Michel-Marie Dufeil
Michel-Marie Dufeil
Dans l'historiographie actuelle du Moyen Age, Michel-Marie Dufeil occupe une place singulière. Par sa carrière comme par son oeuvre. Sa carrière s'est déroulée à cheval, si j'ose dire, entre l'Afrique noire et la France. Le professeur a l'Université Paul Valéry de Montpellier n'a pas oublié le professeur à l'Université de Brazzaville (qui avait déjà enseigné au Vietnam et à Alger) et, sans mélanger les sociétés ni les époques, Michel-Marie Dufeil a porté un même intérêt à la société congolaise contemporaine et ancienne, et à la société de la Chrétienté européenne médiévale. Mais le recueil d'articles qu'on va lire ne concerne que cette dernière.
Soleil, Lune, Étoiles : leur présence, si l'on fait appel à ses souvenirs de lectures, n'est pas très fréquente dans les oeuvres romanesques ou épiques du xiiième siècle. Mais si leurs apparitions sont rares, elles ont toujours, ou presque, une fonction que l'on peut qualifier dès maintenant de magique ou de mystique ; soleil, lune, étoiles remplissent alors le rôle de signes ; ils annoncent des situations, des conjonctures romanesques parfois conventionnelles, parfois plus originales : ils s'intègrent alors dans l'action ; ou ils font partie d'un climat amoureux, ils sont les attributs de scènes courtoises ; ou ils ouvrent un chemin mystique aux héros. Ils remplissent assez rarement un rôle utilitaire, plus rarement un rôle purement esthétique, suscitant la seule émotion artistique chez l'auditeur, ainsi que le public moderne y est habitué depuis les romantiques : « Pâle étoile du soir, messagère lointaine... » écrivait Musset.