Patrick Garcia
Patrick Garcia
Ce texte retrace une série de présents successifs traversés au cours d'un cheminement qui va de l'engagement politique à l'étude des usages politiques du passé ou encore à celle de l'écriture de l'histoire et de son enseignement, mais ce cheminement n'a rien d'une trajectoire nécessaire. Bien sûr en raison de la façon dont le récit de ces présents est construit, comme de son premier destinataire - un jury universitaire -, il ne peut que procéder d'une mise en cohérence a posteriori. J'ai toutefois tenté de laisser à la contingence, au hasard, aux rencontres, leur juste place. Mes lieux d'histoire ont été le plus souvent des lieux institutionnellement faibles comme les IUFM, ou des lieux choisis en marge de l'institution comme la revue Espaces Temps ou bien encore le « DDG » - l'attelage que nous formons depuis près de quinze ans avec Christian Delacroix et François Dosse -, mais j'avoue avoir toujours trouvé en m'investissant dans ces périphéries une liberté qui me convient. Au fil des pages j'ai donc tâché, de bon gré, persuadé que l'exercice m'était profitable, d'ouvrir ma boîte à outils, de montrer les articulations d'un parcours et les ressorts d'un faire de l'histoire.
Dans des lieux différents, 4 femmes et 4 hommes disparaissent au même moment. Un seul point commun les unit : la croyance. Ils se retrouvent le lendemain dans un vaste lieu appelé Casa Nostra. Ils se rendent vite compte qu'ils en sont prisonniers. Peu à peu, les membres de la communauté abandonnent toutes leurs valeurs. Un jour, un hologramme apparaît. Ce dernier affirme qu'il est le représentant du seul Dieu existant jusqu'à ce qu'un nouvel arrivant leur apprenne l'inconcevable vérité...
Longtemps, la nation a été le lieu par excellence d'un usage intensif de l'histoire. Elle apparaît aujourd'hui comme une échelle parmi d'autres, souvent moins investie que le local ou le régional et fragilisée par l'émergence de niveaux supranationaux. Cette nouvelle configuration bouleverse l'économie des usages de l'histoire. Il en résulte notamment une concurrence des passés tandis qu'un nouveau type d'historicité se développe dans lequel « rendre présent » voire « sortir du temps » l'emportent sur l'esquisse d'un devenir commun et où le patrimonial prend le pas sur l'historique. La situation des historiens professionnels s'en trouve modifiée. Elle est affectée tant par la démultiplication des producteurs d'histoire que par la concurrence des associations à vocation mémorielle ou patrimoniale. Fondé sur une série d'études topiques, l'ouvrage analyse comment s'opère la confrontation des mémoires et des histoires qui singularise la scène contemporaine et les enjeux historiographiques et civiques qui en découlent.
2e éditionL'opération historique ne peut plus être naïve. Depuis un certain nombre d'années, l'histoire fait retour sur elle-même pour interroger les notions en usage, ce qui implique de la part de l'auteur comme du lecteur d'histoire de s'interroger sur ce que faire de l'histoire veut dire.De plus en plus, on ressent la nécessité du détour historiographique afin de mieux s'approprier ce qui constitue l'originalité, la singularité de la pratique historienne. On comprend alors l'irréductible pluralité de l'histoire en faisant passer Clio de l'autre côté du miroir dans une approche essentiellement réflexive.L'objet de cet ouvrage est donc d'inviter son lecteur à un parcours qui le conduit à s'interroger sur la place centrale attribuée à l'histoire depuis la discontinuité majeure que symbolise la Révolution française de 1789 jusqu'à nos jours.Ce parcours s'étend sur deux siècles, le 19e et le 20e siècle, et fait apparaître l'histoire comme se situant à la croisée des trois dimensions : elle est le produit, d'une part, d'un lieu social marqué par l'institution historique et plus largement par sa relation au corps social ; d'autre part, l'histoire est médiatisée par une technique, des procédures d'analyse et des pratiques scientifiques ; enfin, l'histoire est écriture, ce qui implique d'être attentif aux règles discursives de ses sources et de son énonciation, sans pour autant s'enfermer dans la seule dimension du langage.Ce parcours veut ainsi rendre compte d'un processus d'autonomisation - théorique, professionnelle, institutionnelle - de la discipline historique en France, dans ses avancées comme dans ses incertitudes. Ce processus est aussi celui de l'incessant combat des historiens pour défendre la visée de vérité d'un « faire de l'histoire » pluriel toujours plus confronté aux pressions des demandes sociales et aux exigences renouvelées de leur responsabilité sociale.Christian Delacroix, agrégé d'histoire, enseigne l'histoire contemporaine à l'université de Marne-La-Vallée.François Dosse, agrégé d'histoire, professeur des universités, IUFM de Versailles.Patrick Garcia, agrégé d'histoire, maître de conférences à l'IUFM de Versailles.Tous trois co-animent la revue Espaces Temps et sont chercheurs associés à L'IHTP (Institut d'histoire du temps présent).La naissance de l'histoire contemporaine. Le moment méthodique. Le moment de l'histoire-science sociale (des années 1920 aux années 1940). L'histoire sociale « à la française » à son apogée : Labrousse/Braudel. Expansion et fragmentation : la « nouvelle histoire ». Une crise de l'histoire ? (Les années 1980-1990).
Traitant de l'enseignement de l'histoire en France de ses premières ébauches jusqu'à nos jours, ce livre soulève des questions majeures. Celle de la place et de l'identité de l'histoire enseignée. Quand et comment s'implante-t-elle dans les établissements secondaires puis à l'école primaire ? Comment y acquiert-elle son autonomie disciplinaire par rapport à l'instruction religieuse et à l'étude des « humanités » ? Quels horaires, quels coefficients et, plus généralement, quelle considération lui sont accordés ? Celle des finalités qu'on lui assigne. L'histoire est une discipline dont le caractère politique est particulièrement net, tant par les sujets qu'elle aborde que par la relation intime et complexe qu'elle entretient avec la mémoire nationale. Comment se décline, au fil du temps, cette finalité politique ? Quels autres objectifs l'enseignement de l'histoire se voit-il fixer ? Celle des programmes. Qui les rédige ? Comment sont-ils construits ? Quelles périodes, quels territoires, quels aspects de la vie des hommes du passé privilégient-ils ? Quelles instructions sont données pour leur mise en oeuvre ? Celle des rapports que l'histoire scolaire entretient avec l'histoire universitaire. Dans quelle mesure les problématiques, les méthodes et les avancées historiographiques de la recherche se diffusent-elles dans les programmes, instructions, manuels scolaires et dans les pratiques des enseignants ? Celle, enfin, de ce qui se passe en cours d'histoire et de l'impact de ces cours sur les élèves. À travers ces questions, c'est bien de l'élaboration d'une identité culturelle collective qu'on verra à l'oeuvre, et les débats politiques et intellectuels qui l'accompagnent.Patrick Garcia est maître de conférences en histoire à l'IUFM de Versailles. Il est, notamment, l'auteur de : Le Bicentenaire de la Révolution française. Pratiques sociales d'une commémoration (CNRS-éditions, 2000) et, en collaboration avec Christian Delacroix et François Dosse, Les courants historiques en France XIXe-XXe siècles (Armand Colin, 1999). Jean Leduc est ancien professeur d'histoire en classes préparatoires à Toulouse. Il est, notamment, l'auteur de : L'enracinement de la République, (Hachette, 1991) et Les historiens et le temps, (Points-Seuil, 1999).