Date de parution
6 septembre 2016
Éditeur
La Contre Allée
Caractéristiques techniques
Langue
Français
Pages
64 Pages
Taille du fichier
0.5 MB
ISBN 13
9782917817605
Format
Epub
Protection
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Des lions comme des danseuses
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Et si l'Europe reconnaissait la propriété africaine des oeuvres d'art issues de la colonisation ?
On avait beau jeu d'affirmer qu'elles avaient été achetées, car certains explorateurs ou certains représentants de l'Etat français (...) avaient sans doute troqué ces oeuvres contre peu d'argent, ou des babioles, ou des menaces. Aucune transaction inattaquable, certainement. Certes il était possible d'affirmer qu'en les volant on les avait sauvées mais c'était tout de même tordu.
En trouvant l'audace d'intenter une procédure contre le Musée du quai Branly, à Paris, le roi de Bangoulap - un village du pays bamiléké, dans l'Est du Cameroun -, ne pouvait pas deviner que c'était en fait l'Europe libérale et carnassière qu'il allait complètement déshabiller. Une fiction inspirée de la spoliation des biens culturels africains pratiquée par les pays fondateurs de l'Union européenne durant les années de colonisation.
L'auteur de ce court récit, Arno Bertina, renverse la vapeur avec un plaisir non dissimulé et communicatif !
EXTRAIT
J'ai honte de ne pas le connaître encore quand lui l'a visité deux fois déjà. Il s'insurge poliment contre le montant de l'entrée - peut-être douze euros, peut-être quinze. Il est d'autant plus choqué que l'on y admire une sculpture du pays bamiléké. Payer pour voir les oeuvres de ses ancêtres ?! Il enchaîne en reconnaissant que les termites, ici, auraient condamné tous ces chefs-d'oeuvre. À brève échéance parfois. Mais je vais revenir à la remarque précédente : le ministère de la Culture aurait réussi un coup fumant s'il avait eu l'idée de ne faire payer l'entré
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On avait beau jeu d'affirmer qu'elles avaient été achetées, car certains explorateurs ou certains représentants de l'Etat français (...) avaient sans doute troqué ces oeuvres contre peu d'argent, ou des babioles, ou des menaces. Aucune transaction inattaquable, certainement. Certes il était possible d'affirmer qu'en les volant on les avait sauvées mais c'était tout de même tordu.
En trouvant l'audace d'intenter une procédure contre le Musée du quai Branly, à Paris, le roi de Bangoulap - un village du pays bamiléké, dans l'Est du Cameroun -, ne pouvait pas deviner que c'était en fait l'Europe libérale et carnassière qu'il allait complètement déshabiller. Une fiction inspirée de la spoliation des biens culturels africains pratiquée par les pays fondateurs de l'Union européenne durant les années de colonisation.
L'auteur de ce court récit, Arno Bertina, renverse la vapeur avec un plaisir non dissimulé et communicatif !
EXTRAIT
J'ai honte de ne pas le connaître encore quand lui l'a visité deux fois déjà. Il s'insurge poliment contre le montant de l'entrée - peut-être douze euros, peut-être quinze. Il est d'autant plus choqué que l'on y admire une sculpture du pays bamiléké. Payer pour voir les oeuvres de ses ancêtres ?! Il enchaîne en reconnaissant que les termites, ici, auraient condamné tous ces chefs-d'oeuvre. À brève échéance parfois. Mais je vais revenir à la remarque précédente : le ministère de la Culture aurait réussi un coup fumant s'il avait eu l'idée de ne faire payer l'entré
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6 septembre 2016
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La Contre Allée
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9782917817605
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