Patrick Varetz
Patrick Varetz
Un seul jeu, une seule règle : défendre les intérêts de la Russie. Pour Katyusha, les vacances au Camp Poutine sont encore plus mouvementées que prévu ! Prise en grippe par Anton, qui a monté les autres enfants du camp contre elle, la jeune fille a dû s'enfuir avec ses amis Gennady et Kirill, pour éviter d'être lynchée. Réfugiés dans un cimetière abandonné, les trois fugitifs font la connaissance de Volkoff, accompagné par son ours Staline, qui va les aider à affronter de nouveaux dangers. Mais la route s'annonce encore longue et le Camp Poutine est loin d'avoir livré tous ses secrets...
Pour reconstituer le fil de notre existence, nous ne sommes hélas pas toujours en mesure de nous raccrocher aux paroles d'une chanson, ou encore à quelques phrases retrouvées dans les pages d'un livre, si bien qu'il nous faut tout un temps progresser au-dessus du vide, avec l'espoir toutefois de posséder assez d'élan pour rejoindre avant de sombrer la terre ferme des souvenirs tangibles.
1985, le narrateur vient d'avoir vingt-sept ans, et l'avenir lui apparaît comme un vide insondable. Sur les rares photos de lui à cette époque, il se tient toujours le buste légèrement en retrait, affichant une forme de distance ou de dédain par rapport à l'existence, alors que c'est en fait une posture vouée à mieux masquer sa peur panique du précipice. Sans comprendre pourquoi, il commence à écrire un roman, Valentine et Judex. L'histoire d'un automobiliste qui prend à son bord une inconnue. Avec le recul, il se dit que cette tentative de fiction s'apparente à une métaphore inversée de son existence d'alors, avec de trop nombreuses et inévitables concessions aux clichés des années quatre-vingt. Cette parodie de road movie, en grande partie inspirée des premiers films de Wim Wenders et du premier long métrage de Jim Jarmusch, paraît cependant l'avoir libéré en même temps qu'elle a débridé son écriture. Le principal protagoniste de Valentine et Judex, roman dans le roman, traverse la vie au volant de sa voiture avec une totale autonomie de mouvement, tandis que le narrateur de cette histoire demeure totalement empêché, inféodé à B***, sa compagne, dont le caractère tempétueux laisse peser sur leur couple la menace permanente d'une sortie de route définitive. Qui se cache derrière le personnage de Valentine, jeune femme maigre et disgracieuse, qui prétend avoir tué un écrivain ? Qui derrière celui de Judex, qui a emprunté son nom à un justicier vengeur vêtu de noir, qui apparaît dans les serials muets de Louis Feuillade vers 1917, puis dans un film de Georges Franju en 1963 ? Quels secrets la fiction qui apparaît dans cette autofiction tente-t-elle de dissimuler aux yeux du lecteur ? Ce livre est l'histoire d'un rendez-vous manqué avec la littérature. Bien qu'il ait publié depuis plusieurs livres, le narrateur avoue : « Je ne sais pas où l'écriture m'entraîne, et j'ignore à ce jour où elle m'a mené. »
1985, le narrateur vient d'avoir vingt-sept ans, et l'avenir lui apparaît comme un vide insondable. Sur les rares photos de lui à cette époque, il se tient toujours le buste légèrement en retrait, affichant une forme de distance ou de dédain par rapport à l'existence, alors que c'est en fait une posture vouée à mieux masquer sa peur panique du précipice. Sans comprendre pourquoi, il commence à écrire un roman, Valentine et Judex. L'histoire d'un automobiliste qui prend à son bord une inconnue. Avec le recul, il se dit que cette tentative de fiction s'apparente à une métaphore inversée de son existence d'alors, avec de trop nombreuses et inévitables concessions aux clichés des années quatre-vingt. Cette parodie de road movie, en grande partie inspirée des premiers films de Wim Wenders et du premier long métrage de Jim Jarmusch, paraît cependant l'avoir libéré en même temps qu'elle a débridé son écriture. Le principal protagoniste de Valentine et Judex, roman dans le roman, traverse la vie au volant de sa voiture avec une totale autonomie de mouvement, tandis que le narrateur de cette histoire demeure totalement empêché, inféodé à B***, sa compagne, dont le caractère tempétueux laisse peser sur leur couple la menace permanente d'une sortie de route définitive. Qui se cache derrière le personnage de Valentine, jeune femme maigre et disgracieuse, qui prétend avoir tué un écrivain ? Qui derrière celui de Judex, qui a emprunté son nom à un justicier vengeur vêtu de noir, qui apparaît dans les serials muets de Louis Feuillade vers 1917, puis dans un film de Georges Franju en 1963 ? Quels secrets la fiction qui apparaît dans cette autofiction tente-t-elle de dissimuler aux yeux du lecteur ? Ce livre est l'histoire d'un rendez-vous manqué avec la littérature. Bien qu'il ait publié depuis plusieurs livres, le narrateur avoue : « Je ne sais pas où l'écriture m'entraîne, et j'ignore à ce jour où elle m'a mené. »
Au flot des mots, à la pâte, tu opposes le flux des poèmes, leur transparence. Simplicité vide de la pensée et de la forme, pâleur de la colère, répétitions, tout cela comme inscrit là en creux, presque noyé, dans le bref cours des jours.
«Daniel, mon pauvre père, est devenu ami avec moi sur Facebook.»
L'amour. Je crois que cette ombre, sans forme, travaille sans relâche à creuser le vide sous mon existence. Cela s'apparente à un tiraillement sourd, et parfois à une gêne dans la gorge et derrière les yeux, une faim impossible à rassasier. Ce n'est jamais dirigé contre quelqu'un en particulier. C'est là, qui m'oblige à saisir l'opportunité qui se présente, à accepter n'importe quoi, par peur toujours de voir la situation empirer jusqu'à l'inacceptable.
J'ai faim de son injustice, de ses mains et de ses joues, du jugement de ses yeux, je languis d'ennui et d'incertitude dans l'attente de ses coups. J'ose à peine, même en secret, prononcer le vocable - ridicule - par lequel il convient de le nommer. - Papa !
«Si vous en êtes arrivé à ce point, trop tôt à votre goût, à la première étape de votre renoncement, dites-vous que les choses se sont peut-être enclenchées avant votre placement d'office dans mon service. Il n'y a pas de hasard, pas plus que de malédiction. Vos fautes - si l'on peut parler de fautes - vont s'effacer une à une de votre conscience, mais, au moment de disparaître, elles vous apparaîtront une dernière fois, dévorées par leur propre lumière. Vous refusez de comprendre ce que je raconte? Pourtant, quand vous aviez sept ou huit ans, la peur du noir a dû vous laisser entrevoir très tôt la finalité de toute chose. Peut-être êtes-vous toujours dans votre lit, le drap et la couverture ramenés par-dessus votre tête? Et si vous appeliez votre mère? Croyez-vous qu'il serait trop tard?»
Je n'appartiens pas à ce monde, on m'y a jeté. C'est la souffrance qui me fait naître : mon père, ce salaud, frappe ma mère au ventre, avec une insistance qui - par instant - frôle la démence. J'ai le sentiment que nous sommes tous, ici - je veux dire nous trois, et peut-être d'autres ailleurs qui nous ressemblent - soumis à une expérience dont l'empirisme demeure notre seul gage de liberté.