Yamina Benahmed daho
Yamina Benahmed daho
"Pour la firme Electrolux, l'arrivée de papa fut une grande aubaine. Il s'avéra rapidement qu'il était un prodige en ce qui concerne la vente d'aspirateurs. Difficile de dire à quoi cela tenait, mais si le talent est déjà malaisé à reconnaître chez les génies artistiques, il l'est d'autant plus quand il s'agit de vendre des aspirateurs à poussière." Dans la Tchécoslovaquie d'avant-guerre, un garçon raconte son enfance auprès d'un père charmeur et extravagant. Avec lui, la vie prend des allures d'aventure : la pêche aux carpes autant que la conquête d'une femme ou l'invasion de leur village par les troupes allemandes... Une chronique familiale drôle et poignante, où la tendresse adoucit le tragique, la beauté de la nature fait oublier les affres de l'Histoire, et l'optimisme n'a d'égal que la liberté.
"Pour la firme Electrolux, l'arrivée de papa fut une grande aubaine. Il s'avéra rapidement qu'il était un prodige en ce qui concerne la vente d'aspirateurs. Difficile de dire à quoi cela tenait, mais si le talent est déjà malaisé à reconnaître chez les génies artistiques, il l'est d'autant plus quand il s'agit de vendre des aspirateurs à poussière." Dans la Tchécoslovaquie d'avant-guerre, un garçon raconte son enfance auprès d'un père charmeur et extravagant. Avec lui, la vie prend des allures d'aventure : la pêche aux carpes autant que la conquête d'une femme ou l'invasion de leur village par les troupes allemandes... Une chronique familiale drôle et poignante, où la tendresse adoucit le tragique, la beauté de la nature fait oublier les affres de l'Histoire, et l'optimisme n'a d'égal que la liberté.
"Il commence à chanter en arabe. Je saisis quelques mots comme benti, goulti ou jbel et, évidemment, tous les mots que la colonisation a influencés tels que Francia, musiqa, immigri, faliza, miseria, carta. Je devine, à ses yeux qu'il ferme de temps à autre, à la tonalité de sa voix, aux notes qui viennent du fond de sa gorge, aux voyelles qu'il étire à en perdre le souffle, qu'il parle de l'Algérie, de son village, de sa famille, de sa culture, de tout ce que la guerre l'a contraint à laisser loin derrière lui." Après la guerre d'Algérie, après l'errance, les parents de la narratrice s'installent en Vendée, à Fontayne, dans un lotissement qui regroupe neuf familles. Les petits jouent, les grands s'interrogent sur l'avenir, les parents travaillent et aménagent leur maison pour oublier le passé. Chez les Benali, il reste des traces d'avant l'exil : les souvenirs incomplets du père, les portraits de proches inconnus, un uniforme de l'armée française, la langue arabe qui revient parfois. Enquête familiale et sociologique, La source des fantômes raconte une enfance des années 1980, sans cesse interrogée par la narratrice adulte.
"Il commence à chanter en arabe. Je saisis quelques mots comme benti, goulti ou jbel et, évidemment, tous les mots que la colonisation a influencés tels que Francia, musiqa, immigri, faliza, miseria, carta. Je devine, à ses yeux qu'il ferme de temps à autre, à la tonalité de sa voix, aux notes qui viennent du fond de sa gorge, aux voyelles qu'il étire à en perdre le souffle, qu'il parle de l'Algérie, de son village, de sa famille, de sa culture, de tout ce que la guerre l'a contraint à laisser loin derrière lui." Après la guerre d'Algérie, après l'errance, les parents de la narratrice s'installent en Vendée, à Fontayne, dans un lotissement qui regroupe neuf familles. Les petits jouent, les grands s'interrogent sur l'avenir, les parents travaillent et aménagent leur maison pour oublier le passé. Chez les Benali, il reste des traces d'avant l'exil : les souvenirs incomplets du père, les portraits de proches inconnus, un uniforme de l'armée française, la langue arabe qui revient parfois. Enquête familiale et sociologique, La source des fantômes raconte une enfance des années 1980, sans cesse interrogée par la narratrice adulte.
Qui connaît aujourd'hui Barthélemy Thimonnier, tailleur et inventeur de la machine à coudre ? Ses premières mécaniques furent détruites par des ouvriers. Ses brevets détournés. Thimonnier, qui croyait au siècle industriel, n'aura fait que le subir et sera effacé par le triomphe commercial de l'américain Singer. Le roman retrace cette contradiction, celle d'un homme qui rêvait de prospérité et que la croissance du capitalisme a précipité dans la misère et l'oubli. À la machine est aussi l'histoire d'une machine à coudre, achetée dans les années 60 en Algérie, qui accompagna la mère de l'auteure dans son exil en France.
Qui connaît aujourd'hui Barthélemy Thimonnier, tailleur et inventeur de la machine à coudre ? Ses premières mécaniques furent détruites par des ouvriers. Ses brevets détournés. Thimonnier, qui croyait au siècle industriel, n'aura fait que le subir et sera effacé par le triomphe commercial de l'américain Singer. Le roman retrace cette contradiction, celle d'un homme qui rêvait de prospérité et que la croissance du capitalisme a précipité dans la misère et l'oubli. À la machine est aussi l'histoire d'une machine à coudre, achetée dans les années 60 en Algérie, qui accompagna la mère de l'auteure dans son exil en France.
"C'est arrivé hier, en pleine nuit, alors que je retournais chez une amie. Quand je lui ai montré les bleus sur mes cuisses, elle m'a conseillé de consulter. J'ai hésité. J'habite à huit cents mètres mais j'ai hésité à venir parce que j'ai peur de sortir. Et maintenant que je suis ici, j'ai peur de rentrer." De mémoire raconte une femme, Alya, qu'une tentative de viol réduit à l'immobilité et à la peur. Les insomnies et les cauchemars, la tristesse et la solitude dans laquelle son corps s'enferme l'éloignent de plus en plus d'elle-même. Elle s'engage dans le labyrinthe de la mémoire et se souvient. De chaque détail perdu dans la nuit de l'agression, de l'histoire familiale qui prend racine en Algérie, de la femme libre qu'elle croyait être.
"C'est arrivé hier, en pleine nuit, alors que je retournais chez une amie. Quand je lui ai montré les bleus sur mes cuisses, elle m'a conseillé de consulter. J'ai hésité. J'habite à huit cents mètres mais j'ai hésité à venir parce que j'ai peur de sortir. Et maintenant que je suis ici, j'ai peur de rentrer." De mémoire raconte une femme, Alya, qu'une tentative de viol réduit à l'immobilité et à la peur. Les insomnies et les cauchemars, la tristesse et la solitude dans laquelle son corps s'enferme l'éloignent de plus en plus d'elle-même. Elle s'engage dans le labyrinthe de la mémoire et se souvient. De chaque détail perdu dans la nuit de l'agression, de l'histoire familiale qui prend racine en Algérie, de la femme libre qu'elle croyait être.
1863. Dans une plantation aux États-Unis, des esclaves maintenus sur une parcelle de terre rectangulaire inventent un jeu qui consiste à pousser un chou avec leurs pieds. Bientôt, les maîtres du domaine organisent des matchs de chouball où sont conviés les planteurs voisins, et les paris commencent. Un premier roman sur l'esclavage et la formation du collectif, une fable lumineuse et puissante sur la liberté. A partir de 14 ans.
À trente-deux ans, Mina, la narratrice de Poule D, décide de s'inscrire dans un club de foot féminin. Chaque vendredi soir, elle quitte le collège où elle enseigne pour apprendre les gestes et les techniques d'un sport qu'elle ne connaît que par les livres et les matchs à la télé. Avec une quinzaine de filles, d'âges, d'origines et de milieux professionnels différents, elle dispute des matchs entre clubs du Val-de-Marne, avec l'ambition de monter dans le classement. Semaine après semaine, Mina découvre que la part de rêve, d'idéal footballistique, cache une autre réalité, moins brillante : les stades sans public, le matériel vétuste, la fantaisie des entraîneurs, les rivalités puériles, les défaites à répétition, la concurrence féroce et la souffrance physique... Récit d'apprentissage, Poule D raconte avec beaucoup d'humour le quotidien d'un monde, encore très masculin, que des filles réinventent joyeusement.
À trente-deux ans, Mina, la narratrice de Poule D, décide de s'inscrire dans un club de foot féminin. Chaque vendredi soir, elle quitte le collège où elle enseigne pour apprendre les gestes et les techniques d'un sport qu'elle ne connaît que par les livres et les matchs à la télé. Avec une quinzaine de filles, d'âges, d'origines et de milieux professionnels différents, elle dispute des matchs entre clubs du Val-de-Marne, avec l'ambition de monter dans le classement. Semaine après semaine, Mina découvre que la part de rêve, d'idéal footballistique, cache une autre réalité, moins brillante : les stades sans public, le matériel vétuste, la fantaisie des entraîneurs, les rivalités puériles, les défaites à répétition, la concurrence féroce et la souffrance physique... Récit d'apprentissage, Poule D raconte avec beaucoup d'humour le quotidien d'un monde, encore très masculin, que des filles réinventent joyeusement.
« Quand l'essentiel de son travail, qu'il était difficile de dénicher, fut rassemblé pour la première fois dans Le Plus Réel est ce hasard, et ce feu, en 1997, de nombreux lecteurs de poésie française découvrirent un poète énergique et innovant. [...] Il est érudit mais impétueux, nourri des classiques mais d'un tempérament d'avant-garde, un « poète-pensant » à la française qui est néan¬moins résolu à boire le monde réel jusqu'à la lie. [...] Tandis que les poètes français nés après la Seconde Guerre mondiale semblent souvent entravés par une sorte de modestie formelle et inhibés par des horizons thématiques étroits, Michel, plein de ressources, donne à l'artiste la responsabilité d' « offrir une nouvelle chance au pensable, au visible, à l'audible - à leur donner une possibilité de plus ». Il envisage la poésie authentique comme « approfondissant et refondant à neuf tous les aspects du vivable ». À son niveau le plus profond, sa poésie tourne autour de la question de l'« orientation » consciente [...] en soulignant que la poésie authentique se situe là où « l'objectivité de la vérité » atteint son « point le plus élevé ». De telles ambitions poétiques se rencontrent rarement en France de nos jours. » John Taylor, Times Literary Supplement, 7 mai 2010
« Quand l'essentiel de son travail, qu'il était difficile de dénicher, fut rassemblé pour la première fois dans Le Plus Réel est ce hasard, et ce feu, en 1997, de nombreux lecteurs de poésie française découvrirent un poète énergique et innovant. [...] Il est érudit mais impétueux, nourri des classiques mais d'un tempérament d'avant-garde, un « poète-pensant » à la française qui est néan¬moins résolu à boire le monde réel jusqu'à la lie. [...] Tandis que les poètes français nés après la Seconde Guerre mondiale semblent souvent entravés par une sorte de modestie formelle et inhibés par des horizons thématiques étroits, Michel, plein de ressources, donne à l'artiste la responsabilité d' « offrir une nouvelle chance au pensable, au visible, à l'audible - à leur donner une possibilité de plus ». Il envisage la poésie authentique comme « approfondissant et refondant à neuf tous les aspects du vivable ». À son niveau le plus profond, sa poésie tourne autour de la question de l'« orientation » consciente [...] en soulignant que la poésie authentique se situe là où « l'objectivité de la vérité » atteint son « point le plus élevé ». De telles ambitions poétiques se rencontrent rarement en France de nos jours. » John Taylor, Times Literary Supplement, 7 mai 2010