Sébastien Fontenelle
Sébastien Fontenelle
La Centrafrique, pays riche en ressources naturelles, reste l’un des plus pauvres au monde. Clément Belibanga y analyse les causes profondes de cette pauvreté persistante : crises politiques, corruption endémique et gouvernance défaillante.
La délation, aujourd'hui, est plus que jamais une affaire d'État ! Du corbeau de province aux indics, des partis politiques aux administrations, en passant par les R.G., les mouchards se portent bien en France, merci. Documents confidentiels à l'appui, l'auteur a constitué un dossier brûlant qui dénonce, avec force, une pratique tolérée, voire parfois commanditée, par la justice, les douanes, la police, le fisc... Une enquête extrêmement minutieuse, et un véritable cri d'alarme : la délation serait-elle en passe de devenir un système à part entière, cautionné par un État omnipotent, et désormais relayé par les nouvelles technologies ? Des révélations choc, des preuves explosives, pour étayer l'analyse inédite d'une situation qui fait froid dans le dos...
Quotidiennement, des agitateurs prennent d'assaut les tribunes pour attiser colères identitaires et passions xénophobes. Leur brutalité verbale, qui vise principalement les «migrants» et les «musulmans», rappelle la violence de ceux qui, dans la première moitié du siècle précédent, vilipendaient les «métèques» et les «juifs». De la même façon que les droites d'antan vitupéraient contre le «judéo-bolchevisme», leurs épigones fustigent l'«islamo-gauchisme», qu'ils associent à l'antisémitisme. Or ces mêmes accusateurs font parfois preuve d'une étonnante complaisance lorsqu'ils se trouvent confrontés, dans leurs alentours culturels et idéologiques, à des considérations pour le moins équivoques sur les juifs ou sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Soudain ils deviennent magnanimes et peuvent même trouver à leurs auteurs des circonstances atténuantes. Et ainsi se perpétue l'abject.
MACRON ET L'EXTRÊME DROITEDU REMPART AU BOULEVARD En 2017, Emmanuel Macron a été élu président de la République française grâce aux voix de millions d'électeurs qui ont voté pour lui parce que c'était le seul moyen d'empêcher la victoire de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national. Le nouveau chef de l'État français avait alors déclaré que cette victoire l'" engageait ". Cinq ans plus tard, après sa réélection : il a une nouvelle fois promis de " faire barrage aux idées de l'extrême droite ". Mais depuis le début de son règne, il n'a cessé, au contraire, de favoriser la progression de la droite nationaliste et xénophobe. Ce président qui a érigé le mensonge en mode de gouvernement avait promis de construire un rempart contre le pire : il lui aura finalement ouvert un boulevard.
Ils sont partout : dans les journaux, à la radio, à la télévision, sur les réseaux sociaux, du matin au soir et du soir au matin, sur tous les tons et par tous les temps, ils débitent tous (à peu près) les mêmes poncifs tout en s'autofélicitant de briser des non-dits. Nouvel état des lieux des éditocrates français.
Depuis des années, des idéologues réactionnaires se plaignent qu'" on ne peut plus rien dire en France ". La gauche imposerait une " censure ", qui empêcherait de tenir publiquement certains propos : ce qu'ils appellent la " cancel culture " - ou la " culture woke ". En réalité, ces propagandistes solidement établis peuvent tout dire, même les pires horreurs. Dans les faits, ce sont eux qui verrouillent le débat public et qui, forts de cette mainmise, lancent des assauts verbaux contre des cibles choisies. Face à cette imposture, il convient de rappeler que, pour faire société, on ne peut pas tout dire. Que l'attention portée à autrui est une condition du vivre-ensemble. Et que la stigmatisation de catégories entières ne saurait constituer ni l'étalon de la liberté d'expression, ni la norme du débat public.
Que se passe-t-il à La Poste ? Comment expliquer – et arrêter – une série de suicides dont sont victimes les employés de cet ancien service public, si aimé des Français, devenu une entreprise privée qui ne s'intéresse plus qu'à sa rentabilité ? Deux discours s'opposent sans jamais s'entendre. Pour la direction, il ne s'agit là que de "drames personnels et familiaux ", dans lesquels " la dimension du travail est inexistante ou marginale ". Des accidents, en quelque sorte, dont s'emparent des syndicats " qui veulent couler La Poste ". Pour ces derniers, au contraire, le traitement stressant infligé à ses salariés, la destruction de près de 80 000 emplois depuis dix ans, la réorganisation permanente exigée par un management sourd à toutes les sonnettes d'alarme, ont mis en danger, et en grande souffrance, tous ceux qui subissent depuis maintenant des décennies la " nécessaire modernisation des PTT ". L'enquête de Sébastien Fontenelle révèle la gravité de la situation. En confrontant aux faits la parole de chacun, et en rappelant l'histoire d'un démantèlement qui a pris la valeur d'un symbole – celui des plus désastreuses conséquences de l'économie néolibérale –, il établit la responsabilité des dirigeants successifs, mais aussi des politiques, à commencer par les socialistes. Un terrible gâchis humain, que les salariés sont les seuls à payer. Parfois de leur vie. Sébastien Fontenelle est journaliste. Derniers ouvrages parus : Vive la crise ! (Seuil, 2011), Les Briseurs de tabous (La Découverte, 2012).
Sous le prétexte de briser d'imaginaires " tabous " et d'en finir avec une prétendue " tyrannie de la bien-pensance " et dopés par les attentats islamistes du 11 septembre 2001, de prétendus iconoclastes médiatiques ont banalisé, en la parant souvent de vertus " républicaines ", une logorrhée empruntée au vocabulaire traditionnel des xénophobes nationalistes. Autopsie en règle.
Vive la crise ! ou l'art de répéter (inlassablement) dans les médias qu'il est urgent de réformer (e
Au début des années 1980, de dévoués journalistes se sont donné pour mission de faciliter l'" entrée du capitalisme dans la gauche ". Par une heureuse coïncidence, cette aspiration correspondait très exactement avec celles des " socialistes " de gouvernement, qui ambitionnaient alors de rompre avec... le socialisme. Ce reniement requérait un solide travail de " pédagogie ", où le quotidien Libération prit par exemple toute sa part en confectionnant dès 1984, avec la complicité de l'ancien communiste Yves Montand et pour accompagner la stupéfiante émission " Vive la crise ! ", un hors-série d'anthologie où se trouvait l'essentiel de ce qui allait fonder, pour trente ans, le discours de la presse dominante. Trois décennies plus tard, l'édifice idéologique ainsi construit n'en finit plus de s'effondrer dans la crise. Cette dislocation aurait pu inciter ces (obstinés) forgerons du consentement à plus de modestie. Mais les pontifes du temps ont ceci de particulier qu'ils ne connaissent pas la honte. Confrontés aux effets concrets de leurs prédications, ils concèdent parfois (mieux vaut tard que jamais) qu'il conviendrait d'" humaniser " un peu les marchés, mais c'est pour mieux répéter que l'unique façon de remédier à la crise du capitalisme est d'opter pour toujours plus... de capitalisme. Sébastien Fontenelle est journaliste. Derniers ouvrages parus : Les Éditocrates ou Comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n'importe quoi (collectif, La Découverte, 2009), Même pas drôle. Philippe Val de Charlie Hebdo à Sarkozy (Libertalia, 2010).