Philippe Valon
Philippe Valon
La haine est consubstantielle au psychisme, car au fondement de la différenciation de l'objet et du sujet, et de la vie relationnelle. Elle reste présente tout au long de la vie, en se liant à l'amour en des configurations variées qui donnent à la vie amoureuse et sociale ses infinies nuances. Les destins d'une haine trop pure sont ici explorés, car à la racine de la plupart des pathologies psychiques, surtout les états limites et les psychoses. L'utilisation du jeu dans les traitements psychanalytiques de ces pathologies, depuis la mélancolie jusqu'à la paranoïa s'avère particulièrement efficiente. La haine déborde la scène intime de la psyché et de la famille et s'étend aux groupes, thérapeutiques ou sociaux. La plus grande destructivité est alors à l'oeuvre comme le montre la dernière partie de ce livre.
Le traumatisme fut à l'origine de la découverte de la psychanalyse. Depuis plus de cent vingt ans, il ne cesse de faire débat chez les psychanalystes et au-delà. Le harcèlement et aujourd'hui les maltraitances ont une fois de plus remis le traumatisme au devant de la scène psychopathologique. Les textes rassemblés ici exposent les difficultés que posent les cures des patients maltraités, dans l'enfance ou dans l'actualité de leur vie. Ces cures ne peuvent souvent s'envisager qu'au prix de profonds aménagements du cadre et de la technique, et le psychodrame s'avère particulièrement bienvenu dans ces configurations cliniques. L'ouvrage aborde aussi les circonstances où les structures sociales de soins deviennent elles-mêmes maltraitantes et source de traumatisme.