Souvankham Thammavongsa
Souvankham Thammavongsa
Souvankham Thammavongsa donne voix à des personnages qui luttent pour gagner leur vie, fait résonner leurs espoirs, leurs déceptions, leurs amours, leurs actes de résistance et surtout leur quête d'appartenance. Écrites avec compassion et ponctuées d'humour et d'ironie, ces nouvelles célèbrent ceux et celles qui tentent de trouver leurs repères loin de chez eux; ces ouvriers essentiels qui travaillent dans le bas-ventre du monde. Avec une prose libre et intime d'une puissance inouïe, l'auteure dresse un portrait inoubliable d'enfants bienveillants, d'hommes blessés et de femmes fébriles pris entre cultures, langues et valeurs.
Une immersion dans un salon de beauté, entre vie cabossée des esthéticiennes immigrées et confessions des clients de tout genre.Ning fut boxeuse autrefois, mais pour les clients de son salon de manucure, elle n'est qu'une employée parmi les autres prénommées Susan. Les Susan polissent et vernissent les ongles, conseillent les clients sur la couleur qui ornera leurs mains. Elles sont aussi une oreille attentive et discrète aux confessions que les clients laissent échapper, dépits amoureux, professionnels, familiaux, qu'elles suivent au fil des rendez-vous. Les Susan, elles, sont émigrées, et partagent avec facétie et bonheur une langue que les clients ne comprennent pas. Leur quotidien est fait de précarité, de soumission, et du rêve farouche de s'en sortir. En l'espace d'une journée routinière, dans ce salon des Susans, un événement inattendu vient catalyser les craintes et les espoirs des jeunes femmes. Par la confession tendre et impertinente de son héroine narratrice, La couleur qui vous plaira est une réflexion fine sur les instituts de beauté, lieux du soin du corps et des âmes, ainsi qu'une peinture subtile de la vie des immigrés, dans sa complexité, sa tristesse et sa force de vie. Avec ce premier roman lauréat du Giller Prize 2025, équivalent du Goncourt canadien, Souvankham Thammavongsa s'impose, à l'instar d'Ocean Vuong, comme l'étendard des nouvelles voix glorieuses et précieuses de l'Amérique du Nord d'aujourd'hui.
DansLa maison de ma mère, Souvankham Thammavongsa médite sur le sens que l'on donne auxmoments et souvenirs d'enfance et aux marques laissées par le temps et la distance. Les animaux, la culture pop dans laquelle elle a grandi, l'histoire tragique du Laos, son pays natal, la guerre et les bombes, les vacances en famille et les vieilles photossont autant de lieux et d'objets de mémoire et de silences. Les silences chargés, à leur tour, évoquent des événements des plus ordinaires aux plus traumatiques qu'on ne saurait aborder que par l'oblique, par fragments.
Une fillette à l'école prononce obstinément le K muet du mot Knife. Un ancien boxeur se convertit en pédicure. Une femme rêve de téléromans en plumant des poulets. Un père emballe des meubles destinés à des maisons qu'il n'habitera jamais. Le K ne se prononce pas accueille les utopies, échecs, amours et petits actes de résistance des errants et réfugiés, qui tentent de trouver leurs repères loin de chez eux ; ces ouvriers essentiels fouillent le bas-ventre du monde. On y croise des enfants bienveillants, des hommes blessés et des femmes fébriles. Ils désirent vivre. Et dans ces récits, ils vivent brillamment. Férocement.