Maurice Bellet
Maurice Bellet
On oublie vite. Est-ce que déjà ne s'efface pas, en moi, la trace de ces jours-là ?J'écrivais, sur mon lit, de petites notes. Ça me venait comme ça, comme une parole qui m'était dite en même temps que je la disais. C'était une parole de consolation. Peut-être touche-t-elle, en moi, en chacun, à des choses trop proches pour qu'on ait envie de discourir dessus. Pudeur oblige.Il ne reste qu'à dire simplement, sans rien ôter ni ajouter, sans réfléchir ni arranger.En peu de mots. Maurice Bellet (1923-2018) est l'auteur d'ouvrages bien connus qui ont contribué à renouveler le vocabulaire et la méthode de l'interrogation chrétienne : Le Dieu pervers, La Peur ou la foi, Naissance de Dieu. Il est également l'auteur de petits traités sur l'expérience chrétienne, comme La Force de vivre, La Voie et enfin L'Épreuve, écrit sur un lit d'hôpital.
Et si la foi se racontait comme une parabole moderne ? Le lieu du combat de Maurice Bellet mêle humour, profondeur et images percutantes pour explorer les grands questionnements spirituels.
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Pour l'écrivain et théologien Maurice Bellet, chacun passe au cours de sa vie par ce qu'il nomme l'en-bas : la déchéance, le monstrueux, la dépression, la trahison, la folie, la perte, l'exclusion, la maladie ou la détresse. Ces situations peuvent être l'occasion d'une création et d'un rapprochement avec les autres, et cette fonction ne doit pas être occultée de la vie humaine : "C'est un peuple sans nom, sans patrie, sans drapeau, écrit-ils à propos de ces gens de l'en-bas. Ils portent l'énergie formidable qui naît en bas lorsque l'humain de l'humain émerge de la grande mort - prodigieuse naissance. C'est un genre d'hommes, hommes et femmes, littéralement revenus de la mort : ils y ont goûté, elle les a transpercés : quelque chose est advenu, qui est impérissable." Une méditation profonde et un classique de la littérature chrétienne du XXe siècle.
Publié pour la première fois en 1979, cet ouvrage a été pensé par l'auteur pour répondre aux « paroles terribles, venant de gens croyants, pieux, dévoués et qui donnaient du christianisme et du Christ même une image insoutenable de cruauté et de mensonge ». Depuis, l'expression « le Dieu pervers » est passée dans le langage courant. Elle désigne une maladie redoutable du christianisme : le « Dieu amour » est-il en fait un Dieu qui aime la souffrance et se plaît à pervertir les relations qu'il a avec l'homme? Non seulement cruel, mais menteur ! Source de ravages extrêmes parmi les chrétiens, cette dérive est sans doute une des origines principales du rejet de la foi par beaucoup. Le surmonter suppose une révision déchirante, une écoute neuve et radicale de l'Évangile. Alors apparaît que le processus de cette perversion n'est pas une exclusivité chrétienne. Il hante la politique et la pensée ; il est, au plus profond,le malheur de notre société. Prêtre et théologien formé à la psychanalyse, Maurice Bellet, décédé le 5 avril 2018, a publié de nombreux ouvrages qui ont renouvelé la spiritualité chrétienne.
Depuis de nombreuses décennies, l'oeuvre du théologien Maurice Bellet n'a cessé de déconstruire avec les acquis entre autres de la psychanalyse le « Dieu pervers » transmis par un certain christianisme, pour ouvrir ses lecteurs à d'autres horizons. Le présent volume réunit deux essais qui illustrent la radicalité de sa pensée. Dans Dieu, personne ne l'a jamais vu, il aborde de front le paradoxe de tout discours théologique : « Si Dieu est Dieu, il n'est rien de ce que nous mettons à sa place, y compris sous son nom... Autrement dit, si Dieu est Dieu, il n'est pas Dieu. Il est beaucoup plus haut et beaucoup plus bas. » La question au coeur de l'Essai sur la violence absolue (initialement paru sous le titre Je ne suis pas venu apporter la paix... ) est tout aussi cruciale : en quoi l'évangile, qui est tout sauf iréniste, constitue-t-il une réponse adéquate à la violence absolue, à ce fond d'inhumanité radicale, de nihilisme moral qui ne concerne pas seulement les nazis, mais qui en réalité nous habite tous ? Les interrogations posées par ces deux courts essais sans concessions seront à coup sur incontournables pour le christianisme du XXIe siècle.
Maurice Bellet (1923-2018) a été pleinement un homme de son temps. Soucieux de mettre au jour les enjeux qui sous-tendent la société contemporaine, ce grand théologien, philosophe et psychanalyste a su en saisir la complexité. Mû par la conviction qu'il est toujours possible de choisir et par la conscience du danger qui nous menace - l'inhumanité tapie au coeur de l'humain -, ce penseur, encore trop méconnu, voyait dans la foi l'instance critique par excellence ; dans la relation, ce qui permet à chacun de naître à sa propre humanité. Passage de témoin d'une génération à l'autre, cet entretien inédit avec Nathanaël Wallenhorst, un chercheur de cinquante-sept ans son cadet, brosse un portrait de l'intellectuel en poète, voire en artiste, qui sut au gré des quelque soixante ouvrages qu'il publia rester sensible aux souffrances humaines comme aux fractures du monde. Dialogue complice, il fait émerger les questionnements anthropologiques de Maurice Bellet, et donne à percevoir la substantifique moelle d'une pensée qui parle au coeur, aussi importante que foisonnante.
Il ne s'agit pas d'un ouvrage d'exégèse, ni de théologie, ni de piété. Pour l'auteur, l'enjeu est ailleurs. Le Messie, le Christ, Jésus, c'est scandale et folie, subversion inouïe de c qui était, au temps de Paul et de la rédaction du Nouveau Testament, religion et philosophie. L'auteur pose la question suivante : quel sens peut bien avoir cette subversion si on la pense aujourd'hui ? On peut sauver le monde du chaos et l'homme de la misère si l'on aime Dieu par la seule force de l'esprit critique. Maurice Bellet (1923-2018) est psychanalyste, prêtre et théologien. Son oeuvre considérable est traduite dans le monde entier.
Le rythme de la méditation n'est pas celui de l'exposé. Il épouse celui du chemin sans chemin qui, pour un regard superficiel, paraît une errance. Quelle voie emprunter qui nous assurerait, aujourd'hui, contre les périls extrêmes dont l'histoire des peuples et l'actualité nous donnent une image angoissante ? Ce petit livre salutaire et profond se propose d'accueillir ceux-là mêmes qui n'ont plus de chemin, car celui où ils s'étaient engagés s'est défait. Celles et ceux qui se sentent perdus dans un monde où plus rien ne les guide. Trois méditations pour que la Voie demeure toujours ouverte.
Aujourd'hui, nous avons toutes les raisons d'avoir peur, de redouter des bouleversements anthropologiques, techniques et biologiques susceptibles de transformer radicalement l'humain. Maurice Bellet nous adresse une sorte de credo post-moderne (le pendant à son livre qui paraît en même temps, L'explosion de la religion) dans lequel il affirme que la foi en l'humain ne peut plus s'opposer à la foi en Dieu. Le destin et de l'homme et de la croyance en Dieu sont intimement liés. Et ne l'ont jamais été autant ni de cette façon. Comment croire en l'humanité en ces temps de crise et de bouleversements ? C'est précisément en ces temps-là, explique l'auteur, que l'humain est appelé à s'interroger sur ce qu'il en est d'être humain - ce qui devrait, dit-il, être la mission ultime de la religion. Il nous livre ainsi, en quelques pages, un message radical.
Les premières versions du « Je crois en Dieu », le Credo des chrétiens, datent du IIe siècle après Jésus Christ. Il est extraordinairement bref, moins d'une demi-page, et il paraît évoquer un monde disparu, l'âge des mythes et des récits fabuleux. Pourtant, il est encore aujourd'hui repris et récité par des dizaines voire des centaines de millions d'hommes... Comment encore lire et comprendre ce petit texte énigmatique et si important pour nous ? Maurice Bellet nous propose une relecture contemporaine décapante. Il reprend un à un les articles du Credo pour les relire avec intelligence, à l'épreuve des défis et des interrogations de notre époque. Ce vieux petit texte n'a pas fini de nous surprendre, nous explique l'auteur qui utilise toute son expérience spirituelle et analytique, philosophique, pour redonner toute sa force à la prière par excellence des chrétiens.
Un regard lucide et critique sur l'Eglise et la foi aujourd'hui. L'ouvrage se compose d'un recueil de pensées spirituelles, souvent drôles, sur l'humanité, Dieu, la morale, la prière, etc., d'un texte pastiche d'une encyclique imaginaire sur l'avenir de l'Eglise et de deux textes de méditations.