.
La réflexion sur le « Risque » est, par nature, porteuse car elle concerne la responsabilité des acteurs au niveau de la préparation comme de la réalisation des projets industriels, commerciaux ou de service. Le risque est omniprésent et le caractère limité de l'environnement naturel rend cette variable toujours plus d'actualité. Ce numéro de « Marché et Organisations » a pour vocation de présenter différentes expériences où le « Risque » est abordé sous des angles particuliers : l'univers culturel, l'international, les relations humaines, la comptabilité ou la logique.
L'industrialisation s'est accompagnée d'un renversement de l'échelle des valeurs qui nous a conduits à adopter un mode de production et de consommation incompatible avec la sauvegarde du vivant. La croyance selon laquelle le bonheur passe par l'acquisition toujours accrue de biens matériels est propagée et entretenue par un habile travail de lobbying. Cette propagande garantit la préservation des intérêts privés d'une infime minorité au détriment de l'immense majorité de la population mondiale et du bien commun. La préservation du vivant nécessitent de sortir du système économique actuel.
Est-il normal qu'un litre de gazole ne vaille pas plus qu'un litre de Coca-Cola ? La majorité des économistes l'admettent, alors que la valeur donnée par le marché rend très difficile l'élaboration des réponses aux défis écologiques et à la montée des inégalités. Les notions de valeur sociale et de valeur tutélaire émergent ; l'homo economicus doit céder la place à l'homo empathicus. Il faut refonder l'économie politique sur de nouvelles manières de penser ce que sont la valeur économique et la richesse.
Dans le capitalisme mondialisé, les nations - menacées - sont de retour ! Cet ouvrage reprend l'ensemble des thématiques et théories en Economie Politique Internationale : commerce, finance, production, ... pour analyser la mondialisation, en réintroduisant le pouvoir et les nations dans l'analyse des processus à l'oeuvre. Il propose également une généalogie des théories en présence, afin de faciliter la compréhension des concepts et des controverses qui traversent cette jeune discipline.
Très tôt, le tourisme est apparu comme la solution la plus pertinente pour instaurer une croissance dynamique et permettre le développement des petits espaces insulaires. Les études empiriques ont fait apparaître un lien positif significatif entre les recettes touristiques et la croissance du PIB pour les petites économies insulaires touristiques. De manière plus précise, « la stratégie touristique pourrait-elle être un facteur de développement durable pour les petites économies insulaires ? ».
Après avoir identifié les raisons culturelles, historiques et contextuelles de la condamnation morale des marchés financiers, l'ouvrage se penche sur les abus qui ont conduit à la crise financière. Une fois écarté le champ de la morale, inopérant pour envisager l'avenir des marchés financiers, l'ouvrage détaille leur fonctionnement, le rôle et les responsabilités des différents acteurs qui y contribuent : États, entreprises, banques, institutions financières, investisseurs professionnels et individuels. Il pointe également les failles du système et les solutions émergentes pour dessiner une finance utile, responsable et mise au service d'un développement économique durable.
Les relations qui s'établissent entre ces différents acteurs que sont les entreprises, les institutions publiques et les individus situés sur un territoire donné sont d'une intensité variable et peuvent prendre des formes très diverses. La notion de solidarité entre ces acteurs est primordiale, ces réseaux pouvant être d'une importance capitale pour l'entrepreneur et l'innovation.
Quelles formes doivent prendre les projets économiques et industriels pour induire une croissance régulière et durable ? Le livre analyse l'hétérogénéité des outils du développement tout en identifiant les raisons pour lesquelles la situation de certaines économies se détériore malgré l'application de modèles avérés, afin de formuler des recommandations d'optimisation des projets de développement. Comment optimiser les moyens existants ? Une première option repose-t-elle sur une rationalisation des méthodes d'action ? Une seconde viserait-elle à mieux coordonner l'action des différents acteurs ? Une meilleure articulation des différentes interventions représente une priorité.
Malgré les avancées considérables constatées dans tous les secteurs de l'activité économique et dans la société, l'économie industrielle sera source de nombreux problèmes pour les sociétés, les communautés humaines, les relations économiques internationales et pour toute l'humanité. Ce sont ces problèmes considérés comme défis de la société industrielle de l'époque contemporaine qui sont analysés par l'universitaire africain.
Dans un premier temps, cet ouvrage propose une analyse détaillée de l'ensemble des racines profondes de la crise actuelle, faisant un état des lieux de tous les problèmes rencontrés dans notre écosystème et dans notre socio système, qui sont en étroites relations d'interdépendance. Dans un second temps, il procède à l'actualisation indispensable de la définition du développement durable et formalise un nouveau paradigme à vocation universelle afin de permettre une détermination rationnelle des actions souhaitables à effectuer.
Depuis le tournant du siècle, citoyens et responsables sont confrontés à la multiplication des défis majeurs sur toutes les lignes de front : des dislocations géopolitiques ont bouleversé nos cartes de référence, un état de dérèglement économique et de mutation culturelle s'est durablement installé, des épidémies au potentiel gravissime ont déferlé à l'échelle intercontinentale, le désordre climatique commence à présenter la note... Le risque est de voir l'émotion anxiogène bloquer toute réflexion, conduire au découragement et à l'abandon, exacerber la nostalgie d'un ordre ancien qui n'est plus. L'auteur du présent ouvrage ne fuit pas la réalité de ces formidables mégachocs et il sait que l'on ne résout pas des problèmes inédits avec d'anciens remèdes. En un mot, une prise de distance sereine, rationnelle mais nourrie d'expérience personnelle et cosmopolite, est nécessaire. C'est ce que propose ce journal de bord qui, au fil des pages, appelle à ce que l'auteur nomme un dépassement : un dépassement de nos craintes pour forger, en profondeur, de nouvelles visions, aptitudes et grammaires d'action.
Pourquoi analyser les inégalités entre catégories sociales en termes de système ? Comment les inégalités sociales se déterminent-elles réciproquement ? En quel sens peut-on parler de cumul des inégalités ? Comment cette notion renouvelle-t-elle les approches habituelles de la pauvreté et de la richesse ? Pourquoi, comment et dans quelle mesure les inégalités entre catégories sociales tendent-elles à se reproduire de génération en génération ? Quels sont les principaux facteurs de cette reproduction ? Dans quelle mesure peut-on échapper à cette reproduction ? En se fondant sur un riche matériau empirique, essentiellement statistique, et une exploitation méthodique des publications les plus récentes, ce livre montre l'intérêt d'une approche systémique des inégalités, qui met en évidence la permanence de la division de la société française en classes sociales.
Nos économies n'ont jamais été aussi optimisées et pourtant nos territoires sont terriblement fragiles et démunis face au dérèglement climatique. Ils manquent d'agilité, d'options, de redondances : ils manquent cruellement de diversité. Ce livre est un plaidoyer contre le mythe de la spécialisation économique. Nous cherchons sans cesse à imiter la nature, ses boucles locales, son métabolisme ou ses symbioses, mais il nous manque sa qualité première : sa diversité. À l'instar des forêts tropicales dont le système immunitaire repose sur la diversité biologique, nous devons favoriser l'émergence de forêts productives locales, véritable antidote face à la crise climatique, et nous inspirer des territoires qui ont su créer et préserver une telle diversité économique. Ce livre leur est dédié. Arnaud Florentin est économiste et directeur associé du cabinet de conseil Utopies. Il accompagne les territoires et les entreprises afin de repenser la place de l'économie locale dans leurs stratégies de développement.
Expulsions? Entre autres exemples, ce sont neuf millions de familles américaines chassées de leur foyer par la saisie de leur maison suite à la transformation de leur crédit d'accession à la propriété en produits financiers à haut risque ; ces millions d'Européens ou d'Américains du Sud exclus de leur travail suite aux plans d'austérité imposés par des institutions internationales ; ces millions d'éleveurs ou de cultivateurs expulsés de leurs terres parce que leur État les a vendues à un autre afin que celui-ci puisse développer les productions nécessaires à l'alimentation de ses classes moyennes ; ce sont ces gaz à effet de serre que les puissances industrielles et productivistes libèrent à chaque instant ou bien encore ces nappes phréatiques asséchées par les procédés ravageurs d'extraction du gaz de schiste. Nombre de spécialistes, aveuglés par la complexité, verront dans cette énumération des mots en laisse. Faisant fi des frontières comme de nos catégories impuissantes désormais à penser le monde que nous faisons (Nord contre Sud ; riches contre pauvres ; mauvais usage de la technologie ou pathologies dérivées de la financiarisation affolée de l'économie, etc.), Saskia Sassen montre que derrière cette apparente diversité s'opère une terrible convergence : la violence désormais ordinaire du capitalisme à son stade global s'explique par un modèle, un concept - celui d'expulsion. C'est ainsi qu'il convient de nommer la logique qui préside à l'économie globalisée.
Expulsions? Entre autres exemples, ce sont neuf millions de familles américaines chassées de leur foyer par la saisie de leur maison suite à la transformation de leur crédit d'accession à la propriété en produits financiers à haut risque ; ces millions d'Européens ou d'Américains du Sud exclus de leur travail suite aux plans d'austérité imposés par des institutions internationales ; ces millions d'éleveurs ou de cultivateurs expulsés de leurs terres parce que leur État les a vendues à un autre afin que celui-ci puisse développer les productions nécessaires à l'alimentation de ses classes moyennes ; ce sont ces gaz à effet de serre que les puissances industrielles et productivistes libèrent à chaque instant ou bien encore ces nappes phréatiques asséchées par les procédés ravageurs d'extraction du gaz de schiste. Nombre de spécialistes, aveuglés par la complexité, verront dans cette énumération des mots en laisse. Faisant fi des frontières comme de nos catégories impuissantes désormais à penser le monde que nous faisons (Nord contre Sud ; riches contre pauvres ; mauvais usage de la technologie ou pathologies dérivées de la financiarisation affolée de l'économie, etc.), Saskia Sassen montre que derrière cette apparente diversité s'opère une terrible convergence : la violence désormais ordinaire du capitalisme à son stade global s'explique par un modèle, un concept - celui d'expulsion. C'est ainsi qu'il convient de nommer la logique qui préside à l'économie globalisée.
L'économie est devenue la grammaire de la politique : elle encadre de ses règles et de ses usages la parole publique, à laquelle ne reste plus que le choix du vocabulaire, de la rhétorique et de l'intonation. Or, pas plus que l'économie n'est une science, la grammaire économique n'est un savoir. Elle relève plutôt de la mythologie : une croyance en un ensemble de représentations collectives aussi puissantes que faussesdécryptés avec brio dans cet ouvrage de l'économiste Éloi Laurent.
Plaidoyer pour une mondialisation humaine... Le monde est entré en ébullition. Qu'il s'agisse des printemps arabes ou d' Occupy Wall Street, les occupations contestataires des places publiques de grandes villes se multiplient. Après le Brexit, l'Union européenne est menacée de démembrement. Front national en France, poussée de Donald Trump aux Etats-Unis : les mouvements anti-immigration montent dans presque tous les pays riches. Et tandis que Moscou et Washington s'affrontent à nouveau en Ukraine ou en Syrie, la Chine exige d'être reconnue comme l'égale des Etats-Unis d'Amérique, transformant la Mer de Chine en poudrière. Tout ceci a une cause globale : la mondialisation malheureuse. Contrairement à ce qu'affirment ses partisans, la mondialisation sous sa forme actuelle n'est pas ''heureuse''. Elle aggrave les inégalités. Elle précarise des milliards d'humains. Elle réduit en esclavage des dizaines de millions d'autres. Elle génère une crise mondiale des flux migratoires, qui en retour fait flamber la xénophobie. Elle pressure l'écosystème jusqu'à mettre en danger la survie de l'humanité. Thomas Guénolé soutient que si la grande connexion mondiale des peuples, des économies et des cultures est irréversible, en revanche cette mondialisation malheureuse n'est pas inévitable. Solutions concrètes à l'appui, il propose de la remplacer par l'altersystème : une mondialisation à visage humain. En conclusion de son livre, il affirme que la victoire prochaine d'un parti altersystème dans une grande puissance économique mondiale est inéluctable.