Jean-Marie Rouart
Jean-Marie Rouart
"Il a connu des femmes. Il a été amoureux. Mais aucune ne lui a inspiré une telle ivresse. À croire que ce n'est pas un souffle qu'exhalent les lèvres de cette femme, mais du feu." Figure méconnue de l'histoire, la séduisante comtesse Miniaci demeure au coeur d'une énigme de premier ordre. Sans elle, Napoléon n'aurait pu tromper la surveillance de tous ceux qui guettaient le moindre de ses mouvements sur l'île d'Elbe. Particulièrement le jeune colonel Campbell, chargé par les Anglais d'empêcher sa fuite. La passion entre la belle Florentine et l
"Il a connu des femmes. Il a été amoureux. Mais aucune ne lui a inspiré une telle ivresse. À croire que ce n'est pas un souffle qu'exhalent les lèvres de cette femme, mais du feu." Figure méconnue de l'histoire, la séduisante comtesse Miniaci demeure au coeur d'une énigme de premier ordre. Sans elle, Napoléon n'aurait pu tromper la surveillance de tous ceux qui guettaient le moindre de ses mouvements sur l'île d'Elbe. Particulièrement le jeune colonel Campbell, chargé par les Anglais d'empêcher sa fuite. La passion entre la belle Florentine et l
"Au fond, c'est tout ce que je demandais. Sortir du lot de ceux qui se rangent dans des professions honorables, mais ne seront jamais habités par le feu sacré de l'art. Je voulais être écrivain. Et rien n'était plus hasardeux qu'une telle ambition." Pourquoi "mes révoltes" ? Pourquoi, sous l'apparence d'un enfant gâté - du succès, une famille célèbre, l'Académie -, Jean-Marie Rouart a-t-il éprouvé le besoin de remettre si souvent en cause cette reconnaissance sociale, jusqu'à s'exposer au tumulte des contestations et des condamnations judiciaires ?
"Au fond, c'est tout ce que je demandais. Sortir du lot de ceux qui se rangent dans des professions honorables, mais ne seront jamais habités par le feu sacré de l'art. Je voulais être écrivain. Et rien n'était plus hasardeux qu'une telle ambition." Pourquoi "mes révoltes" ? Pourquoi, sous l'apparence d'un enfant gâté - du succès, une famille célèbre, l'Académie -, Jean-Marie Rouart a-t-il éprouvé le besoin de remettre si souvent en cause cette reconnaissance sociale, jusqu'à s'exposer au tumulte des contestations et des condamnations judiciaires ?
À partir d'épisodes méconnus, le récit vivant d'une aventure extraordinaire. "Il y a un autre Napoléon. C'est celui qui m'a fasciné. Un homme souvent au bord du gouffre qui s'efforce de déchiffrer l'énigme de sa destinée. Frôlant sans cesse la catastrophe, il semble entraîné dans une course-poursuite où le rêve devient réalité, où l'invraisemblable devient vrai. Ses échecs me parlent plus que ses succès. Ils ponctuent sa vie. Il s'est construit en les surmontant. Sous la surface de la gloire, comme d'une mer souterraine, jaillissent çà et là des accès de désespoir, des crises de doute. C'est cet autre Napoléon, dissimulé derrière la fresque de la grande histoire, que j'ai voulu faire revivre." Jean-Marie Rouart.
À partir d'épisodes méconnus, le récit vivant d'une aventure extraordinaire. "Il y a un autre Napoléon. C'est celui qui m'a fasciné. Un homme souvent au bord du gouffre qui s'efforce de déchiffrer l'énigme de sa destinée. Frôlant sans cesse la catastrophe, il semble entraîné dans une course-poursuite où le rêve devient réalité, où l'invraisemblable devient vrai. Ses échecs me parlent plus que ses succès. Ils ponctuent sa vie. Il s'est construit en les surmontant. Sous la surface de la gloire, comme d'une mer souterraine, jaillissent çà et là des accès de désespoir, des crises de doute. C'est cet autre Napoléon, dissimulé derrière la fresque de la grande histoire, que j'ai voulu faire revivre." Jean-Marie Rouart.
« Drôle de justice : un contrepoison à toutes les injustices. » L'Express « Plus qu'un livre sur la justice : un style, une voix, un vrai plaisir de lecture. » Cnews « Le nouvel essai de Jean-Marie Rouart tombe à point nommé. On a rarement autant critiqué la justice et l'Etat de droit qu'actuellement ! » Causeur.fr « Dans les pas de Marcel Aymé, Jean-Marie Rouart explore les thèmes inépuisables de la morgue des importants, des inégalités sociales, des stratégies patrimoniales des belles-mères et de la violence du pouvoir avec une conscience étonnante de la réalité des luttes de classe. » Le Figaro « Rouart raconte d'une plume brûlante les erreurs judiciaires ou les « suicides » opportuns qui le scandalisent toujours. C'est l'histoire de sa vie. ». Le Point Rouart a mal à notre justice. D'abord bien sûr à celle qui se trompe de coupable et qui se satisfait de ses erreurs. Mais aussi cette justice qui ferme les yeux sur les turpitudes du pouvoir au point de s'en rendre complice. Que d'opportuns « suicides », comme celui du gendarme Jambert, le dénonciateur des disparues de l'Yonne, « suicidé » de deux balles dans la tête, ce qui n'a pas troublé les juges (manifestement peu férus en matière balistique.) ! L'écrivain a choisi d'aborder la justice sur le mode tantôt noir, tantôt rose, puisque souvent les décisions des tribunaux, dans leur invraisemblance, ont un air de vaudeville. À ceci près que ce n'est pas l'amant qui se cache dans le placard : c'est la vérité.
Pourquoi le destin s'acharne-t-il sur la comtesse Berdaiev? Aristocrate très belle et très libre, elle appartient à la communauté des Russes blancs, ces exilés qui ont fui l'Union soviétique après la révolution de 1917. Déjà victime de l'Histoire qui l'a condamnée à la ruine, la comtesse va se trouver impliquée dans une affaire de moeurs éclaboussant le milieu politique dans les débuts ténébreux de la V&esup République. Librement inspiré du scandale des Ballets roses, ce roman renoue avec les thèmes chers à Jean-Marie Rouart : la passion amoureuse confrontée avec la brutalité du pouvoir, face à une société qui se veut toujours moralisatrice.
Pourquoi le destin s'acharne-t-il sur la comtesse Berdaiev? Aristocrate très belle et très libre, elle appartient à la communauté des Russes blancs, ces exilés qui ont fui l'Union soviétique après la révolution de 1917. Déjà victime de l'Histoire qui l'a condamnée à la ruine, la comtesse va se trouver impliquée dans une affaire de moeurs éclaboussant le milieu politique dans les débuts ténébreux de la V&esup République. Librement inspiré du scandale des Ballets roses, ce roman renoue avec les thèmes chers à Jean-Marie Rouart : la passion amoureuse confrontée avec la brutalité du pouvoir, face à une société qui se veut toujours moralisatrice.
"Au lit, il y a les femmes fleuves, alanguies et somnolentes ; il y a les femmes fleurs, odorantes, fragiles et fades ; les femmes pieuvres, souples, silencieuses et avides, qui s'enroulent sur un corps comme autour d'une proie. Et puis, il y a les femmes tempêtes, violentes, bruyantes, acharnées au plaisir. Valentina était une femme tempête."
"Au lit, il y a les femmes fleuves, alanguies et somnolentes ; il y a les femmes fleurs, odorantes, fragiles et fades ; les femmes pieuvres, souples, silencieuses et avides, qui s'enroulent sur un corps comme autour d'une proie. Et puis, il y a les femmes tempêtes, violentes, bruyantes, acharnées au plaisir. Valentina était une femme tempête."
Qu'est-ce qui décide de notre destin? Pourquoi les choses arrivent-elles? Quelle est la part de la volonté, du hasard et de la fatalité dans l'accomplissement d'une vie? Dans ce roman autobiographique, Jean-Marie Rouart s'interroge sur le mystère de la destinée et tente d'en comprendre les rouages secrets. Il met son coeur à nu et avoue ses faiblesses : une adolescence à l'horizon bouché, un bac inlassablement raté, l'amour pour une jeune fille qui ne cesse de le tromper, la médiocrité dans une chambre de bonne à échafauder des rêves au-dessus de ses moyens. Par quel sortilège conjurer le mauvais sort? Comment passer de la pauvreté parmi les pêcheurs de Noirmoutier à la fréquentation des heureux du monde, de l'humiliation des livres refusés à l'Académie française? L'amour, sa cruauté et ses ivresses ponctuent un récit alerte et piquant dans lequel alternent romantisme et humour.
Qu'est-ce qui décide de notre destin? Pourquoi les choses arrivent-elles? Quelle est la part de la volonté, du hasard et de la fatalité dans l'accomplissement d'une vie? Dans ce roman autobiographique, Jean-Marie Rouart s'interroge sur le mystère de la destinée et tente d'en comprendre les rouages secrets. Il met son coeur à nu et avoue ses faiblesses : une adolescence à l'horizon bouché, un bac inlassablement raté, l'amour pour une jeune fille qui ne cesse de le tromper, la médiocrité dans une chambre de bonne à échafauder des rêves au-dessus de ses moyens. Par quel sortilège conjurer le mauvais sort? Comment passer de la pauvreté parmi les pêcheurs de Noirmoutier à la fréquentation des heureux du monde, de l'humiliation des livres refusés à l'Académie française? L'amour, sa cruauté et ses ivresses ponctuent un récit alerte et piquant dans lequel alternent romantisme et humour.
A contre-courant des idées dominantes, Jean-Marie Rouart fustige les illusions de la laïcité érigée en dogme protecteur face à l'islamisme. L'islam n'est-il pas d'une certaine façon le révélateur de nos failles et de la fragilité de notre assise morale et philosophique ? À contre-courant de ceux qui se contentent de s'abriter derrière le laïcisme ou le séparatisme pour faire face à la montée de l'islam, Jean-Marie Rouart s'interroge sur nos propres responsabilités dans cette dérive. Ne sommes-nous pas aveuglés par ce que nous sommes devenus ? Consommateurs compulsifs, drogués par un matérialisme sans frein ni horizon, s'acheminant vers une forme de barbarie moderne, ne mésestimons-nous pas nos carences culturelles et nos faiblesses spirituelles ? C'est moins l'essor de l'islam que l'auteur stigmatise que l'abandon de notre propre modèle de civilisation. Pour lui le véritable défi à relever n'est pas seulement d'ordre religieux, c'est notre civilisation qui est en cause. Rappelant que notre nation s'est constituée autour d'un État, du Livre, de la littérature et d'une religion porteuse de valeurs universelles, il rappelle l'importance de ces piliers de la civilisation chrétienne pour faire contrepoids à d'autres modèles et préserver notre identité. À ses yeux, ce qu'il appelle la " mystique laïcarde " n'est qu'une illusoire ligne Maginot contre l'islam. L'athéisme, si respectable soit-il, reste impuissant à remplacer la croyance. C'est le livre d'un " chrétien déchiré " qui a du mal à se reconnaître, comme beaucoup, dans l'Église de l'après-Vatican II. Jean-Marie Rouart refuse de s'avouer vaincu : il s'interroge sur les moyens de conjurer le déclin d'une civilisation d'inspiration chrétienne menacée autant par l'islam que par elle-même.
Rien n'a jamais mieux résumé pour moi Jean d'Ormesson que la formule qu'emploie Shakespeare pour définir l'amour : " l'éternité plus un jour ". Personne n'a éprouvé comme lui une curiosité plus avide sur l'homme, son origine, son avenir, tout en ayant une aussi grande conscience de l'impermanence des choses et du caractère éphémère de la vie." Tout ce que la France réunissait d'élégance, sauvegardait d'art, de légèreté et d'esprit se résumait en Jean d'Ormesson. On l'aimait parce qu'il illustrait le Français éternel, tel qu'il a été et ne sera plus après lui : léger et profond comme Voltaire, amusant et primesautier comme Sacha Guitry, ayant gardé du XVIIIe siècle le goût des sciences humaines et du romantisme les grands envols de l'imagination. On l'aimait parce qu'il représentait toutes les qualités qui ont constitué un pays exceptionnel qui a su allier l'élégance de la pensée, la légèreté amusante, l'humour et la tolérance. Il avait aussi réussi cette gageure de réunir dans sa personne les anciens parfums fanés de l'aristocratie et la méritocratie républicaine. Jean aimait les plaisirs de la société qui apportent à l'existence son raffinement, ses parfums, l'élégance des jolies femmes et gomment un peu de la brutalité de la bête humaine. La littérature était son pays, elle était sa religion, elle était sa passion. Il n'a jamais vécu que pour elle, par elle. Il la vivait, il la respirait en tout. Que ce soit dans l'amour ou dans l'amitié, marchant au soleil dans les chemins corses ou sur des skis à Val-d'Isère, la littérature, les mots, les vers étaient omniprésents. Ils affleuraient naturellement à sa bouche. Notre amitié est née de cette merveilleuse intoxication réciproque. Ensemble, nos personnes comptaient peu. Nous étions ailleurs, dans un autre monde où désormais je serai seul. " Jean-Marie Rouart
En mission en Finlande, le narrateur rencontre une ravissante étudiante d'origine russe, aux yeux bleu marine. Elle lui apparaît comme l'image même de la pureté et de l'innocence. Il croit qu'elle lui apportera un bonheur tranquille dont il est frustré. Il ignore qu'elle va l'entraîner en enfer : frénésie sexuelle, perversion sado-masochiste, trahisons, mensonges, cet ange se révèle un démon. Perverse ou simplement perdue, elle est insouciante des blessures qu'elle inflige avec la plus cruelle des douceurs. Le narrateur désemparé, se méprisant lui-même, affronte la tempête. Prisonnier de cet envoûtement, il sait qu'il sera le grand perdant de cette guerre amoureuse. Dans un style au scalpel, Jean-Marie Rouart plonge dans les abîmes de l'amour-damnation. Un roman fiévreux mais aussi une radiographie de l'éternelle et impitoyable lutte de pouvoir dans le couple.
En mission en Finlande, le narrateur rencontre une ravissante étudiante d'origine russe, aux yeux bleu marine. Elle lui apparaît comme l'image même de la pureté et de l'innocence. Il croit qu'elle lui apportera un bonheur tranquille dont il est frustré. Il ignore qu'elle va l'entraîner en enfer : frénésie sexuelle, perversion sado-masochiste, trahisons, mensonges, cet ange se révèle un démon. Perverse ou simplement perdue, elle est insouciante des blessures qu'elle inflige avec la plus cruelle des douceurs. Le narrateur désemparé, se méprisant lui-même, affronte la tempête. Prisonnier de cet envoûtement, il sait qu'il sera le grand perdant de cette guerre amoureuse. Dans un style au scalpel, Jean-Marie Rouart plonge dans les abîmes de l'amour-damnation. Un roman fiévreux mais aussi une radiographie de l'éternelle et impitoyable lutte de pouvoir dans le couple.
Pourquoi un écrivain aussi favorisé, issu d'une famille prestigieuse et menant une carrière littéraire brillante, a-t-il pris la défense, dès sa condamnation en 1994, d'un obscur jardinier marocain accusé à tort de meurtre ? C'est cet itinéraire que raconte ce livre. Jean-Marie Rouart revient en détail sur toutes les zones d'ombre de ce crime énigmatique qui, pour romanesque qu'il soit, est surtout une tragédie : celle d'un homme condamné qui depuis trente ans clame en vain son innocence. Pourquoi la justice met-elle tant de mauvaise volonté à réviser une condamnation injuste de l'avis de tous ? Pourquoi, en dépit de tant de témoignages de soutien et d'indignation en France et à l'étranger, refuse-t-on de lever le doute et les suppositions insupportables autour de cet assassinat ? Y a-t-il une vérité à cacher ?
"De la fenêtre de ma mansarde qui dominait les toits en zinc, j'imaginais que Paris contenait les clés d'une vie aventureuse riche en rencontres. Tant de romans m'incitaient à y croire. Ils suscitaient en moi le désir de rejoindre les passions et les fièvres de leurs héros. Mais la ville semblait sourde à mes appels. Ses monuments impressionnants autant que les luxueux appartements des beaux quartiers me paraissaient irrémédiablement fermés. Par quelle magie leurs portes s'ouvriraient-elles ? Le désespoir me gagnait. Et si rien ne m'arrivait ? Ces portes, pourtant, se sont ouvertes. J'étais loin d'imaginer qu'elles se montreraient si accueillantes. Que Paris recèlerait pour moi tant de trésors, que ses rues froides et hostiles deviendraient le théâtre d'une vie de rêves réalisés. C'est ce curieux itinéraire que je décris, fait d'enthousiasmes, de rencontres, de passions amoureuses, dans ce Paris qui maintenant a pris la forme de mon coeur : de ses aspirations folles et de ses enchantements irréels." J.-M. R.
Le 11 novembre 1942, un télex apprend au monde abasourdi que le Maréchal Pétain a quitté Vichy pour rejoindre Alger où les Américains viennent de débarquer. À Londres, après la consternation c'est l'affolement. Le Général, qui a songé au suicide, décide de rassembler ses troupes et d'affréter un bateau de guerre surnommé le «cercueil flottant». À bord de cette nouvelle arche de Noé, une galerie de personnages tous plus excentriques et baroques les uns que les autres. A commencer par la garde rapprochée du Général - Aron, Kessel, Druon -, des traîtres, des héros, sans oublier un cortège de jolies femmes, espionnes, amoureuses, cartomanciennes, princesses. Des intrigues se trament, des couples se forment et se défont, la drogue circule même parfois, tandis qu'apparaissent des villes légendaires comme Samarcande. La plume de Jean-Marie Rouart virevolte, bondit, caracole. Mais derrière ce roman picaresque se cache un conte philosophique où, plus sérieusement, l'auteur s'interroge sur l'Histoire et ses folies, ainsi que sur certaines énigmes troublantes de la Résistance et de la Collaboration. Et sur une énigme plus grande encore : celle du temps qui fait l'Histoire et défait les amours.
" Rarement la vie politique sous la Ve République a semblé à ce point sinistrée, ravagée par un mal secret ", constate Jean-Marie Rouart au regard d'une campagne présidentielle hors normes. Dans ce journal politique tenu au cours des dix dernières années, sous les mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, l'écrivain fournit autant de clés permettant de décrypter une dramaturgie dont les héros semblent frappés d'une étrange malédiction. Il dépeint avec maestria la vie politique pour ce qu'elle est avant tout à ses yeux : un terrain d'expériences romanesques où se jouent les destins. Ce qui passionne l'auteur dans la geste politique et dans les portraits qu'il brosse, c'est tout ce qui les relie à la vie où nous trouvons reproduites nos propres passions, ambitions, et blessures. Jean-Marie Rouart montre ici le lien direct entre la politique et l'histoire qui sous-tend à chaque instant notre roman national. D'où l'éclairage saisissant que son livre apporte sur ce psychodrame typiquement français. Un mystère qui fait de notre pays, avec ses contradictions, ses diverses guerres de clans, un terrain d'étude et d'observation plus que jamais fascinant. Sa richesse, l'aura culturelle que la France garde dans le monde, mais aussi sa tendance masochiste à l'autodestruction, viennent aussi de cet extraordinaire paradoxe. Le passé comme l'actualité continuent de nous en offrir des exemples imprévisibles et parfois déroutants.
Je demandais aux livres : comment fait-on pour vivre, pour aimer, pour être heureux ? " Les livres, les romans surtout, devinrent mes compagnons d'infortune. Ils apportaient à mon adolescence tourmentée, angoissée, les lumières d'une vie idéale. Ce que je cherchais en eux, outre l'évasion par le rêve, c'était ce qu'on demande d'ordinaire aux cartomanciennes et aux voyants : de me dire mon avenir. De me donner les recettes qui permettaient de maîtriser ma vie, moi qui ne maîtrisais rien, que la plus petite amourette submergeait. D'une certaine façon, mes lectures étaient intéressées. Elles le sont restées. Je demandais aux livres : comment fait-on pour vivre, pour aimer, pour être heureux ? " J.-M. R.Cet ouvrage original, qui mêle portraits d'écrivains et morceaux choisis de leurs meilleurs livres, est le fruit d'une longue histoire d'amour. Jean-Marie Rouart est l'un des plus fins connaisseurs de la littérature. Guidé par l'enthousiasme et l'admiration, il nous plonge au coeur des passions littéraires qui ont nourri et enchanté son existence.Version abrégée.
Plongez dans les premiers chapitres des grands romans de la rentrée littéraire 2015 avec ce recueil exclusif signé Robert Laffont. Découvrez des extraits de Jean d’Ormesson, Sorour Kasmaï, Eugène Green, Colm Tóibín et bien d’autres.
Qui donc est le baron Magnus ? Un de ces millionnaires dont le faste tient du cabotinage et de la comédie pour chroniqueurs mondains ? Un véritable aristocrate autrichien, descendant des rois de Chypre ? Un amateur d'art que la création passionne et un cabaliste hors pair ? Mais peut-être aussi bien un pervers attiré par la chair fraîche, un amoureux transi, ou un intrigant, coureur de dot ? Comment savoir ? D'abord hostile à ce baron énigmatique, le narrateur nous entraîne à sa découverte avec une curiosité qui rebondit de chapitre en péripétie. Peu à peu, le milieu singulier où évolue le baron, sa conduite imprévisible, ses sautes d'humeur, sa fabuleuse érudition, son charme et ses folies, tout est sujet de surprise. Mais qu'importe, en réalité, la vraie nature de Magnus ? C'est sa vie qui est son chef-d'oeuvre, et lui-même sa création permanente, lentement mis au jour par un observateur sagace, saisi, sans cesse fasciné. Si la démarche de son livre est aussi passionnante que celle d'un roman policier, au terme de l'enquête, c'est toute une société qui se révèle, à travers le personnage, avec ses reflets, ses faux-semblants, ses équivoques, son imposture. Et cette société-là, c'est la nôtre.
Assistons-nous à la fin d'un monde ou à la naissance d'une ère nouvelle ? Les multiples crises que nous traversons, financières, sociales, morales, culturelles sont des symptômes. Mais de quoi ? C'est cette question que se pose Jean-Marie Rouart dans ce livre caustique, ironique voire polémique. Il observe sans complaisance les renoncements, les hypocrisies et les injustices de notre société. Il en relève les contradictions et les faux-semblants. Scrutant les événements et les hommes, il brosse dans un style savoureux et iconoclaste les portraits des personnages qui sont au coeur du système. Bien sûr, d'abord la constellation sarkozienne : le trépident président, Carla qui met la République en chansons, Rachida Dati, icône de la diversité mais victime de la mode, l'ombrageux Fillon, un volcan sous un lac glacé qui digère les couleuvres et attend son heure. Cette crise, comment le parti socialiste au coeur des contradictions françaises y échapperait-il ? Rouart décrypte ce qui se dissimule sous la rivalité Ségolène Royal - Martine Aubry, sous l'oeil de ces prédateurs avides que sont Bayrou Ramina Grobis et Besancenot l'angelo diabolique. Mais le regard que l'écrivain porte sur notre société va au-delà du microcosme politique. Il cherche quelles sont les impostures et mystifications qui suivront le dégonflement de la bulle financière. A travers la disparition de Soeur Emmanuelle, d'Yves Saint Laurent ou, plus tragique encore, celle de Chantal Sebire, la visite du Pape à Paris mais aussi à travers le traitement de l'affaire DSK qui a secoué le FMI, il tente de comprendre les fantasmes contradictoires d'une société égarée, inquiète, à la fois dépravée et en quête de renouveau spirituel.
Depuis toujours, les écrivains ont eu avec le pouvoir politique des rapports de liberté ou d'engagement, de fascination ou d'agacement réciproque. Rarement des rapports pacifiés. Quand Jean-Marie Rouart, en écrivain-journaliste, en portraitiste qui saisit ces puissants humains, trop humains, sur le vif, rencontre des hommes et des femmes de pouvoir, il réagit par l'intuition qui le guide, se jouant des formules attendues, cherchant une vérité humaine sous le masque. Il a rarement été donné à un écrivain d'aujourd'hui de voir et de parler à des hommes politiques d'horizons aussi divers. On trouvera dans ces pages un Mitterrand en sphinx sur les routes du Morvan, loin du monarque élyséen, un Giscard foudroyant qui prend à rebrousse-poil le désir contemporain de plaire, un Pasqua presque tendre, un Villepin lyrique, un Ernest-Antoine Seillière en « Achille à l'ère des 35 heures », mais aussi un Serge Dassault qui préfère être plutôt que paraître, un Hollande « monté sur des roulettes », un Sarkozy sur le pont d'Arcole... Bref toute une comédie entre vérité et mensonge, discours officiel et vérités de l'instant que glane l'auteur dans ce tête-à-tête avec les hommes de pouvoir.
Dans ce livre - qui conjugue subtilement une trame autobiographique à une trame idéologique - Jean-Marie Rouart se penche sur une énigme : qu'est-ce que la France ? Ou, plutôt : quelle est sa France à lui ? Cette question, à vrai dire, n'est pas nouvelle de la part d'un écrivain dont les romans ou les chroniques n'ont cessé - depuis Avant-guerre jusqu'à sa défense d'Omar Raddad, depuis sa biographie du cardinal de Bernis jusqu'à son élogue du Duc de Morny - de traquer l'essence d'un pays qu'il aime à la folie, mais qui ne ressemble pas toujours à l'idée qu'il s'en fait. Car la France de Jean-Marie Rouart, au fond, n'est pas « progressiste », ni « réactionnaire ». C'est, de l'aveu même de l'auteur, « un jeu de miroirs avec la mémoire », où l'on trouve Jeanne d'Arc et Romain Gary, l'aventure coloniale et la Résistance, l'affaire Dreyfus et le martyre des Moines de Tibirine, Vichy et Valmy, Stendhal et de Gaulle, Drieu la Rochelle et Chateaubriand, « Sa » France, c'est aussi - d'abord - une aptitude à l'universel toujours contrariée par des régressions identitaires ; c'est une façon d'aimer, une manière agnostique de rester chrétien... Avec cet essai, écrit à la première personne, très « Berlien » d'inspiration, ce jeune académicien a donc choisi de voyager par l'esprit dans l'éternité d'une nation où l'on a l'habitude de faire de la littérature avec l'histoire, et de la politique avec la littérature. A sa façon, toute impressionniste, et plus charnelle que cérébrale, Rouart nous donne là une « anti-idéologie française » dans la mesure où, contrairement à Bernard-Henri Lévy, il tient pour acquis que la France est ce pays qui, irrésistiblement, a su déjouer le pire - tout en le frôlant, parfois, de très près... A l'heure des supranationalités en vogue, à l'heure des communautarismes triomphants, cet essai a le mérite de poser, non sans quelque angoisse, la question suivante : comment préserver le « miracle » français - ce dosage improbable d'esprit et de racine, de fidélité à une mémoire et de disponibilité à l'avenir ? En d'autres termes, sommes-nous les contemporains d'une France qui « s'en va » ou d'une France qui demeure ? Ce livre, a n'en pas douter, ouvrira un immense débat à ce sujet.
Ils ont choisi la nuit est un livre sur la tentation du suicide et sur le suicide lui-même. Il analyse ce " mal " qui habite et frappe aussi bien les adolescents que les adultes et les vieilles personnes. Jean-Marie Rouart avoue : le suicide m'a longtemps habité, comme une obsession. Comme une maladie, dont j'ai mis des années à guérir. Et d'évoquer ses frères et soeurs par le suicide enlevé, Romain Gary, Drieu la Rochelle, Jean Seberg, Stefan Zweig, Hemingway, Jack London. Ou encore ceux, qui comme Benjamin Constant, Maupassant et Napoléon, avaient une âme suicidaire. Livre de littérature, donc. Et livre fort, d'une nouveauté absolue. Et pour une autre raison aussi que cette galerie jamais vue des grands noms. Il se trouve que Jean-Marie Rouart se met à nu, raconte la tentation du suicide en lui, provoquée par son " mal de vivre ", ses échecs amoureux, sa peur d'écrire. Un livre bouleversant.
Discours de réception de Jean-Marie Rouart à l'Académie française.
" Les vainqueurs m'ennuient. J'ai toujours aimé les vaincus " : cette déclaration ouvre {La Noblesse des vaincus}, où Jean-Marie Rouart raconte qu'il avait, adolescent, épinglé sur un mur de sa chambre la photo d'un soldat blessé. Tout se passe en effet comme si l'échec révélait, de l'homme, bien plus, bien plus fort, bien plus profond, bien plus intéressant, pour ne pas dire bien plus passionnant, que la victoire. A ce point que Jean-Marie Rouart s'abandonne au rêve d'" un dictionnaire des vaincus " où il mettrait qui ? Fouquet, le surintendant embastillé, Bernis, le cardinal voluptueux deux fois exilé, Cavelier de la Salle, assassiné sur les rives du Mississippi, Lally-Tollendal, coupé en deux, Von Stauffenberg, pendu à un croc de boucher après avoir raté son attentat contre Hitler - tant d'autres... Jean-Marie Rouart met en évidence " l'étrange passerelle " qui relie les vaincus au " destin inabouti de la littérature ", littérature dont l'exercice, peu ou prou, serait une métaphore de l'échec. Musset, Byron, Paul-Jean Toulet, Aragon : les désenchantés de l'amour ; le cardinal de Retz, Barrès, André Malraux, Mauriac, Breton Montherlant : les rêveurs au pouvoir : Verlaine, Genet, Fitzgerald, Lowry... L'oeuvre, cette réussite, ne se conçoit pas et ne s'explique pas sans son double et ce terreau d'où elle naît et où elle aboutit : l'échec. Ce dictionnaire dont rêve Jean-Marie Rouart, le voici : celui des grands écrivains, dont on sait désormais un peu mieux qu'ils sont des " vaincus de la vie ".
En Suisse, dans les Grisons. Que pourrait-il se passer entre des hommes et des femmes, aussi différents que possible les uns des autres, et isolés du reste du monde ? Une tempête de neige a bloqué dans la luxueuse demeure d'une comtesse énigmatique des personnages que tout sépare : Pierre Valberg, universitaire un rien prétentieux, et ses deux condisciples, Rachel et Sylvie. Julien Bataille, un écrivain en mal d'affection. Aldo et Andrea, un couple disparate et adultérin. N'oublions pas la comtesse d'Aspern, grande beauté froide et sa nièce, Vérity, qui cherche l'absolu avec cette intransigeance maladroite de l'adolescence. Tous ont la frustration de l'amour impossible. Au gré de ce séjour forcé, les couples changent, les étreintes alternent, les vérités se disent cruellement...
Quel choc peut provoquer chez un homme à qui tout réussit la révélation d'une grave fêlure ? Un écrivain couvert de femmes découvre dans le désert d'une soudaine impuissance sexuelle une impuissance plus profonde : l'incapacité de se renouveler, de croire à la vie. Julien, le héros du livre, tente de conjurer son sentiment d'échec dans les bras d'une toute jeune fille au charme vénéneux. A travers elle, c'est la jeunesse qu'il veut ressaisir. Histoire de la rencontre de deux êtres en proie au mal de vivre qui cherchent chacun dans l'amour un remède à leur angoisse, ce roman explore les liens mystérieux qui unissent le désir amoureux et la création artistique (Faut-il aimer pour pouvoir écrire, écrire pour pouvoir aimer ?). Roman qui est aussi une réflexion sur la création et l'échec, l'amour et l'impuissance, ce livre analyse au scalpel la tragédie d'une passion destructrice qui n'est pas seulement celle du héros mais celle de tous les hommes qui tentent de s'opposer désespérément à la fuite de leur jeunesse.