Classes sociales & Inégalités
Classes sociales & Inégalités
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Pourquoi le capitalisme résiste-t-il malgré les inégalités croissantes ? La matrice des classes sociales de Vivek Chibber propose une analyse inédite, mêlant matérialisme et culture.
Et si ce que vous mangez disait tout de votre place dans la société ? Distinctions alimentaires décode les clivages sociaux à travers nos assiettes, révélant comment goûts, normes et résistances dessinent la France d’aujourd’hui.
Le 12 janvier 1934, le cadavre du journaliste André Aliker est retrouvé sur une plage de Case-Pilote (Martinique). Malgré l'émotion générale, l'instruction et le procès à venir laissent un goût amer - celui d'une justice à deux vitesses sur une île marquée par les inégalités coloniales et la domination des grandes familles békés. Car personne n'ignore que le destin d'Aliker est lié à celui d'Eugène Aubéry, puissant industriel béké dont le journaliste, au mépris d'intimidations et de menaces à peine voilées, a dénoncé les agissements en matière de fraude fiscale. Pourtant, Aubéry - inexplicablement blanchi des accusations de corruption et fraude - sera le grand absent du procès Aliker. Quelques mois plus tard, voulant venger son frère de ce déni de justice, Marcel Aliker sera inculpé pour tentative de meurtre sur la personne d'Aubéry. Aubéry blanchi, l'assassinat d'André impuni, Marcel acquitté : en articulant ces trois affaires, Marc Hédrich met en lumière les mécanismes d'un système colonial au sein duquel la justice, sous la coupe du gouverneur, ferme les yeux sur la corruption des magistrats, laisse impunis les nantis et n'hésite pas à dépayser en métropole les affaires les plus encombrantes. Au-delà du fiasco judiciaire, la mort d'André Aliker, le « Jaurès » martiniquais, est l'épisode le plus tragique d'un drame en trois actes, irrigué des fortes tensions liées au colonialisme dans les années 1930 - peut-être l'une des pages les moins reluisantes de la justice française.
Les inégalités sociales ne se résument pas à des écarts de revenus : elles façonnent aussi notre capacité à nous projeter dans l’avenir.
« Drôle de justice : un contrepoison à toutes les injustices. » L'Express « Plus qu'un livre sur la justice : un style, une voix, un vrai plaisir de lecture. » Cnews « Le nouvel essai de Jean-Marie Rouart tombe à point nommé. On a rarement autant critiqué la justice et l'Etat de droit qu'actuellement ! » Causeur.fr « Dans les pas de Marcel Aymé, Jean-Marie Rouart explore les thèmes inépuisables de la morgue des importants, des inégalités sociales, des stratégies patrimoniales des belles-mères et de la violence du pouvoir avec une conscience étonnante de la réalité des luttes de classe. » Le Figaro « Rouart raconte d'une plume brûlante les erreurs judiciaires ou les « suicides » opportuns qui le scandalisent toujours. C'est l'histoire de sa vie. ». Le Point Rouart a mal à notre justice. D'abord bien sûr à celle qui se trompe de coupable et qui se satisfait de ses erreurs. Mais aussi cette justice qui ferme les yeux sur les turpitudes du pouvoir au point de s'en rendre complice. Que d'opportuns « suicides », comme celui du gendarme Jambert, le dénonciateur des disparues de l'Yonne, « suicidé » de deux balles dans la tête, ce qui n'a pas troublé les juges (manifestement peu férus en matière balistique.) ! L'écrivain a choisi d'aborder la justice sur le mode tantôt noir, tantôt rose, puisque souvent les décisions des tribunaux, dans leur invraisemblance, ont un air de vaudeville. À ceci près que ce n'est pas l'amant qui se cache dans le placard : c'est la vérité.
Et si l’école française aggravaient les inégalités au lieu de les réduire ? Georges Felouzis démontre, chiffres et études à l’appui, comment notre système scolaire ne se contente plus de reproduire les disparités sociales.
Si les sans-abri, figures extrêmes de l'exclusion, suscitent une attention médiatique saisonnière, ils ne sont cependant que la partie visible d'une précarité résidentielle grandissante qui recoupe des réalités très diverses. Un nombre croissant de personnes vivent ainsi dans des centres d'hébergement mais aussi dans des campings, des camions ou même des voitures, des cabanes, des abris de fortune, sans oublier la rue et ses corollaires, gares, métro... Quelles trajectoires ont conduit ces personnes à vivre aux marges du logement ordinaire ? Comment vivent-elles cette situation ? Quelles ressources et quelles stratégies mettent-elles en place pour (sur)vivre et quels liens entretiennent-elles avec les services d'aide ? À partir d'entretiens effectués dans le cadre de plusieurs enquêtes, ce livre offre une immersion dans leur vie quotidienne. Loin des enjeux politiques et médiatiques, l'ouvrage souligne la diversité mais aussi l'épaisseur des existences de celles et ceux qui sont à la fois inaudibles et invisibles.
Les niveaux très élevés d'inégalité semblent moralement contestables. Mais les raisons pour lesquelles ils le sont et pour lesquelles il faudrait les réduire ou les éliminer sont-elle si évidentes ? Nous avons donc besoin d'une conception claire des raisons de combattre les inégalités. « Les individus ont de nombreuses raisons différentes de s'opposer à des formes d'inégalité : des raisons fondées sur leurs effets, sur les relations avec les autres qu'elles impliquent, et sur les institutions qui les engendrent. Ces raisons sont diverses et ne découlent pas toutes d'un unique principe distributif égalitaire. Ce qui les unifie, c'est leur rôle commun dans le processus par lequel les institutions sociales doivent être justifiées auprès de ceux à qui l'on demande de les accepter. » Par-delà nos raisons d'améliorer le sort des plus démunis, nous avons aussi des raisons de nous opposer à l'inégalité, c'est-à-dire à la différence entre la vie des uns et celle des autres. Ces dernières sont plus énigmatiques, et Thomas Scanlon examine six raisons de ce type. Il montre que l'inégalité peut être contestable parce qu'elle crée d'humiliantes différences de statut ; parce qu'elle donne aux riches des formes de contrôle inacceptables sur ceux qui ont moins ; parce qu'elle sape l'égalité des chances économiques ; parce qu'elle nuit à l'équité des institutions politiques ; parce qu'elle résulte de la violation d'une exigence d'égalité d'attention pour les intérêts de ceux à qui les pouvoirs publics ont l'obligation de fournir certains services ; ou encore parce qu'elle est produite par des institutions économiques inéquitables. Il examine également les objections à la poursuite de l'égalité au motif qu'elle implique une entrave inacceptable à la liberté individuelle, et fait valoir qu'on ne peut ni justifier ni s'opposer à l'inégalité en se fondant sur une notion de mérite. Disposer d'une conception claire des raisons pour lesquelles les inégalités doivent être combattues permet de faire apparaître en quoi sont contestables les lois et les institutions qui les promeuvent, et pourquoi il peut être justifié de les modifier. L'une des thèses fortes de ce livre : toutes les inégalités ne s'exposent pas aux mêmes objections, qu'il faut parvenir à distinguer pour fournir à ceux qui veulent les combattre les meilleures raisons de le faire. Philosophe à Harvard, spécialiste d'éthique et de philosophie politique, Thomas M. Scanlon a publié des travaux de première importance sur la liberté d'expression, l'égalité, la tolérance, les théories de la justice, les théories du contrat social, le bien-être, ainsi sur de nombreuses questions fondamentales de philosophie morale. Parmi ses ouvrages, en français, L'Épreuve de la tolérance. Essais de philosophie politique (Hermann, 2018).
Croisant réflexion spéculative et enquêtes sur le bas, le milieu et le haut de la société, Nicolas Duvoux montre comment le sentiment de l'avenir constitue un indicateur précieux, et irremplaçable, de la position sociale. La capacité subjective à se projeter positivement dans l'avenir constitue une clé de lecture de la société au double sens où elle permet de décrire la hiérarchie sociale mais aussi de rendre compte des relations inégalitaires qui s'y nouent et de leur reproduction. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne face à la crise de l'avenir. Les plus dotés sont aussi les mieux à même de maîtriser l'avenir, individuel et collectif, ce qui entraîne anxiété et peur du déclassement au sein des classes moyennes, dépossession et insécurité radicale en bas de l'échelle sociale. Sans renier la recherche d'objectivité scientifique mais au contraire en en raffinant les instruments, Nicolas Duvoux démontre comment la subjectivité peut servir de révélateur aux inégalités, notamment de classe sociale. Il fait ressortir l'importance du patrimoine économique à partir de la sécurité que sa possession procure - et de l'insécurité sociale endémique dans laquelle son absence plonge. Prenant appui sur des travaux en philosophie, en psychologie ou en épidémiologie, il déploie une manière d'appréhender le monde social qui articule, sans les opposer, le présent, le passé mais aussi l'avenir tel que l'on se le projette, l'objectif et le subjectif, l'individuel et le collectif. Ce livre porte ainsi un regard sociologique sur le monde qui restitue l'épaisseur vécue de l'existence pour mieux penser les asymétries et formes de domination sociale, et il vise par là à réintégrer la sociologie dans un projet scientifique plus global.
Le sexisme, on en parle souvent, mais sait-on vraiment le repérer dans notre quotidien ? Comprendre le sexisme offre des clés concrètes pour identifier ses formes visibles et invisibles, et agir efficacement.
« Bobo » : un néologisme que tout le monde utilise, souvent comme un qualificatif péjoratif (contraction de « bourgeois-bohème ») désignant une partie mal définie de la population. Bizarrement, ce mot a un sens, mais pas de définition. En réalité, il recouvre un groupe social que la sociologie universitaire refuse de déterminer sous prétexte que « bobo » serait une construction journalistique, polysémique et floue. Thomas Legrand et Laure Watrin tentent malgré tout de définir ce mot, et les mots qui y sont attachés, soit parce qu'ils font partie du vocabulaire des bobos, soit parce qu'ils aident à cerner le périmètre de la boboïtude. AMAP, bio, mixité, vinaigre blanc, solidaire, citoyen, contradiction, butternut, vegan, bistronomie, local, glocalisation, jardins partagés, carte scolaire, gentrification, récup'... 100 mots comme autant de détails dont le tout dessine une population à la fois ouverte et autocentrée, parfois exaspérante, mais qui invente ou contribue à promouvoir les rapports sociaux et les modes de vie d'un monde globalisé, hyperconnecté et sous contrainte écologique.
Pauvreté. Queer. Handicap. Ethnicité. Domination. Frontières. Omniprésentes, les catégories structurent le monde social. Mais qu'est-ce que catégoriser veut dire ? Qui produit les catégories et les impose ? Comment résister avec et contre elles ? Véritable boîte à outils, ce lexique rassemble 48 synthèses inédites permettant de penser, avec les sciences sociales contemporaines, les catégories et leurs liens avec les rapports de pouvoir. Chaque notice thématique présente un concept pour penser ces processus, en retrace la genèse et en propose des définitions opératoires, réactualisées à l'aune de débats et exemples contemporains. S'adressant à un large public, l'ouvrage propose un éclairage informé sur ces sujets de société. Il met à l'épreuve les termes du débat public, au-delà de l'étude dun groupe en particulier et d'une conception figée des identités.
Et si la capacité juridique devenait un droit humain universel ? Reconnaître la capacité juridique comme droit humain explore cette question brûlante, entre idéal utopique et réalité sociale.
À la suite d'une enquête ethnographique, Nathalie Borrel met en lumière la situation des travailleuses domestiques au Mexique, à travers l'analyse et l'articulation de trois systèmes d'oppression : le genre, la classe et la race. Les dynamiques sous-jacentes aux rapports de pouvoir sont importantes parce qu'elles permettent de comprendre non seulement les conditions de travail, mais plus largement les imaginaires qui traversent la société mexicaine. Ces femmes travailleuses, loin d'être les victimes d'un système, ne sont pas totalement surdéterminées par leur statut. Elles sont aussi capables d'agir et d'élaborer des stratégies, individuelles ou collectives, pour essayer d'éviter la discrimination, l'exploitation, le harcèlement, le classisme et le racisme. Grâce à une approche interdisciplinaire et féministe, Nathalie Borrel interroge, au travers d'un récit vivant, les conditions matérielles et subjectives des travailleuses domestiques.
Découvrez le destin exceptionnel de Harriet Tubman, née esclave et devenue la « Moïse noire » pour avoir libéré plus de 300 personnes. Son récit, conté à Sarah H.
De la remarque la plus « anodine » à la violence la plus insupportable, de l'espace public à l'espace intime, voici la parole sans filtre de femmes de tous âges, de tous horizons qui témoignent des injustices et du harcèlement au quotidien. Dans la bouche d'une fille c'est un collectif de femmes déterminées. Un compte Instagram très suivi. Et un livre manifeste qui s'adresse autant aux femmes qu'aux hommes désireux de croire à la pleine égalité des sexes et prêts à l'encourager ! Sous la direction d'Astrid ToulonUn texte de Astrid Toulon, Luna Baruta, Valérie Thierry, Enissa Bergevin, Louise Pothier...
Le racisme institutionnel n'est pas une abstraction. Il n'est pas inscrit dans nos lois, mais il structure silencieusement nos institutions. Il bloque l'accès à l'emploi, au logement, à l'éducation et à d'autres piliers essentiels d'une vie digne. Ces droits fondamentaux sont distribués de manière inégale, perpétuant des injustices systémiques. Ce racisme s'infiltre partout : dans l'école, la police, l'entreprise. Il est normalisé, souvent invisible, mais toujours destructeur. Ce livre met en lumière comment nos institutions, sous une façade de neutralité, maintiennent ces inégalités. Derrière chaque acte de discrimination se cache un système conçu pour privilégier certains tout en marginalisant d'autres. À travers des récits poignants, cet ouvrage dévoile des vies brisées, des opportunités volées, des générations « sacrifiées ». Il démontre avec lucidité comment nos institutions produisent et renforcent ces injustices. Mais il va plus loin : c'est un appel à déconstruire collectivement ces systèmes oppressifs et à exiger des politiques courageuses pour instaurer une véritable égalité.
Cet ouvrage oppose deux univers dirigeants - l'un libéral et l'autre autoritaire. Cette opposition est testée sur les conséquences de deux événements majeurs : la globalisation capitaliste et la chute de l'Empire soviétique. Événements sur lesquels se sont greffés un ensemble de traits sociologiques et géopolitiques. Les uns sont des facteurs récurrents de conflit. D'autres peuvent au contraire inspirer des coopérations.
Relier une possible démocratie du travail à un possible internationalisme ouvrier est un défi. Citant E. Varlin (Première association internationale des travailleurs, 1868) pour lequel l'union ouvrière doit garantir la paix entre les nations, et s'appuyant ensuite sur des commentaires de Gramsci et de Simone Veil, entre autres, l'auteur questionne la possibilité de réalisation de l'injonction de Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Observant les handicaps de l'industrie (taylorisme, individualisme, fordisme) et les ressources du travail (émergence des biens communs, démocratie du travail, nouveau monde de gestion du travail, ancien et nouveau syndicalisme), ce texte plaide pour une démocratie du travail généralisée, capable d'assurer l'exercice d'une internationale ouvrière, « l'échange des enracinements ouvriers » (S. Veil) et in fine, la gestion durable de la planète.
Ce livre blanc est un recueil d'entretiens effectués principalement à Lille, Avignon et Rouen auprès de jeunes étrangers, venus en France sans leur famille, et de personnes engagées dans leur accueil et leur protection.Il rend compte de paroles et pensées multiples : celles de mineurs étrangers venus d'Afrique, celles de bénévoles différents par leurs âges, leurs métiers, leurs parcours de vie et celles de patrons artisans qui défendent leurs apprentis. Tous sont animés par une même décision : faire face aujourd'hui aux nombreuses mesures administratives et politiques qui rendent difficile, voire impossible, la vie des mineurs et jeunes majeurs étrangers. Ce livre témoigne de l'inventivité de personnes qui racontent leurs différents combats et expériences pour que l'hospitalité, la protection de l'enfance, la dignité et le respect ne soient pas de vains mots mais des valeurs à défendre. Il ouvre ainsi des possibles qu'il est bon de faire connaître pour notre pays, c'est pourquoi ce livre s'adresse à tous.
La situation des assistantes maternelles a de quoi indigner. Privées de médecine du travail, gagnant parfois moins que le SMIC pour une durée de travail supérieure à la durée légale, elles se retrouvent dans une position de néo-domesticité et sont soumises à des critères de recrutement, de contrôle et d'évaluation instrumentalisés comme armes de domination. Le scandale est aussi que l'ensemble de ces conditions dévalorisées soient mises en place et gérées par les pouvoirs publics, qui organisent ainsi une discrimination institutionnalisée. Fondé sur une enquête très documentée, ce livre constitue un plaidoyer pour améliorer le statut de tous ces professionnels qui contribuent au développement et au bien-être de nos enfants.
On estime qu'au rythme où vont les choses, il faudra encore deux cents ans avant de résorber les inégalités qui perdurent entre les hommes et les femmes. De la rémunération pour un travail égal au partage de la charge mentale, en passant par la représentativité dans les rôles de pouvoir et la prise en charge des plaintes pour agression sexuelle, on connaît les combats à mener. Le féminisme a beau connaître un regain de popularité, il continue de susciter des réactions négatives, voire carrément hostiles. Mais de quoi a-t-on peur quand on craint le féminisme et ses revendications? Et que se passerait-il si on cessait de résister? Les brefs essais qui composent ce livre explorent les entraves à l'égalité entre les sexes en anticipant les manières dont cette égalité s'articulerait si elle était atteinte. Les autrices et auteurs imaginent et décortiquent avec inventivité les moyens par lesquels la société serait devenue égalitaire, tant du point de vue du travail, de l'urbanisme, de l'économie, de la famille, que du couple. Ils proposent des repères pour envisager l'égalité entre les sexes comme un projet dont la portée est autant politique et économique qu'elle est intime. En imaginant les avancées rêvées, les angles morts à considérer et les territoires où le changement reste à générer, ce livre est une réponse à ceux qui affirment qu'on n'a plus besoin du féminisme.
Pourquoi revisiter la vieille question des relations villes-campagnes alors que celle-ci suscite le plus souvent l'indifférence du politique comme de la plupart des scientifiques qui la considèrent obsolète ? Tel est l'enjeu de cette sélection d'articles : faire partager au lecteur l'intérêt heuristique qu'il y a à interroger ce qui fait distinction entre le rural et l'urbain dans les représentations sociales comme dans les faits.
Sous la dénomination « classes populaires » on regroupe trois catégories socioprofessionnelles de l'Insee : les ouvriers, les employés et les petits exploitants agricoles. Ensemble, ils représentent 44% de la population française. Contre 10% pour les « CSP+ » surreprésentés à la télévision, tous genres confondus (fictions, divertissements, information). Et que dire du Parlement où 76% des députés sont des CSP+ et où les ouvriers se comptent sur les doigts d'une main. Là se trouve peut-être une des causes du déséquilibre des politiques nationales qui, notamment en matière de culture, méconnaissent les besoins et les attentes de la majorité de la population. De leur côté les classes populaires ont vite fait de justifier leur manque de curiosité par des formules lapidaires du type « la grande musique ce n'est pas pour moi ». Alors que l'offre culturelle est large et que, du rap à l'opéra, chaque citoyen devrait pouvoir accéder à toutes les formes d'expression artistique par inclination et non par assignation sociale. Ce qui suppose une éducation pour laquelle les institutions culturelles ont le devoir de compléter, voire de suppléer, l'apport familial. La deuxième partie de l'ouvrage présente quelques-unes des initiatives qui visent à mettre la culture à la disposition de ceux qui en sont éloignés.
L'aménagement des territoires que l'on habite influence nos carrières, nos relations, nos aspirations, nos vies. Le modèle de banlieue qui s'est imposé dans les années 1960, centré sur la maison individuelle, la voiture et la séparation des fonctions de la ville, a largement contribué à l'isolement des femmes et aux inégalités sociales. Aujourd'hui, alors qu'une diversité de formes familiales remplace peu à peu le modèle nucléaire traditionnel, que l'accès au logement et à la propriété est en péril, et que la solitude pèse de plus en plus lourd, il est grand temps de réimaginer nos villes, nous dit Florence Sara G. Ferraris. Elle appelle à la création de milieux de vie souples et multifonctionnels, favorisant l'entraide, les rencontres, la sécurité et le sentiment d'appartenance pour tou·te·s.
Rémi et Manon, deux jeunes aux parcours diamétralement opposés, voient leurs vies se croiser dans un tourbillon de rêves effervescents, de révolte intérieure et d'ambitions contrariées. Rémi, prisonnier du tumulte familial, cherche à échapper à son quotidien par la voie de la délinquance, tandis que Manon, issue d'un milieu privilégié, poursuit avec ferveur l'idéal d'une réussite totale et d'une autonomie sans faille. Leur rencontre, fulgurante et inattendue, ébranle leurs certitudes les plus profondes, les poussant à reconsidérer leurs aspirations et leur avenir. Entre les chaînes invisibles des inégalités sociales et les choix existentiels qui se dressent devant eux, quel chemin emprunteront-ils pour se libérer de leurs fardeaux ? Leurs rêves les guideront-ils vers la liberté tant recherchée ou vers la désillusion ? À PROPOS DE L'AUTRICE Fortement influencée par un parcours empreint de multiples expériences, Jill Bordes Llobregat écrit avec la volonté profonde de comprendre, sans porter de jugement. Guidée par la célèbre maxime de Socrate, « Connais-toi toi-même », elle s'attache à l'idée que seule une connaissance intime de son propre passé peut offrir la clé pour appréhender celui des autres.
Crise sanitaire, montée des inégalités, concentration des richesses et du pouvoir : il n'est pas difficile de constater que la société française traverse une période de profondes tensions. Tandis que les élites économiques et politiques semblent toujours plus distantes des préoccupations des citoyens, un sentiment de défiance grandit au sein de la population, résultat d'un système où les rapports de domination rappellent ceux d'un autre âge. Dans cet ouvrage qui sonne comme un cri de révolte contre les inégalités contemporaines, Françoise Boucher propose une lecture incisive du présent en le mettant en regard avec le passé. À travers une analyse critique et engagée, elle explore les mécanismes de domination qui façonnent notre époque et interroge les alternatives possibles pour une société plus juste.
Dans un monde confronté à des inégalités croissantes, aux bouleversements climatiques et à une perte de repères spirituels, repenser la justice sociale devient une urgence. Après avoir revisité les grands courants qui ont façonné ce concept - libéralisme, utilitarisme, égalitarisme, libertarisme - l'auteur propose une lecture contemporaine articulée autour de trois enjeux majeurs. Le premier est la justice climatique, envisagée à travers trois dimension : la justice entre États face aux impacts du dérèglement climatique, l'équité envers les générations futures, et la prise en compte des inégalités sociales internes devant les catastrophes écologiques. Le second enjeu, la justice mondiale, interroge la nécessité de réparer les injustices passées, d'assurer l'équité dans les échanges internationaux, et de renforcer la coopération pour produire ensemble des biens communs essentiels, comme la paix ou la protection de l'environnement. Enfin, la justice spirituelle invite à un retour à la transcendance, pour redonner sens aux actions humaines dans une époque marquée par le relativisme moral et l'hyper-individualisme. Cet essai propose une vision renouvelée et profonde de la justice, à la croisée des défis contemporains et des aspirations universelles.
Le présent numéro de la revue Frontières se penche sur le concept et les expériences de la solastalgie en les liant aux changements climatiques et aux inégalités sociales et géographiques subséquentes devant le deuil. Par conséquent, la solastalgie se conjugue ici au pluriel pour témoigner des manières différenciées de la vivre et de la penser. Le numéro accueille des articles provenant de plusieurs pays, en sciences sociales, en humanités environnementales, en histoire de l'art ainsi qu'en études des médias et de la communication afin de nourrir un regard transdisciplinaire et international sur le sujet. Partant de corpus ou de cas d'études empiriques ou artistiques, la variété des contributions publiées souligne l'étendue actuelle des recherches sur la solastalgie et sur le deuil écologique.
Tout au long de son parcours, Joan Acker a cherché à combiner théorie et pratique. Elle a ainsi contribué à la réflexion de l'État d'Oregon sur la pesée des postes, en lien avec la question des inégalités salariales entre femmes et hommes, ce qui est à l'origine de l'un de ses ouvrages (1989). Son apport sans doute le plus important réside dans la remise en cause du présupposé initial de neutralité des organisations, notamment du point de vue des discriminations et des inégalités.
"Le ballon en mousse" est un recueil engagé pour les voix et les droits des femmes et victimes de violences, affirmant leur droit de vivre pleinement et librement. Achevé en 2022, c'est un puissant plaidoyer en faveur de l'égalité et de la liberté, symbolisant aussi la libération d'une parole après des années de silence. À PROPOS DE L'AUTRICE Mathilde Perret est une artiste plasticienne et poète qui a consacré sa vie à l'exploration de différentes formes d'expression sensible et artistique depuis son jeune âge. Par ce recueil, elle met en lumière les droits et les inégalités et sensibilise chacun à ces questions importantes.